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26 juillet 2014 6 26 /07 /juillet /2014 16:05

                                        Dans la vallée de L'Eyne.   

 

                                                      Résumé du premier épisode :

 

                   2014. Juin. Séjour à Font-Romeu. 135

 

             Les lupins: L'une des fleurs emblématiques de ce coin des Pyrénées. 

     

                       Contrairement à ceux rencontrés en Savoie ou dans la Vanoise, ici les lupins ne se trouvent pas que dans les jardins, mais à profusion en montagne et sur les bords de la grande route des cols.

 

            Bien que la Cerdagne représente pour les Galéjaïres une région à découvrir, le groupe a rapidement trouvé ses marques. Rodés à l’élan communautaire, les Paulette, Madé, Dominique et autre René, Michel, Pierre et les Paul n’ont pas eu à tourner huit jours pour faire leur trou et trouver leur place au sein de ce nouvel environnement.

      Les grandes Alpes ayant déjà été choisies de nombreuses fois par le passé, le choix des Pyrénées répondait à un désir de nouveauté. Marielle, organisatrice du séjour a su jongler d’astuces et de finesse pour recenser autour de Font Romeu, le gîte et le couvert au meilleur rapport qualité-prix pour sa troupe dont elle allait assurer la charge en binôme avec Thierry.

      Ce 22 juin, l’accueil qui nous fut réservé à l’Azuréva d’Egat laissa augurer d’une bonne suite pour les services à venir. Effectivement, rien durant la semaine ne vint en démentir l’espérance. Les repas proposés sous la forme de buffets ont été copieusement fournis. Les assortiments furent divers, les plats bien cuisinés. Nous trouvant encore hors saison par comparaison au mois de juillet et d’août, nous avons bénéficié d’un espace de vie largement supérieur à celui habituellement attribué. Rapidement à l’aise dans la relation avec les autres vacanciers, les après randos ont donné lieu à de riches échanges.

 

 

                           En route, puis en marche pour la vallée de L’Eyne.

 

            Font -Romeu 2014.

 

                 Un bon apéro, un bon repas, une bonne nuit ont rangé les stigmates et les petits bobos de la veille au rang de vagues souvenirs. Les fleurs rencontrées tout au long du parcours, la majesté du barrage de Lanoux, l’étendue de cette petite mer nichée à 2213 mètres d’altitude en ont effacé les égratignures et adouci les rancœurs lancées hier à l’adresse de cette fin de parcours dont la pratique fut par moment périlleuse.

                                                                .....................................................

 

                      Une vingtaine de kilomètres en voiture nous amènent en situation de pouvoir lacer nos chaussures de marche. Au départ de la randonnée, tout en empruntant le même itinéraire, le groupe se scindera en fonction de la détermination de chacun à vouloir, ou ne pas souhaiter aller jusqu’au col d’Eyne. Un peu comme à la colonie, Marielle et Thierry font le compte des leurs, alors que Paulette et moi aurons le plaisir de conduire au pas du promeneur le restant de la troupe jusqu’à l’heure du pique nique. Le retour, comme pour l’alliance des ‘’forts’’, se fera par le chemin de l’aller. Le covoiturage ayant été organisé pour une autonomie réfléchie, chacun des groupes sera libre de son horaire de rentrée.

            L'équipe des promeneurs.

 

                                           Une partie du groupe à Paulette.

 

        La mise en train se fait après avoir traversé le village d’Eyne en direction de Llo. Un parking et des panneaux renseignant sur les caractéristiques de la randonnée sont là pour nous accueillir.

         Cette vallée est réputée pour sa diversité florale et une colonie d’espèces de bourdons parmi la plus importante au monde. Il y aurait une quarantaine de groupes de ces insectes dénombrés sur notre planète, dont 32 vivent dans la seule vallée de l’Eyne. Naturellement s’ajoute à cela une très forte concentration d’abeilles.

 

                             2014. Juin. Sentier de la vallée de l'Eyne.

 

       Le chemin s’enfonce sous une futaie peuplée en partie de pins à crochets. Ses bordures sont habitées par des massifs de rhododendrons, de grandes gentianes ''apéritives'' , des ancolies et autres gentianes printanières.  Sans en être un spécialiste, je reste passionné par la flore des montagnes. L'ancolie, par la pureté de sa couleur et l’élégance de sa tenue peut me rendre admiratif au-delà du rationnel. 

                                                                             

                            2014. Gentiane à feuilles opposées.

 

                              La gentiane à feuilles opposées:  Dite apéritive. 

 

                               

                           Fausse-gentiane-ou-Veratre-jpg

 

                Le Vératre ( plante toxique) ou fausse gentiane à feuilles alternées.

 

                           2014. Juin. Séjour à Font-Romeu. 012

 

            Ancolie dans la vallée de l'Eyne.

 

            aquilegia_pyrenaica1.jpg

 

   L'ancolie sauvage à fleur unicolore d'un bleu-violet selon la nature du sol sur lequel elle pousse. 

 

                                                                                                                                      

              Gentiane printanières

 

                                                         La gentiane printanière.

 

      À présent le sentier monte par palier entre l’Eyne, affluent du Sègre qui lui finira sa course en Espagne et le Rec del Mas Randole. A signaler que tout au long de la semaine nous relèverons beaucoup de désignations, de noms seulement écrits en langue Cerdane.

      À propos du Rec Del Mas Randole: Il s’agit d’un petit canal à claire voie. Nous croiserons plus haut sa prise en eau au détriment de l’Eyne. Sa conduite présente la particularité d’être en métal. La vitesse de son débit que la pente accélère, génère à l’occasion des courbes qu'elle dessine, des sons à la musique surprenante.

        À main gauche, le bruit du torrent nous accompagne pratiquement depuis le début de la randonnée. Son ronronnement, dont quelques petites cascades en modifient le tempo, présente pour moi, la particularité gênante de mobiliser mon écoute et mon attention au détriment de ma volonté à vouloir ne rien perdre de ce que ma conscience cherche à capter. Je le perçois en parasite, en dualité avec mon besoin d’observer tout ce qui m’entoure, d’entendre, d’identifier le chant des oiseaux. Autant j’apprécie la sieste bercée par le bruit de l’eau, qu’à subir son écoute en marchant m’amène au souhait de m’en voir écarté.

 

            Sentier remontant la vallée de l'Eyne.

 

       En s’élevant, sans toutefois s’en éloigner au point de ne plus l’entendre, le sentier prend ses distances avec le torrent. La végétation qui le borde est maintenant peuplée d’arbrisseaux et d’un éventail d’espèces florales dont à présent les noms m’échappent. L’âge, les années, je parle de celles que je porte, en ont fait s’évaporer leur désignation….à moins qu’ils ne s’agissent d’espèces nouvelles !

        Le ciel subitement s’assombrit. Arrivé à Pla de Las Fonts, au pied du verrou glacière, la raison nous invite à faire demi tour pour choisir notre aire de pique nique sur le chemin de retour. Pour ma part, resté jusqu'au boutiste, la curiosité plus forte que la peur de l’orage, m’entraine à repartir pour poser mon regard sur le panorama que l’obstacle occulte. Alors que les flans de la montagne en resserrent ses berges, ce qui devait être l’emplacement d’un lac est devenu une longue tourbière. Au fond, loin devant moi, je peux imaginer le col d’Eyne.

         A peine mes camarades retrouvés et alors qu'ils en avaient terminé avec leur repas, un orage de grêle s’abat sur nos têtes avec violence. Le déploiement des capes fait entendre le bruit caractéristique du plastique trop longtemps resté serré dans son étui. Assis sur la pierre choisie par chacun en qualité de siège, le dos rond pour limiter les effets du vent sur cet habit, qui à la moindre prise d’air se gonfle comme une baudruche, la troupe attend la fin des caprices du temps .

        Les éclairs illuminent l’ambiance de tons multicolores. Bien qu’à certains égards menaçante, inquiétante, cette ambiance surréaliste attire ma curiosité comme le ferait un spectacle. Le tonnerre fait un bruit de fanfare. Concentré sur l’agression me venant à la fois du ciel et des rigoles d’eau sale qui descendent à présent de la montagne.......je ne vis arriver pas l’animal.

        Un chien de berger venu de je ne sais où, complètement affolé vient de s’engouffrer sous ma cape comme si nous nous connaissions, comme s’il y avait été invité ! Mon effet de surprise contenu, son regard implorant mon hospitalité, je ne pouvais pas faire différemment que d’accepter la cohabitation. Lui couché sur mes chaussures et moi à subir ses odeurs de chien mouillé dont le toilettage devait remonter aux calendes grecques. Ses effluves de fond d’étable m’arrivaient droit aux narines par le col de la cape que j’avais du desserrer pour que l’animal ne suffoque  pas ! La chance de ne pas avoir pu prendre mon casse-croûte m’épargna du pire !                                                                                                                                

        Nous nous regardions par cette cheminée d’aération improvisée. Moi toujours étonné par l’originalité de ce colon, et lui surpris de ce gîte pour le moins original et….inattendu.

              J’ai connu, autrefois….., dans ma jeunesse et mon passé de vacher du côté de la Croix de Bauzon en Ardèche, chien plus courageux. Plusieurs fois surpris loin de tout abri par des pluies torrentielles et des tonnerres à faire trembler le sol, Dolly ma fidèle auxiliaire de garde venait, elle, face à moi, assise sur son cul pour me rassurer d’un regard dont je garde le souvenir. Elle aboyait aux éclairs et aux bruits sourds du tonnerre dont l’écho n’en finissait pas de rebondir contre les rochers du Tanargue. Le gamin que j’étais, voulait croire qu’elle engueulait le ciel coupable de vouloir me faire peur. Ma Dolly à moi, elle était courageuse.*

            L’orage se transforme en pluie abondante. Mon locataire, sans doute rassuré par quelques bribes d’une conversation que je lui tiens de peur qu’il ne s’endorme, semble apprécier le confort de mes chaussures comme oreiller.

         Au regard du ciel qui ne cessait de s’obscurcir et du vent qui redoublait d’ardeur, il fut convenu avec Paulette de lever le camp et de redescendre dans la vallée.

            Et le chien me direz-vous ?.

            Il me fut difficile de le déloger de son abri. Le coquin pesait de tout son poids sur mes pieds au point de ne pouvoir me soulever de ma pierre. Sans pour autant le rudoyer, je dus avec fermeté le tirer des appuis qui pesaient sur moi, afin pouvoir me mettre debout pour rejoindre le groupe dont les membres s’étaient envolés comme une nuée de moineaux.

         C’est surprenant de constater comment un orage peut amener des marcheurs à retrouver leurs jambes de vingt ans. Sans se retourner, je les vis prendre le large puis lentement disparaitre. Les capes, longues au point d’en recouvrir leurs pieds, tels des fantômes, je les regardais dessiner un serpentin, glissant sur le layon devenu ruisseau. Le chien, longtemps m’a suivi.

      Le sentier, emprunté journellement par des troupeaux de vaches montant le matin aux alpages et en descendent le soir pour la traite est tapissé de bouses. Je vous laisse imaginer l’odeur du contenu qui rentrait dans nos chaussures alors que l’eau en avait dilué les excrétions !

       A propos de vaches. Sur la rive opposée à la notre, par dizaines, au galop, elles descendent à la recherche de conditions meilleures. Arrivées avant nous, un passage à gué leur ayant permis de franchir l’Eyne, nous devons nous frayer un chemin à même leur contact, dont le corps suant laisse échapper les vagues d’une fine brume.

       En fin de parcours, m’ayant précédé dans la descente, le chien avait repris sa fonction de gardien. Il est là, fier comme Artaban tenant en respect son troupeau. J’ai voulu imaginer que le regard qu’il m’adressa alors, voulait me manifester un signe de reconnaissance.

       Quant au groupe des vaillants retrouvé plus tard au centre, monté bien plus haut que nous, ont reçu sur le crane des grêlons d’une grosseur à la dimension de leur courage….ou de celui en conséquence de leur nez défaillant du talent devinatoire !

      La montagne ça se gagne, mais pas à tous les coups….il faut savoir en renifler les indices, les odeurs qui viennent en annonce d’un déluge à venir …..

 

      Pyrénées, je sais pour vous avoir parcouru à pied et à vélo de nombreuses fois , je sais pourquoi et à mes dépends,….. pourquoi votre herbe y est si verte……

 

                                                    Pyrénées je vous aime…. mais….

                                            Faut pas craindre la grêle et la pluie !!!!!

 

* : J'évoque Dolly dans : ''j'ai rêvé mon père'', iinéraire d'un Ardéchois publié aux éditions de l'Ephémére. Si cet écrit vous intéresse me contacter. J'en suis le distributeur.

 

 

 

 

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Published by Marcel Tauleigne - dans Randonnées Pédestres
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commentaires

Jojo 30/07/2014 18:35

Cette randonnée restera mémorable tant par sa beauté,( les fleurs, le torrent, le soleil nous accompagnant le matin, la bonne humeur du groupe,)ses rencontres,( le chien que tu décris si bien ,et
ce troupeau de vaches dévalant la montagne qui nous inquiétait, ne sachant pas si sa trajectoire allait rencontrer la nôtre !! ) que par ce retour interminable sous la pluie !!!
Merci de nous faire revivre cette formidable semaine, riche en événements
de tout genre

Marcel Tauleigne 30/07/2014 19:03



Alors ça...ma Jojo qui me félicite!!!. Chacun sait et les vieux couples en particulier en sont les témoins, il est difficile de surprendre l'Autre. Je te remercie d'autant que nous avons vécu
cette rando ensemble. Que l'avenir qu'il nous reste fasse que l'on puisse encore partager de tels moments entre amis et dans le cadre de la montagne que nous aimons, que tu as appris à aimer. Je
te fais de gros bisous et à bientôt autour de Egat, des lacs et de la Carança.



Francis 27/07/2014 07:36

Mais voici un article plein d'humour, on aurait envie pipi, de rire ou de bruit d'eau ! Des "espèces nouvelles" ! quel bon mot ! Tu loues ton "nez creux" d'avoir prévu l'orage, mais tes comparses
qui eu aussi ont du nez, ont bien dû t'envoyer à la douche, la vraie, celle avec du savon avant l'apéro... A inhaler le chien mouillé mal lavé sous une cape entonnoir pendant tout un orage, tu
devais, toi et tes effets repousser jusqu'aux bourdons !

Marcel Tauleigne 28/07/2014 21:42



Cette semaine pyrénéenne fut riche d'anecdotes et de nouveautés. Déjà et pour la première fois, l'organisation et la direction des activités '' ont été confiées à la relève.
Paulette et moi, les anciens, avons eu parfois du mal à suivre la jeunesse dans sa débauche d'énergie et d'originalité. Nous avons tout de même réussi à échapper a la participation de
leur spectacle de majorettes !! L'histoire du chien est authentique. Je vais me mettre au travail pour terminer ''le racontage '' des quelques autres randos qui étaient au programme de notre
semaine. Amitiés à toi et aux tiens


 



jackie 26/07/2014 23:01

Bonsoir Marcel.
C'est toujours avec autant de plaisir que je viens de lire votre article.
J'ai l'impression de faire la randonnée avec vous par la description du paysage, des fleurs si bien représentées et de l'odeur de l'orage que je n'aurais pas voulu subir.
Même le compagnon a l'abri sous votre plastique a eu droit a son petit mot.
Merci Marcel de nous faire partager ces bons moments. Bon dimanche
Amitiés Jackie

Marcel Tauleigne 26/07/2014 23:11



Bonsoir Jackie,


 Je suis toujours pressé de mettre mes articles en ligne au point de le publier incomplet. Il me reste des photos à y incorporer et à me relire encore et encore afin d'en réduire les
coquilles et fautes que j'ai du laisser trainer !!!! Cela vous donnera peut être envie d'y revenir.L'histoire du chien est plutot cocasse. Merci de m'être aussi fidèle. Je vous embrasse.
Marcel



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