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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 18:31

 

                                                  Quand la suite est un enchantement......

 

                                                                                                                                                                                                       Lac prés du col de Maloja

                                                              Sur la route de la Maloja.

 

      Hier soir, il n’y eu pas de toile de tente à monter, pas de couchage à installer. Le confort de l’hôtel aussi modeste qu’il fut nous offrit un luxe fort appréciable. Pour ma part, j’ai fait chambre avec Georges. Nous ne nous connaissions pas avant ce projet qui nous réunit pour rouler ensemble vers Trieste. Il travaille dans la même société que Bernard et Hubert. Contrairement à moi il est peu bavard. La veillée fut brève.

       17 Juillet. J’ai envie de dire déjà et.....seulement. Depuis notre départ, je vis le temps avec une telle intensité que sa notion m’est devenue imprécise. Quant au seulement il vient me rappeler tout ce qu’il me reste, qu’il nous reste à parcourir pour atteindre notre but. Aujourd’hui nous ne sommes pas encore à la moitié du voyage. Il reste du pain sur la planche et nous savons que la difficulté va aller crescendo.

       Ce matin, courageusement le soleil troue l’épaisse couche de brume pour venir saluer l’équipe que nous formons et qui s’apprête à reprendre le vélo. Le signe est révélateur d’une belle journée. La nuit a été réparatrice, le moral est revenu au beau fixe. Les rincées à répétition de la veille, je peux l’avouer, avaient entamé notre optimisme quant à l’idée de devoir repartir sous la pluie si tel avait dû être le cas.

       Le petit déjeuner pris à l’hôtel nous met dans les meilleures conditions possible pour entamer une route qui sera montagneuse. Des chèvres en liberté saluent notre départ. Sans pudeur, sans préambule une jeunette est venue faire du gringue à Hubert. La photo témoigne d’une proximité qui écarte tout doute sur la volonté qu'a cette dernière à vouloir le séduire!

 

                                 Hubert le séducteur....

 

   Hubert et sa chévre pour une photo souvenir. Pendue en bandouillère autour de son cou,          Bernard et sa corne de brume lui servant à claironner ses victoires au sommet des cols.

 

                   

      Plus loin, un troupeau de vaches nous barre la route. Avec précaution nous nous engageons dans un slalom qui ne manque pas d’originalité. En effet, mieux valait passer hors de portée de ces dames cornues, certaines nous regardant d’un œil noir. Il a fallu également savoir jouer d’adresse pour ne pas rouler sur les innombrables bouses qui recouvraient la chaussée au risque d’en porter l’odeur derrière soi !

      Nous remontons vers la source du Rhin. La nature est magnifique. L’allure adoptée permet un regard attentif sur les parterres de fleurs surfaçant des étendues d’herbes prêtes à être fauchées. Effectivement, nous roulons raisonnablement. Nous pensons qu’une partie de manivelles va se jouer dans le Splugenpass. En fait, à part la pente à gravir, rien de spécial se passera dans cette ascension. Aujourd’hui, la sagesse et la prudence semblent avoir pris le pas sur le comportement agité de certains membres du groupe !!!

 

                                Les tunnels du splugenpass

 

      La descente nous entraîne dans un florilège de virages en épingles à cheveux. De grands précipices s’enfoncent pour disparaître dans le ventre de la montagne. Pour conclure sur la spécificité des lieux, une succession de tunnels, percés pour la plupart sans doute depuis des siècles nous ouvrent la route sur une vallée où se nichent de très beaux chalets.                     

        Pour cette journée rien de spécial à vous signaler, sinon le plaisir de faire route avec des copains de partage. Avec des amoureux, comme je le suis, de tout ce qui nourri la passion du vélo. Rien de particulier si ce n'est le régal des yeux qui font la  provision  d'images des somptueux paysages alpestres. Rien de spécial à vous dire à part celui d’avoir le privilège de pouvoir m’offrir quotidiennement et à répétition des spectacles aux décors flamboyants. Rien, vous l’aurez compris est une douce litote, un euphémisme pour souligner la dimension de mon bonheur à traverser ces instants de vie.

       Plus terre à terre, et pour ce qui est de la conquête des points pour le maillot, les forces vives semblent avoir voulu se réserver pour plus tard, ...pour demain. Hubert, non sans malice, dira au cours du repas du soir que j’ai prétexté vouloir faire des photos pour camoufler’’ un jour sans’’. Personne, à part moi ne peut répondre à ce doute, mais je vous le livre aujourd’hui, et n’en déplaise à qui en douterait encore, ....j’étais bien.

      Je pense déjà au Stelvio qui se rapproche de notre route et dont j’ai décidé depuis la préparation de ce raid d’en faire mon préféré. Les photos que j’en ai visionné m’ont gonflé à bloc. L’ambiance du monde minéral qui accompagne la fin de son ascension sera de nature à me survolter. J’ai aimé, à chacune de mes tentatives, le relief de l’Izoard et de sa Grande Casse qui ont cette particularité. Je sais me dépasser dans ce type d’univers. Je suis en forme, j’ai pu me tester à plusieurs reprises depuis le départ. Et puis...j’y crois...

       Gondo arrive à point sur notre parcours pour nous servir de ville étape. Implantée sur la route du Simplonpass, la bourgade est là depuis l’antiquité. Les Romains y avaient leurs mines d’or dont l'extraction ne s'est arrêtée qu'à la fin du siècle dernier. La région organise encore de nos jours des stages pour les orpailleurs.

                          ____________________________________________                                                                                                                                                                        

       18 Juillet. Départ pour le col de la Maloja. La route se faufile au milieu des mélèzes et autres résineux. Tranquille, une petite rivière fait son lit entre les rochers. L’ambiance des lieux est bucolique. A l’unanimité, la qualité du paysage est classée quatre étoiles sur le guide de nos appréciations dans ce domaine, guide qui en compte cinq. La journée est l’une de celle où l’on s’incline avec compassion sur le sort des personnes devant travailler murées dans un bureau.

       La grimpée s’annonçait sans grandes difficultés. Tout était pour le mieux dans ce monde de quiétude quant brusquement un mur se dresse devant nous !  

       Au détour d’un virage faisant suite à une longue ligne droite comme c’est quelquefois le cas dans les fonds de vallée, la montagne se découvre à nous telle un imposant rempart. Des lacets s’empilent les uns sur les autres pour former une route au profil hallucinant. De droite à gauche, sur le versant qui nous fait face, elle étire un long ruban qui serpente pour se hisser vers un sommet que du bas l’on devine. Sur son tracé, à mi-hauteur, des voitures au semblant de miniatures paraissent être épinglées à la paroi. Impressionnant est un faible mot pour traduire ce que l’on découvre et qu’il nous faut à présent escalader.

 

 

 

                                            Le col de Maloja.

 

                                                         La Maloja                                                                     

 

       Pour ma part et face à ce type de difficulté je déroule un processus mental qui consiste en un dialogue interne, muet. Je précise, car déclamer à haute voix le contenu de mes divagations m’auraient sans doute valu des séjours en psychiatrie! Oui, il me faut trouver, en dehors du fait de devoir avancer, une raison spécifique et autre que celle répondant à la seule logique de pédaler pour pédaler.

      Fêlé le bonhomme me direz vous ? Oui sans doute mais je le sais et je me soigne. Mon traitement ne comporte pas de contre-indication. Il n'a pour séquelles que des souvenirs dont il me plaît de vous faire part... Plus sérieusement, et même s’il y a du vrai dans la façon de m’auto-motiver, chacun doit trouver le moyen de s’évader pour ne pas trop subir l’effort qui en fait, et malgré les idées reçues à ce sujet ne peut pas être gratuit au risque de s’en lasser sans avoir eu le temps d’en tester les bienfaits ! Chacun se doit de cultiver ses raisons ou motivations. La recherche de l’effort pour le seul plaisir de souffrir s’inscrirait alors, et pour des signes répertoriés, dans le registre de la pathologie !             

 

                                               La vallée de St Moritz

                                                                                                                                                           La vallée de St Moritz

 

      La désescalade nous entraîne dans la vallée de Saint Moritz dont la réputation n’est plus à faire depuis longtemps. Nombre de familles régnantes y ont un chalet ou une villa dans la station de ski. L’entrée de la ville arbore une flopée de drapeaux qui soulignent la présence en ces lieux d'une résidence appartenant à un Président, à un  Prince ou à un Roi.                                                          

                                                                                                                        

                                                      La descente sur St Moritz

 

                                          numérisation0035                                          Nous ne ferons que traverser ce territoire, la vallée est bien trop sélect pour des cyclos-campeurs comme nous. Nos toiles de tente craignent de ne pas être les bienvenues au milieu de tous ces palais. Les hommes en cuissard que nous sommes feraient tâche dans les rues de la citée des rois et autres empereurs ! A chacun son monde et sa place. La notre est ailleurs, plus près des étoiles que notre démarche parfois enfantine, un peu folatre nous permet quelquefois de tutoyer !

      Respectant la logique implacable de tout circuit empruntant la montagne, après la descente et un fond de vallée, un col vient encore nous défier, nous mettre à l’épreuve en cette fin d’après midi. Il s’agit de la Berninapass qui va nous faire monter à 2328 mètres.  

 

                                            Le groupe à la Berninapass.                                                                                                    

        L'ascension est rendue originale par le spectacle d’un glacier, qui par un effet d'optique parait vouloir nous barrer la route. Elle fut le théâtre d’une manœuvre d’Hubert  sur laquelle, par camaraderie, je m’abstiendrai de porter tout jugement! En effet, prétextant vouloir faire une photo du groupe pendant la grimpée, ce dernier obtenant un bon de sortie de la part de Bernard mit à profit son avance pour aller empocher les points du maillot à pois !!!!!!.

      La journée que nous avions cru terminée nous réservait une dernière surprise avec le col de Livigno. Court mais pentu, il mit rapidement en berne le pavillon de notre photographe dont un genou   venait de flancher. Hubert payait illico son dû à la justice d’un droit que certains ont pensé divin! Bernard, que les grimaces de son rival n’apitoyèrent pas, et pour cause, s’envola vers une victoire qui ne lui fut pas contestée.                                                        

                                                                         

       Livigno, du nom du col que nous venions de franchir et surnommé ''souffrance'' par qui vous devinez, fut ville étape de ce 18 Juillet au soir.

                                                                                                 

          Le prochain épisode devrait vous rendre compte de la montée du Stelvio. De ce col mythique dans lequel se jouèrent plusieurs tours d’Italie. A noter que le premier Français à gagner ‘’le Giro ‘’ fut Jacques Anquetil en 1960. Il le regagna en 1964.

     Lors d’une interview dans les années qui suivirent et suite à des ’’magouilles’’ dont il fut la victime en vue de favoriser un coureur transalpin bien connu, Jacques Anquetil déclarait : Pour qu’un étranger gagne le Giro, il lui faut être au moins deux fois plus fort qu’un Italien !!!!

      D’ailleurs, en 1955, c’est Louison Bobet qui aurait dû avoir l’honneur de cette primauté. Il fut en effet injustement battu par Gastone Nencini qui, mis en difficulté dans les cols, bénéficia de nombreuses poussettes qui lui permirent de pouvoir rester au contact de son rival.

       Si aujourd’hui dans ce domaine et ce style de tricherie ces agissements n’ont plus lieu, le tour d’Italie, par le passé, a nourri les lignes de la tribune à scandales des journaux spécialisés dans le domaine du sport cycliste.      

                                            

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