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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 17:29

                                                       

                                                       Le temps des souvenirs 

 

                                          Il a été mon premier ami. Mon premier camarade dois-je rectifier. Car du temps dont je vais parler, ami ne s’employait pas pour décrire une relation entre gamins ou entre adolescents comme cela fut le cas pour ces deux étapes de notre vie.

 

 

                       Marcel et moi au conseil de révision.

 

         Le qualificatif d’ami était réservé aux grandes personnes, leur statut les rendant propriétaire d'un vocabulaire qui ne se partageait pas  avec les enfants. Je vais donc m’appliquer à parler de notre camaraderie et des  liens qui nous ont fait complices durant notre jeunesse.

       Je vais joindre à mon propos le cadre et les traits de l’environnement qui nous ont vu grandir.

        Nous sommes à la fin des années 40 et la guerre, quoique terminée a du mal à se faire oublier tant la vie reste difficile pour grand nombre de gens. En conséquence, rien de ce que nous avons été amené à partager ne peut être comparé aux activités qui réunissent les garçons d’aujourd’hui.

         Nos occupations de loisirs se limitaient à nous construire des jouets. En particulier des chariots en bois montés sur de gros roulements à billes provenant des casses automobiles spécialisées dans le gros matériel. Dans ce registre Marcel était le mécanicien de notre association dont mon jeune frère était membre. J’en étais le concepteur pour l’ossature et le charronnage de la carrosserie. Dans un second temps, grâce à notre premier vélo acquis d’occasion, le champ de nos distractions s’est étendu à faire des balades. Il nous permit entre autre de sortir des frontières de notre quartier pour aller à la rencontre de certains de nos copains respectifs.

      Dans le cadre de nos activités extra-scolaires nous avions à cœur, et bien que cela nous soit parfois demandé par nos parents, de participer à l’amélioration de l’ordinaire en nous occupant du potager, à faire du bois pour   la cuisinière ou en allant aux anguilles par exemple. Elles étaient nombreuses dans l’eau de résurgence des canaux que la Durance voisine approvisionnait grâce au phénomène de filtration naturelle.  Longeant la voie de chemin de fer toute proche de chez nous, ils ont été le terrain de soirées aux souvenirs les plus divers. Franche rigolade que cette pêche dite au ‘’ soucsè’’ ( à la sucée ), qui consistait à tremper un paquet de lombrics assemblés sans hameçon et sur lequel le poisson goulu venait mordre. La délicatesse de l’exercice consistait à le sortir de l’eau sans faire de secousse. La seconde opération nous amenait à devoir le positionner  au dessus d’un parapluie ouvert et posé sur la berge. Extrait de son milieu naturel, l’animal s’empressait alors de lâcher prise et chutait dans le pépin où il restait prisonnier….quand tout se passait comme nous l’espérions. Les hourras de satisfaction alternaient avec notre chapelet de gros mots alors que l'anguille retombait avant  son arrivée au dessus du piège qui lui était tendu.

       Quant à nos aspirations et nos projections sur l’avenir, nous les savions limitées à devoir gagner notre vie le plus rapidement possible et ainsi pouvoir entrer dans le monde des grands.

       A l’époque pas d’ambitions démesurées. Nos parents étaient là pour nous rappeler où était notre place. Nous devions entendre et  nous contenter du sort et de leur condition, que personnellement par rébellion je refusais !!!. Sans doute par opposition aux directives qui nous étaient régulièrement  rappelées,   sans toutefois pouvoir en décrire les contours, nous savions Marcel et moi vouloir nous construire une vie autre que celle que nous imposait le moment présent.

     Les propos que nous échangions sur le sujet, au même titre que les souhaits que nous formulions paraîtraient infantiles et désuets au regard de ce qui aujourd’hui fait le contenu du discours des jeunes collégiens. Nos projets restaient modestes mais le seul espoir d’en caresser l’aboutissement nous remplissait déjà d’espérance.

 

                             ___________________________

 

 

                                 Marcel et moi portions le même prénom. Nous étions voisins de ce secteur situé sur la commune de Barbentane qui aujourd’hui encore reste à certains égards ce qu'il était en tout début 1950. Le passage d’une grande voie de circulation a bien causé la destruction de deux maisons voisines des nôtres, mais à chacun de mes retours, aujourd’hui encore, j’y retrouve une ambiance proche de celle que j’y ai connue autrefois. Il était habité par des propriétaires maraîchers et des ouvriers agricoles pour sa majorité. Le père de Marcel était l’une des exceptions. Il était cheminot.

      Si beaucoup de points communs peuvent expliquer notre rapprochement, un âge identique et un père  Ardèchois comme le mien par exemple, il en est un qui aurait pu nous diviser. En effet, j’étais à la laïque et lui à l’école privée du village. Autrement dit pour l’époque et comme cela se disait pour en marquer fortement la différence: Il était à l’école du curé et moi à celle des rouges.

      Ici mon propos n’est pas de vouloir m’étendre sur le sujet, mais de rappeler que l’appartenance à l’une ou l’autre des institutions marquait, dans les campagnes en particulier, une frontière difficile à franchir pour d’éventuelles fréquentations entre enfants d’un même voisinage et même au delà.

       Bien qu’apparaissant naturelle compte tenu de la proximité de nos maisons et du manque de garçons de notre  âge habitant les alentours, la rencontre avec Marcel a mis du temps à s'installer.

      Comme la plupart des gamins de cette époque nous allions à l’école à pied. Dans une ignorance qui se voulait sans doute de principe, de façade, il nous arrivait parfois de marcher à quelques dizaines de mètres d’intervalle sans faire cas à l’autre. Par timidité sans doute, par méfiance peut être, dans un premier temps aucun d’entre nous n’a vraiment cherché à créer la rencontre. Puis, petit à petit, dans une hésitation qui finit par faire place au désir de se connaître, celui qui apercevait l’autre le suivre ralentissait pour que la jonction s’opère..... comme par hasard.

        A partir de ce jour, sans que jamais une ombre ne vienne en ternir son déroulement, nous avons traversé ensemble, comme deux frères, les étapes d'une ascension qui nous a conduit à notre vie d'adulte. 

       Nous étions visiblement tous les deux dans cette attente, dans ce besoin d’être reconnu digne d’un intérêt de la part de l'autre. A partir de ce jour et afin  de ne pas se rater, se mit en place le premier de nos pactes qui consistait à ce que je me manifeste en sifflant à mon passage devant chez lui.

       Ce qui venait de naître se révéla majeur pour moi et Marcel ne me démentirait pas sur le sujet tellement notre amitié fut complémentaire au regard de nos personnalités respectives . L'entente qui suivra en force le témoignage. Au fil des jours nous découvrions mutuellement ce qu'apporte le privilège d'avoir pour soi un interlocuteur  disposé à tout écouter de vous. D'avoir quelqu'un qui vous manifeste de la compassion quand les choses ne vont pas.

      Marcel était plus grand que moi, bien plus costaud également. Il était réservé et timide alors que par sa corpulence il en imposait naturellement aux autres. Je l’enviais de savoir que son statut le protégeait des moqueries dont les gringalets de mon genre payaient un tribut fort désagréable. Si par malheur un grand vous avait dans le pif ou en voulait à vos billes, à la sortie de l'école il vous en coûtait quelques bousculades ou frictions d’oreilles vous amenant à rendre les armes pour ne pas aggraver votre cas.

       Ceux là même qui dans un passé proche me causaient des soucis changèrent de cibles dès qu'ils me virent régulièrement en compagnie de mon copain. A partir de ce jour, et sans qu'il ait eu à proférer de menace à l'encontre de mes chercheurs d'histoires, je trouva en lui une assurance anti-taquineries !!!.     

         Certes il n’y avait pas la même violence qu’aujourd’hui, mais la loi du plus fort régnait malgré les leçons de morale qui signaient le premier devoir du matin à inscrire sur son cahier. Pour mémoire à l’adresse de celles et ceux issus des nouvelles générations, la frise décorative venait en clore la dernière page du jour.

      Le matin, le temps nous pressait de peur d’arriver en retard en classe. A l'entrée du village qui marquait le terme de notre séparation, après s’être chaleureusement salué chacun prenait la direction de son école. En revanche le retour du soir laissait souvent place au plaisir de flâner, au temps de discussions interminables et qui souvent partaient dans tous les sens. L’intérêt que nous y trouvions résidait ailleurs. Elles nous faisaient exister. Elles nous rendaient intéressants dans un monde où les petits, une fois rentrés chez eux demeuraient cantonnés à devoir rester des enfants. Ils n’avaient en effet que rarement la parole pour participer à ce qui faisait la vie des adultes.

     A 14 ans arriva l’âge du certificat d'études primaires, qui sonnait pour l'époque et particulièrement  pour les fils d'ouvriers  la fin d'une scolarité classique. Sans transition entre l’enfance et l’âge des premières responsabilités, chacun pris alors la route qui lui fut dictée. Le choix, dans la plupart des cas répondait davantage à de l’obéissance que l’on devait à ses parents qu'à un réel souhait émanant de sa personne. Marcel devint apprenti charcutier et moi élève dans un centre d’apprentissage pour être menuisier.

       Nos activités instruites sur des lieux différents nous isolaient les jours de la semaine. Chacun s’enrichissait de ses expériences. Lui, au contact des ouvriers d’âge mur s’est mis à tenir un discours dont je me sentais en décalage. Il grandissait plus rapidement que moi, le monde qui le baignait l’amenait à comprendre une réalité qui pour moi restait encore théorique.

        Nous restions malgré cela les meilleurs copains qui soit. Lui fier de commencer à gagner un peu d’argent et moi de découvrir la ville. En particulier celle que me décrivait les grands de troisième année, celle des rues borgnes. C’est en empruntant un chemin détourné pour aller prendre la micheline qui me ramenait à la maison tous les soirs, que je traversais pour la première fois l’une de ces calades. Pas forcément fier d’ailleurs, car le regard de ces femmes plantureuses pour la plupart me faisait baisser les yeux. Mais dès lors je pouvais en parler à Marcel. Je les avais vues !!!

      Aux beaux jours, c'est perchés sur deux des branches qui se faisaient face du figuier planté au bout du jardin de ma maison que nous nous racontions notre semaine. La hauteur de l’arbre nous paraissant mettre toute écoute indiscrète hors de la portée d’oreilles curieuses, nous échangions nos secrets. Installés là pendant de longs moments, nous nous laissions aller à des confidences. De celles qui nourrissaient nos idéaux, nos fantasmes quant à l’espoir de pouvoir enfin embrasser celle qui faisait l’objet de nos émois.

      Pour nos premiers bons de sorties accordés au compte gouttes par la maman de Marcel en ce qui le concernait et moi par mon père, le dimanche nous allions assister à la projection d’un film dans la salle paroissiale de Rognonas. Le curé d’alors se mutait en gardien de la moralité de ses jeunes ouailles en surveillant les rapprochements entre garçons et filles.

       Dés la lumière éteinte, si un siège se repliait furtivement il était supposé faire l’objet d’un déplacement coupable. L’éclair de sa lampe torche cherchait alors à surprendre le gredin en venant survoler la zone suspecte.

      Certes, il pouvait tolérer que nous ayons une fille assise à nos côtés. A la condition toutefois d’être connu comme étant respectable. Il y avait pour cela, lors de son inspection des lieux et avant que ne débute la séance, des engagements à tenir au risque de se faire sortir du cinéma. Quand le privilège d’avoir son élue à ses cotés vous était accordé, toute manifestation d’inclinaison tendancieuse en vue d’échanger un baiser vous mettait en situation de pécheur. Ce bon curé arrivait sur vous comme un boulet pour vous rappeler à une tenue digne de sa confiance !!!!.

     Le curé, il nous arrivait tout de même de le feinter grâce à la complicité de l’un d’entre nous qui à tour de rôle s’improvisait alors en guetteur. Il surveillait les va et vient incessants qu'il faisait dans l’allée centrale et son éloignement était discrètement signalé par un signe de la tête. L’autre stratégie consistait à se placer en fond de salle ou près de l’écran. Le milieu, de toute évidence n’assurait pas le minimum de sécurité pour la mise en œuvre de la démarche considérée coupable !!!!

       Parler de Marcel, de nous, parler de l’époque où l’on s’éveillait à des émois naturels pour notre âge m'entraîne vers des pensées déjà lointaines, mais dont le souvenir me reste intact. Il s’agissait là d’un autre monde dont les conduites sont devenues vieillottes au regard de celles d’aujourd’hui ouvertes à une approche de la vie d’adulte avant que ne soit terminée l’enfance. Avant même qu’une mise en garde contre des risques destructeurs soit comprise et intégrée comme gage de survie !!!!.

       Ma réflexion ne vaut que pour ce que je pense et ne veut pas prôner un retour en arrière. Elle veut faire part d’un constat qui ne se veut ni moraliste, ni censeur. Elle veut témoigner de mon interrogation quant à l’importance de certaines étapes que nous avons eu plaisir à découvrir.

        1956 : L’année commence mal, un froid sibérien paralyse la région. Le thermomètre descend sous les moins vingt degrés. La circulation est rendue impossible pour tout véhicule à cause d’une épaisse couche de glace sur la chaussée. L’aspect positif de cette situation fait nous retrouver à aller à pied au travail comme au bon vieux temps de l'école. C’était en direction de l’atelier de boucherie pour Marcel et pour moi vers celle de l’une des menuiseries du village. Nos horaires ne concordaient pas toujours, mais chacun faisait en sorte d'obtenir de son patron un arrangement allant dans le sens d'une prise commune de service.  L'époque et les conditions du moment rendaient le dialogue ouvert.  La proximité et la compréhension que nous avions avec notre hiérarchie aidant en cela. 

        Nos retrouvailles étaient un vrai moment de bonheur. Durant l’espace temps qui séparait nos entrevues il n’y avait pas eu de coup de téléphone....  et pour cause. Ni sa famille, ni la mienne ne possédait encore cet outil trop moderne pour nous.

           Cette absence de communication générait une exigence, un besoin de rencontres qui venaient nous rassurer mutuellement quant à notre fidèle  camaraderie Telle une assurance, elles témoignaient de notre attachement. Bien que ne s’étant jamais fait de serment comme dans certaines histoires, nous éprouvions sans nous l’avouer, par pudeur, le besoin de nous rassurer sur la solidité de notre estime.

        Marcel vient d’avoir sa Mobylette et cela en fait un riche à mes yeux. Il n’y a pas de jalousie dans mes pensées mais j’avoue envier son sort. Il faut dire qu’il travaille déjà depuis 3 ans alors que je viens tout juste d’être embauché dans un atelier de Rognonas et que je n'ai aucune économie.

       A partir de son acquisition, si c’est à vélo que je partais de la maison pour ce qui était la sortie récréative de la semaine, rapidement je le planquais derrière une haie de cyprès et Marcel me ‘’trinquait’’ pour la suite sur le porte bagages de son cyclomoteur.

       Fini le cinéma de Rognonas, dorénavant Chateaurenard devint le lieu de notre rendez-vous de fin de semaine. Sur un écran panoramique les films avaient une autre dimension. Les scènes considérées par le curé comme étant sulfureuses ici ne sont pas coupées. Les atouts avantageux de Rita Haworth nous sont dévoilés sans faire scandale. Au même titre que l’on peut y voir les scènes d’un guide initiatique pour les débutants que nous étions en matière d’aventures galantes.

       1957. Sans pour autant nous séparer, chacun voit sa vie prendre forme dans un engagement et sur des chemins devenant plus personnels. Nos rapports ont pris une dimension montrant notre installation dans une démarche d’adulte. Les liens sont d’une autre nature. Ils restent forts.

        C’est l’année du fameux conseil de révision et de la visite particulière que doivent subir les conscrits appelés à devenir de futurs soldats. Nus comme des vers et comme à la parade, nous sommes tenus ce jour là de défiler en groupe devant un panel d’officiers bardés de décorations afin ……qu’ils soient assurés que nous portons bien les attributs du genre masculin. Humiliation collective d’une jeunesse encore éduquée dans une pudeur qui rend coupable la nudité et que l’on amène à devoir s’exhiber publiquement. Arrivé au bout de la grande table où siège le médecin major, Un Bon pour le service armé vous est hurlé aux oreilles comme une reconnaissance dont il nous est demandé d’être fier !!!!.

      Marcel et moi furent du lot des reconnus aptes, ce qui nous conduira quelques mois plus tard à prendre le bateau pour l’Algérie.

        Avant cela, la vie de Marcel s’illumina d‘une couleur dont il ne se démit plus. J’évoque là sa rencontre avec Janine.

         Changement de direction. Le dimanche ce n’est plus Chateaurenard qui attire Marcel mais le village de Graveson dont le cinéma soit dit en passant faisait ringard en comparaison de celui qu’il me demandait de quitter. Je compris rapidement le choix de Graveson et son prétexte: Marcel était amoureux.

       C’est ainsi et pour un engagement de couple qui ne se démentit plus, que nos sorties du dimanche se firent séparément, n’ayant pour ma part pas réussi à séduire une fille du pays.

                          ________________________________

 

 

                                            Le temps que chacun d’entre nous a consacré à sa vie de famille et à sa vie professionnelle nous a éloigné de celui que nous nous accordions, mais il n’a en rien effacé son souvenir. Ce que je nomme fièrement aujourd’hui notre amitié n’a jamais été gommée par celles qui sont venues par la suite enrichir ma vie, qui Dieu merci restent nombreuses. Cependant la notre reste différente par la place qu’elle occupe. En effet elle fut la première. Celle qui me fit découvrir le bonheur d’un partage qui reste unique dans ce qu’il porte de générosité et d’attachement.

           L’amitié, celle digne du nom est un sentiment qui ne meurt pas. Si les circonstances de la vie l’amènent parfois à se mettre en veilleuse, à discrètement se retirer au fond de chacun d’entre nous, il en reste en nous l'essentiel de son souvenir.  Celle qui fut la notre y a toujours eu sa place et je le sais pour ce qui te concerne. Il m’a été dit que tu ne manquais pas de la remémorer à chaque occasion qui t’était donnée de le faire. Moi qui retourne régulièrement dans le quartier, je passe devant ce qui fut ta maison et mon regard n’a jamais dérogé au plaisir de savoir quelle fut la tienne.

         L’amitié ne meurt pas au point d’éprouver le fort besoin de parler aujourd’hui de la notre que ton départ vers le grand sommeil remet en surface.

         -Parler de toi, où malgré notre parité d’âge tu te comportais vis à vis de moi comme un grand frère ne s'oublie pas.

        -Parler et écrire sur ce temps me permet de mettre en lumière ta disponibilité à mon égard et ton esprit de générosité. Témoigner auprès des Tiens de ton comportement de camarade attentif et dévoué. Je pense en particulier à la compagnie bienveillante que tu m'as manifesté tout au long d'un problème de santé qui m'a tenu alité de nombreuses semaines. Convalescent de cette maudite maladie ramenée de mon estive en Ardèche, j'attendais le soir que tu sois rentré de l'école pour oser me lever. Tu étais le seul en qui je faisais confiance pour m'aider à remarcher car je te savais fort. Ta présence venait calmer mes craintes de tomber.  Avec toi rien de ce que je pouvais redouter ne pouvait m'arriver.

         Je me souviens de cela et de bien d'autres traits de ta personnalité qui me rendaient fier de t'avoir pour Ami.

                             __________________________

 

 

      Tu viens de prendre la voie qui se dit être celle des Éternités. Peut être y trouveras-tu un figuier sur ton chemin et une branche sur laquelle t’asseoir. Peut être me raconteras-tu ……..

      La vie continue. Cependant les circonstances qui m'amènent aujourd'hui à l'évocation de notre jeunesse porte en moi le poids de la tristesse.

      Fort heureusement elle vient également me rappeler à  ce temps de partage et de complicité. A ces  moments de bonheur que nous prenions à un quotidien pas toujours rigolo. Je veux me souvenir de cela. Me rappeler combien je reste heureux de ces années passées à t'avoir côtoyé. 

    

     Je t’embrasse Marcel avec toute l’affection que je te garde et pour toute la reconnaissance que je te dois.

                           Que nos souvenirs heureux t’accompagnent.

 

 

                                    __________________________

 

 

 

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 15:21

 

         Randonnée autour des sources de la Drôme

 

                                                                                                                                                                     Vous avez dit autour!! Montage d'Hubert     

 

                                                           Montage d'Hubert!

 

                                                    Pour rouler depuis des

 décennies dans ce que je nomme familièrement mon ‘’pétouillé’, mes coins familiers, c'est-à-dire les départements voisins du Vaucluse, je ne m’étais  jamais approché des sources de la Drôme à vélo. Ce jour d’octobre, le circuit concocté par Hubert prévoit de s’y rendre par un itinéraire en boucle autour de la Montagne de l’Aup.

 

                                     La crête de la montagne de l'Aup

 

      Il s’agit d’une vaste barrière rocheuse semi-circulaire dont le Duffe en coiffe le sommet à 1757 mètres. Sa crête à la configuration panoramique ouvre un regard sur le Mont-Ventoux et le massif des Baronnies, mais également sur le Dévoluy, les Ecrins et le Vercors. Le climat y est aride tout en présentant une double identité qui se veut être à la fois montagnarde et méditerranéenne. Une faune et une flore originaires de ses deux versants viennent en attester l’originalité.  

       Invité par ce même Hubert, passionné de chemins dont il nous fera découvrir plus tard un spécimen pas piqué des verts, me voila embarqué sur ma randonneuse à devoir suivre celui en qui, il est vrai, je reconnais un spécialiste de la navigation. Dispensé de carte, je vais pour aujourd’hui me contenter de le garder ….à l’œil.

 

                                                                                                                                                                      Rando de la Drôme. Les Alpes en fond   

 

        

                             Petite particule au milieu de trois professionnels spécialistes de l’atome, me voila tenu de ne pas me faire larguer par mes camarades au risque de galérer grave vu la désertification des lieux qui nous entourent.

      Le départ se fait du village de La Charce à 617 mètres d’altitude, pas très loin de Rémuzat qui fut courant mai dernier le siège de mon mini séjour avec le club de Rognonas ( Raconté sous le titre de ‘’A propos d'un raid.) 

 

 

                                           chateau-la-charce

 

                                                           Le château de la Charce

 

      La route se fait montante dès les premiers tours de pédales. Elle s’enfonce dans un environnement à la fois minéral et boisé qui se veut caractéristique de ce coin de la Drôme.

       Pour ce début d’ascension, le rythme de sénateur adopté par mes compagnons me convient à souhait au point de pouvoir les suivre sans avoir à râler !!!.

       Il faut dire que je suis devenu un vieux diésel……   dont le turbo a atteint sa limite d’âge pour ce type d’effort. Depuis cette perte de ressources la mise en route m’est devenue difficile. Alors, il m’arrive parfois de faire preuve de mauvaise humeur dont mes amis me savent coutumier. Quand cela se produit, EUX qui sont encore jeunes, vont de quelques tours rageusement infligés à leur pédalier……. se mettre à l’abri de mes jérémiades.

      C’est ainsi, et sans avoir eu à émettre de plainte, que je gravis le col de Fays !!! Il s’agit là d’une ascension sans gros pourcentages nous permettant de mettre au compteur de la dénivelée les premiers 450 mètres sur un total prévu de 1500 mètres environ!!!!. Dans l’enfilade, suit le col de Rossas dont une partie de son nouveau tracé amène la route a faire des bonds. Certes courts , mais avec des raidillons à vous mettre droit sur les pédles. 

 

                                           Ma Valèro

 

.

     -Tu verras m’avait dit Hubert, celui là se fait pratiquement tout en descente, sauf qu'il n’y était plus passé depuis que les Ponts et Chaussées en ont coupé certains virages ce qui aujourd’hui en redressent les rampes !!!

     Valdrôme sera notre première visite  curieuse de la journée. Nous y apprenons que le village était déjà connu à l'époque Gallo-Romaine. Terre d'élevage et  culture de lavande et de blé dur, il est également un lieu d'accueil pour le tourisme sportif en particulier. A quelques kilomètres de là, une station de ski alpin est implantée sur la montagne de la Pyramide.

     Très tôt ralliés à la Réforme, ses habitants furent longtemps victimes de persécutions.

      Remarque: Valdrôme est l'une des rares communes de France a ne pas posséder un lieu de culte pour les Catholiques.

     A peine nos vélos repris, un panneau nous annonce que la descente du col est barrée ce qui ne nous découragera pas pour vouloir continuer notre route!!!!      

      La saison touristique touchant à sa fin, la route est à présent rendue aux cyclistes. Bien dessinée, étroite et sinueuse, elle permet d’avaler le restant de la pente du col de Carabès sans donner l’impression d’avoir trop à forcer. En effet, le sentiment est tout autre quand la chaussée est rectiligne. La déclivité nous apparaît alors agressive, ajoutant le sentiment de vouloir nous défier !!!.

      C’est au deux tiers de son parcours que sont indiquées les sources de  la Drôme. Divers aménagements permettent d’en visiter l’environnement et de découvrir l’histoire d’un glissement de terrain qui en 1936 engloutit la totalité des maisons du village de La Batie des Fonts. Au nom du principe de précaution ( déjà ), le site avait été évacué de ses habitants. Aucune victime ne fut à déplorer.    

                                                                                      

 

         Rando de la Drôme avec Hubert.09.2012 025

 

Le charme bucolique de l'endroit excite le désir d’en faire notre halte pique-nique. Cependant, trop avancée dans la matinée en rapport de la distance parcourue, il nous fallu rapidement en abandonner l’idée. Après quelques photos du site, reprise de la grimpette pour en finir de ce qui sera le troisième col de la matinée (1261 mètres ) et dont le sommet nous fera basculer dans le département des Hautes Alpes.  

      Arrivé à sa cime, comme une piqûre de rappel, un barrage viendra plus loin tenter de nous décourager à nouveau de continuer notre chemin !!! 

 

                                      Sommet de Carabès

 

 

                                       Entre outils et pelleteuse.

 

 

      Un vélo ne demandant pas beaucoup de place pour se tracer une voie, transgressant l’information, la plongée vers ce qui était notre itinéraire pris place de notre inquiétude quant à devoir faire marche arrière si toutefois nous ne pouvions pas passer. Après avoir franchi le chantier entre divers outils et pelleteuse, nous traversons La Piarre et Le Vissac sur une route encore goudronnée. Viendra ensuite l’ascension du col d’Arron qui,  s’effectuera sur un sentier au revêtement instable qui laissera des traces douloureuses aux fessiers!

 

                            Le col d'Arron

   

      Si la montée fut exigeante, la descente demanda un effort particulier aux mains qui durent, sur la totalité du parcours, serrer les poignets de freins au risque de se rompre les os. C'est à la hauteur de L'Adoux-l'Oule..... qu'enfin un revêtement plus hospitalier réapparu pour rejoindre la route qui descend du col des Tourettes. Montmorin sera le dernier village visité avant de rejoindre La Charce.                       

       Les kilomètres sont longs quand la pente est sévère et que la vitesse que l’on tient péniblement frise les lois de l’équilibre. J’avoue ne pas être à l’aise dans cette pratique. L’attention doit être permanente pour éviter les gros cailloux et les ornières. La progression devient un exercice de style quand subitement la roue arrière s’ensable et patine. La vitesse devenant alors nulle nous amène à devenir acrobate malgré nous. La manœuvre qui pour ma part est souvent hasardeuse me conduit alors à des écarts de langage !!!!. Pourquoi me direz vous pratiquer les chemins quand il existe des chaussées goudronnées et confortables ?  

 

                                                         Route du col de Carabès 

 

            Descente du col de Carabès

 

      Dans le cas du projet d’Hubert, le chemin raccourcissait la distance à couvrir. Il a donc permis de mettre en place un itinéraire intéressant dans une durée raisonnable compte tenu de la saison automnale. L’intérêt des objectifs prioritairement visés, les sources et les chemins qui sont des marottes d’Hubert, purent ainsi faire l’objet de sa satisfaction et de notre curiosité!)

 

                                                Drôme avec Hubert.

 

       Outre cela, le chemin offre une liberté que la route ne permet pas à cause des bruits de la circulation automobile par exemple. Celle entre autre de pouvoir pénétrer la montagne dans son intimité et de partager avec elle le secret des clameurs de sa vie animale et la flore sauvage. 

 

                                     Au-sommet-du-col-d-Arron.JPG

 

 

      Le chemin est l’archétype de l’exercice libre au plan de la flânerie qui est là sans danger en comparaison du déplacement sur les voies ouvertes aux véhicules à moteur. L’air respiré y est agréable. Le climat que génère l’environnement est propice aux réflexions autour desquelles il m'est plaisant de méditer.

 

                                                                                                                                                                        Rando de la Drôme avec Hubert.09.2012 026

 

      Je clos là l’éloge du chemin, qui vous l’aurez compris n'est pas ma tasse de thé à cause de sa pénibilité. Cependant, je veux bien reconnaître la nécessité de son aide quand, comme cela fut le cas, il permet de boucler un tour qui sans son emprunt n'aurait pas été possible dans le temps qui nous était imparti.    

 

                                       Avant la (mauvaise ).... rencontre d'un amateur de cuisses! 

 

                                                         Grenouille encore valide!!!

       

                                                                                                     

                                                   ___________________________________

 

 

 

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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 21:22

                           À ma randonneuse

 

                                                    Article en cours de réinstallation

 

                         Depuis Thonon-Trieste en 1985, après quelques randonnées cyclo-montagnardes effectuées dans les Pyrénées et dans les Alpes en fin de cette même décennie, ma randonneuse 650 était au clou. 

 

 

                                Dans le Giau.( Thonon-Trieste 1985.)

  

                                            1985: Dans le Giau en Italie

           

 

                              Pendue au râtelier par sa roue avant, elle vivait dans un silence pieux la frustration d’une ingratitude dont je viens de prendre conscience. Si je lui avais gardé sa place auprès de ses voisins vélos, je marque là la différence entre mes montures dites de course et ma randonneuse, depuis quelques années je lui préférais ces rivaux plus racés.

        Dans notre région, l’évolution du cyclisme a rangé aux musées le matériel du cyclotouriste et mis au rancard l’esprit qu'il véhicule. Le "Tout Carbone" a remplacé le tube Reynolds. Le poids du  vélo est devenu le sujet majeur quand arrive un nouveau dans le groupe.  Question à laquelle succède celle de la moyenne horaire qu'il est capable de tenir. Les parcours se font à une allure qui ne laisse plus de place aux arrêts photos. Les pelotons s’effilochent au fil des kilomètres. S'étirant jusqu'à la cassure, sans état d'Âme particulier pour les hommes de tête, le groupe perd ainsi une partie de ses éléments en cours de route victimes du jeu de l'écrémage. Il en résulte des "laissés" pour compte. Les "pas en forme du jour"  et les "ceusss" qui se sont trompés de groupe ont intérêt à connaître le chemin du retour!!!!.

      Adhérent, faute de mieux à cette mode pour ne pas avoir à rouler seul, c’est ainsi qu'au fil des années j’en ai perdu mon âme de randonneur. J’ai mis à la retraite ma Valèro sans avoir eu le courage de lui en expliquer la raison. Je m’en suis allé ensuite vers une pratique pour laquelle je n’ai à la fois plus d’attrait, mais également plus les moyens physiques pour en assurer la continuité.

       Depuis, ma randonneuse, impassible, courageuse, attendait de ma part un retour vers de meilleurs sentiments. Elle attendait une relation rétablie où comme par le passé elle était le sujet incontournable de tous mes projets de départ.

 

                            numérisation0005-copie-2

 

                                            Dans Thonon-Trieste en 1985

 

      Saura t’elle me pardonner mon éloignement? La rancune, je l'espère serait donc un défaut propre aux seuls hommes. Cependant l'idée qu'elle puisse vouloir se venger me turlupine au point de penser à une panne qu'elle pourrait vouloir s'infliger afin de me laisser en carafe en pleine nature ? Je ne veux pas y croire. Elle saura être indulgente. Trop de souvenirs et de complicité nous unissent pour imaginer un tel comportement de sa part. Je saurai trouver les mots pour lui expliquer cette mise à l’écart. Pour cela je sais devoir mettre en œuvre mon côté brodeur qui va, au contraire d’un vécu de délaissement, la convaincre de ma délicatesse pour avoir su la protéger des lazzis de cette nouvelle génération de vélos que j’ai côtoyés l’espace de mon égarement. Je saurai lui rappeler combien ils sont orgueilleux et peuvent être moqueurs, alors qu'aucun d’entre eux ne possède de palmarès à la hauteur de son pédalier.

  

 

 

                                 La Pas de Morgins

 

                                      Passage à la frontière Franco-Suisse.

 

        Je le revendique comme excuse, il ne s’agissait pas d’un oubli de ma part, mais de la conséquence d’un choix pris par défaut et qui m’a conduit à aborder le cyclisme sous ses couleurs modernes, dont l’âge et la raison m’amènent aujourd’hui à en reconsidérer les valeurs.

                                                   __________________________________

 

                                                   Ma randonneuse.

 

 

                                            Mon-650-Valero--1985--.jpg

 

 

                               Des dizaines et des dizaines de milliers de kilomètres parcourus sur le territoire national, mais également sur nombre de pays étrangers.   

                      

        L’Italie, l’Angleterre, la Suisse, quelques bouts d’Autriche ont fait de nous, dans les temps passés, un couple assemblant à la fois audace et énergie au service d’une volonté que nous faisions commune.

         Je disais de ma Valèro qu’elle était ma Rolls. Construite sur mesure, elle offrait pour l’époque, mais encore aujourd’hui, un confort sans nul autre pareil pour ce qui est de celui espéré trouver sur un vélo. Equipée d’une armada de sacoches, elle m’assurait une autonomie dans le cadre de mes déplacements de ’’cyclo-campeur’’. Munie d’un éclairage conforme à son utilisation de nuit, les cols gravis au clair de lune m’ont amené à faire des rencontres singulières. Biches, sangliers, lièvres et autres blaireaux se trouvaient parfois surpris par le silence avec laquelle pouvait progresser ma noble monture. Les paysages qui se pénètrent alors dans un esprit distinctif de ceux rencontrés dans un cadre classique sont sans réplique pour qui n’a pas voyagé sur un vélo dans les conditions que propose le climat particulier de la vie nocturne en montagne.

 

 

                           Rando Flassan avec Hubert.

 

 

          2012: Redécouverte de la piste avec ma Valèro soulagée de quelques sacoches!      

              

 

       Depuis, grâce à ma Valèro retrouvée, équipée pour la circonstance de pneus de 32 de section, j’ai renoué avec les chevauchées où peuvent s’alterner routes et chemins. Sans toutefois être un fanatique du roulage sur piste, cette pratique m’amène à redécouvrir l’ambiance cyclo et des sites sous des angles neufs auxquels il est possible d’accéder sans crainte de se faire bousculer par les voitures. Cependant, et pour cela, j’ai du répéter quelques gammes d’acrobaties pour glisser ma randonneuse entre cailloux et ornières.

 

                          Rando Flassan avec Hubert

 

      C’est ainsi que j’ai pu, dans un premier temps répondre à l’invitation d’Hubert pour une rando’ au départ de Ville sur Auzon via Flassan et la Gabelle. Ce fut pour moi une première que de pouvoir ainsi rejoindre, par un sentier, le sommet des gorges de la Nesque après avoir traversé le bas du hameau des Abeilles.            Sault par les gorges de Méthamis ont permis de boucler le circuit et recoller à mes souvenirs de cyclo…TOURISTE. 

                                                                    

                               _____________________________

 

      Enfin, et pour tirer un trait sur mes " confessions de cyclo repenti" je n'ose pas imaginer à quoi pense sa condisciple. Sœur de conception, mais pas jumelle, car montée en 700, la voila revenue depuis peu au bercail.

      Une opportunité vient en effet de me permettre sa récupération après l’avoir……..vendue il y a quelques années !

       Heureusement pour moi, l’occasion et le remord ont permis au pécheur honteux que j’étais devenu, de réparer mon erreur et ma faute.

        Oui, l’on a beau être homme et se prendre d’affection pour ces choses que le non pratiquant pense être sans âme !

 

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23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 21:19

                              À Chacun son Ardéchoise.

                                     

 

                                                        Le clocher de Loubaresse.

 

               Je vous vois venir vous qui lisez mon titre l’œil en coin. Vous espérez sans doute y trouver quelques aveux ou autres confidences. Non, il n’y aura pas de coquinerie dans ce que je vais vous raconter. Il s’agit tout bonnement de retracer pour vous l’Ardéchoise que je fais mienne. Mon Ardéchoise à moi.

       Douze degrés au thermomètre, des manchettes sont à rajouter à mon maillot d’été. Partis ce 17 août de Jaujac avec mon ami Rémy du club de Rognonas dont je suis l’un des sympathisants, nous voila d’entrée dans le col de la Croix de Millet à la recherche du bon braquet. 

 

 

                                         Rando du 17 aout2012 avec Rémy . L 005-copie-1

 

       Nous démarrons à froid une côte de six kilomètres, ce qui nous amène à rester prudents quant à l’allure à adopter. Dans ces conditions, un départ au dessus de ses moyens vous flingue les cuisses en un rien de temps. La journée s’annonce belle. Traversant une forêt de châtaigniers, une légère bise en fait chanter une végétation qui commence à prendre sa robe d'automne.

      Rejoindre Prunet se fait sur une route fraîchement refaite. Prudence cette fois pour ne pas se retrouver au sol, d’autant que le passage des voitures a emmoulonnédes tas de graviers de part et d’autre des virages. Nous laissons à main gauche le village de Largentière pour prendre la direction du col du Suchet.

 

        Parenthèse : A propos de cols  : Il semblerait que depuis une vingtaine d’années, dans cette région, mais ailleurs également, les décideurs de l’appellation aient eu envie d’en baptiser des sommets jusque là anonymes. Pour ma part, j’en découvre les panneaux alors que je fréquente les routes du sud depuis des décennies !

      Je me risque à penser, d’autant que ces nouveaux nés se trouvent sur des routes aujourd’hui largement empruntées par les cyclistes, qu’il s’agit là d’une campagne de marketing visant à flatter l’égo des pratiquants de la petite reine !!!!!

      Par ailleurs, dans une démarche semblant vouloir rejoindre celle citée ci-dessus, il a été fait du Meyrand le col le plus long de l'Ardéchoise. J’ai lu dans une revue spécialisée** que l’un de ses rédacteurs le signale comme débutant a partir du croisement de la D 203 avec la D 24. Les Ardéchois, dont je suis, vous diront que le départ du col se situe au pied de Valgorge, soit 12 kilomètres plus bas!

        A vrai dire rien ne me gène dans tout cela si ce n’est qu'il éveille mon esprit taquin !

 

                                Ardèche à vélo 15.07.2011.

 

                              La Croix de Rocles et son raidillon passés, sont les signes que nous sommes dans la direction voulue. La descente vers l’intersection de la route qui monte de Joyeuse nous dépose dans la vallée de la Beaume.

      Changement de vallée, changement d’air. Celui qui à présent nous caresse le visage descend du Tanargue, qui soit dit en passant est le plus haut plateau d'Ardèche avec ses 1450 mètres en moyenne et un sommet à 1511 mètres sur la commune de Borne. Il promène avec lui, au-delà des senteurs de genet et de bruyère, la mémoire d’un passé vers lequel je ne me lasse pas d’aller.

       Je me surprends à cet instant du commentaire, à vouloir ramener mon propos seulement à mon Ardéchoise à moi alors que je suis gentiment accompagné de mon ami.

      Si Rémy et moi allons dans la même direction et roulons côte à côte, discrètement je suis ailleurs. En effet, parallèlement à l’objectif qui se veut commun, mes pensées et mon esprit sont sur d’autres regards.

    Pour Rémy, il s’agit avant tout d’aller vers le plaisir de la découverte. Pour des raisons qui me sont personnelles, ce parcours porte pour moi et en lui, une dimension supplémentaire à celui de la balade ordinaire. Je suis, aujourd’hui, et ce depuis des décennies maintenant dans la direction d’une rencontre dont j’éprouve naturellement le besoin. Loin cependant du rituel ou du chemin de Croix, sur cette route, je sais être en marche pour un rendez-vous d’une nature particulière.

 

                                       ************************************************************************

       Mon Ardéchoise à moi se transforme en pèlerinage quand j’opte pour le circuit qui passe par Loubaresse. Au-delà du plaisir à randonner sur des routes remplies du souvenir de mes estives et plus tard de celui de vacances passées à Chastanet, je sais aller vers des retrouvailles. De celles habitées par le mystère et qui au-delà de toute rationalité, m’entraînent à me croire guidé, accompagné par un souffle venant de la montagne sur laquelle mon Père a vécu enfant.

     Oui, je me sens tout autre à l’idée de rouler sur ce qui était le sentier que ses pas ont foulé en 1917 lors de son exode vers la vallée du Rhône. Il n’y a pas de nostalgie, pas de tristesse dans cette démarche qui consiste à vouloir me retrouver, à vouloir nous retrouver par le biais de cette voie que d’autre appelle les souvenirs. Je suis, aujourd’hui, sur un chemin que ma mémoire s’applique à raviver pour qu'elle garde en elle le récit de propos dont je reste le confident. Sa vie que la misère lui a infligé, la nécessité à devoir, enfant partir à pied, seul, à la recherche de l’hospitalité qu’il croyait pouvoir trouver à des mois et des mois de marche de son village natal. J’éprouve comme un besoin, dans un silence qui ne m’est pas coutumier, sentir m’élever en direction de la montagne me rapprochant de lui.

                                                               **************************************

 

      Depuis le changement de vallée, la route nous fait progresser sur un dénivelé qui reste celui d’un faux plat montant. De part et d’autre de la Beaume des habitations ont été réhabilitées ainsi qu'une ancienne filature qui expose une façade en pierres apparentes. Un peu en amont de tout cela, une passerelle dessert des maisons alors que le tablier du pont qui en permettait l’accès reste en partie détruit par une crue ancienne. 

 

                                          Rando du 17 aout2012 avec Rémy . Passerelle sur la Bourne

 

 

      De l’autre côté de la rivière, Chastanet et son château qui dans les années quarante hébergea Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre s’aperçoivent à travers les châtaigniers.

      Valgorge sonne le début de la vraie ascension du plateau du Tanargue. Nous sommes là dans le vif du sujet. Au loin, mais à vue d’œil, un mamelon sur lequel à présent figurent plusieurs bâtisses neuves annonce le contour de Loubaresse.

 

                                            

 

       Je dis bien annonce, car bien que semblant la toucher du doigt, y faire son entrée doit se gagner à la pédale. La moyenne de la pente qui ne dépasse pourtant jamais les 6 %, n’en rend pas moins usante l’arrivée sur le village. Le terrain est à découvert depuis quelques kilomètres déjà et le soleil de midi tapant fort sur un goudron fondant en fait remonter une chaleur suffocante.

      A Loubaresse, comme prévu nous sommes accueillis au Pégan, chez le cousin, qui fier de son appellation ‘’bistrot de village’’ nous propose un menu de nature à nous recharger en énergie. Ce repos programmé, ainsi que la restauration qui l’accompagna furent les bienvenus.

 

                                         Rando du 17 aout2012 avec Rémy . Cimetière de Loubaresse

 

 

      A hauteur de la placette du cimetière, à quelques centaines de mètres après avoir quitté le restaurant de Jean François Merle, le Meyrand laisse voir les lacets qui conduisent au terme de sa bascule. Un dernier coup de cul à 8 % annonce l’achèvement du dernier gros obstacle de la journée. Je croyais savoir, à partir de là, tenir le manche du bon côté de la cognée …. mais…...                            

 

      J’entends les puristes dire que nous avons mutilé cette fameuse montée rendue, par flatterie, le plus long col de l'Ardéchoise par un subterfuge de circonstance. Au diable les nouvelles règles en la matière et puis au sommet du Meyrand il n’y a ni buvette, ni resto !!!!!.

      Les courants thermiques s’y prêtant, nombres de parapentistes jouent de leur aile pour faire des arabesques au dessus du belvédère. Pour ce qui me concerne, un moment de pause est mis à profit pour escalader le rocher qui surplombe la table d’orientation. Modeste, mais ancien pratiquant de varappe, j’ai gardé en moi la marotte de vouloir grimper du rocher s’il me reste accessible. Du haut de ce petit promontoire ma récompense fut, pour une fois, de pouvoir y bien distinguer le…..Mont-Ventoux.

      Le hameau du Chambon est en sieste. Il aligne depuis des siècles quelques maisons redevenues fringantes suite à leur restauration. La descente du Meyrand touche à sa fin en venant couper la route qui arrive de Saint-Etienne-de-Lugdarès pour aller en direction de La Souche.

       La route est large, certes belle, mais elle monte au-delà de ce que ma mémoire en avait retenu. Pour finir, trois kilomètres entre 8 et 10% à la vue du braquet utilisé, plus un cagnard à vous rôtir les cuisses ont bien failli avoir raison de nous.

     La Croix de Bauzon, discret monument posé là depuis la nuit des temps que la Burle est arrivée à ébranler, signe notre billet pour la dernière et longue descente vers Jaujac via La Souche.

 

                                                       Rando du 17 aout2012 avec Rémy . L 027

 

 

      Au-delà des souvenirs liés à mon Père, cette région fait également remonter en moi un passé qui m’est cher. Une halte au détour du onzième virage et, comme je le fais à chacun de mes passages, je fixe d’un coup d’œil la ferme de Chevalet où durant plusieurs étés j’y fus vacher chez le Dolphou et l’Antonia. Où pendant les trois mois d’estive ils m’apprirent, l’un et l’autre, à devenir un petit berger, un pécheur de truites, à traire les vaches et les chèvres. Quelles garces celles là !!!. Puis à battre le beurre, à mouler les tomes, à reconnaître les bons champignons, à cueillir les framboises et les myrtilles, et encore, encore.

      A Chevalet j’ai appris......, j’ai appris à grandir.

 

Point de vue…….

 

      Pour ce qui me concerne, et si j’ai participé une multitude de fois à Velay-Vivarais au départ du Puy, ce qui relooké est devenue l'Ardéchoise, je ne suis pas adepte de son édition moderne. Sans doute suis-je devenu trop vieux……jeu.

     A cette époque, rendu sur place la veille afin d’être à pied d’œuvre pour les premiers départs donnés au milieu de la nuit, le cyclotourisme portait au cœur de son appellation le sens et les valeurs de sa pratique.

      Pour ma part, j’en suis resté au souvenir de la nuit passée à discuter avec ceux venant d’ailleurs. A essayer de dormir dans l’immense dortoir du lycée catholique de la ville prêté pour la circonstance au club cyclotouriste organisateur. Au souvenir du départ à trois heures du matin après que les responsables aient veillé au bon fonctionnement du système d’éclairage qui devait équiper notre vélo. Au souvenir d’une randonnée proche des 200 kilomètres à effectuer sur la journée, en autonomie presque totale à l’exception d’un ravitaillement pour ce qui remonte aux premières éditions. Au souvenir des cyclos équipés en 650 de chez Routens, Herse, Berthoud, Lapierre, Valèro et autres constructeurs français.

 

                                    Photo du net

 

       J’en suis resté au souvenir des villages et hameaux de montagne traversés dans le silence de la nuit, aujourd’hui saucissonnés de toute part de guirlandes et de rubans aux couleurs attirasses. J’en suis resté au souvenir de celui qui, en vous rattrapant, vous saluait gentiment, vous invitant même à lui prendre la roue, histoire de partager un bout de route avec lui.

 

      Mes objectifs de vieux cyclo ont glissé vers des ailleurs qui ne trouvent plus raison dans les grandes kermesses (Près de 13000 engagés lors de la dernière édition de l’Ardéchoise **).

       A chacun son Ardéchoise. Le bonheur de pédaler ne pouvant se trouver que dans l’état d’esprit qui en anime la démarche et dans le choix que l’on fait de sa route, vous comprendrez que……

 

·        *Emmoulonné : Mis en tas

·        **Le cycle : numéro 426

 

 

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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 19:34

 

        Compte rendu…. d’une cyclo randonneuse !

 

 

                                      Avec Hubert dans le Luberon.

 

       -Pour me tester dans le ‘’dur’’, comme il se dit chez nous dans le midi, je suis chargée en ce jour d’été de hisser mon partenaire cyclo au sommet du Luberon. Le petit, nommé ainsi par les "scientifiques" pour en minimiser vilement sa hauteur!

 

                                              Le ''petit Luberon''

 

       -Petit, allez le dire à d’autres, à ceux qui ne l’ont parcouru que sur la carte Michelin et encore sans connaître ce que signifie une courbe de niveau. Petit vous dites? Mais quelle injure à vouloir ainsi le rapetisser, lui, qui pour parvenir à sa cime, une corde à nœuds serait mieux adaptée que ne l’est ma modeste monture.

En effet, pour honorer mon contrat, j’ai du gravir des pentes au pourcentage proche de celui rencontré dans les cages d’escaliers. Si au terme de l’ultime ascension, mon courage me valu une reconnaissance appuyée de la part de mon cavalier, les efforts pour le conduire au terme de son objectif me coûtérent grincements de chaînes et torsions de mon squelette dans tout ce qu'il comprend de visseries! 

 

 

                                             Mon moment de repos!! 

 

                                                                                               Un repos bien mérité!

 

       -Il fallait voir avec quelle hargne il m’appuyait sur les pédales pour que je ne reste pas scotché au macadam. Sa fierté à ne pas vouloir poser pied à terre l’obligea à repousser à la limite du supportable, les crampes que l’acide lactique infligeait à ses cuisses. Au même rythme que son souffle s’accélérait, je l’entendais raller après son ami Hubert, qui, laissait-il entendre, l’aurait entraîné dans ce piège à son insu !

        -Taratata, de cela je n’en crois pas un mot, car quoi qu'il en dise le Marcel, comme le nomme Jules son petit fils, après le col du Pointu et quand on prend la route de la forêt des cèdres pour rejoindre Cavaillon, il n’y à plus d’échappatoire. À moins, cependant, de rejoindre la route basse en descendant sur Bonnieux, et ça, le Marcel, il le savait. J’en déduis donc que la victime, même si elle s’en défend, était bel et bien consentante.

        

                                                                        

Bonnieux

                                           

                              

 
 

      

                                                                                                                                                                               

 

    

 

 

                            

      -Ma venue dans sa famille de vélos en tout genre a pour origine un goût de revenezi en direction de futures escapades qu'il envisage de faire dans son Ardèche, pour laquelle il affiche une attachement particulier. Pour ce type de sortie, habituellement il chevauchait sa randonneuse 650 de chez Valéro, mais le voilà aujourd’hui tenté par le changement. Tout d’abord en ajustant quelques modifications à son matériel. En effet, pour la circonstance, le vétéran est venu au guidon plat et aux braquets des vététistes. Le premier élément est plus confortable pour ses vertèbres cervicales. Quant aux développements plus étagés, ils lui permettent de rester sur le vélo quant la pente se fait grave !

      -Il faut dire que le bonhomme a vieilli, et s’il lui reste quelque appétence pour les randonnées, il sait devoir les faire avec cette raison, qui je le dénonce, lui fait parfois défaut!

 

                                    Robion.jpg

 

       -Parti ce matin de Robion, me voila en compagnie de l’équipage de son ami Hubert. Je veux parler de l’un de ces cycles conçus pour le long court avec éclairage, porte sacoches et autres accessoires qui en font davantage un vélo imaginé pour faire les courses ménagères que de la route. (Cependant, les spécialistes sauront en apprécier la différence.)    

                                                                                                                              -Je note pour lui rendre hommage, moi qui n’est encore rien fait de particulier et pour cause, car je suis nouvelle sur le circuit, que le cycle d'Hubert affiche à son compteur plusieurs raids internationaux. Vous pouvez à présent imaginer l’émotion qui fut la mienne quant au moment des présentations son palmarès me fut évoqué. Pour faire court, il a franchi tous les grands cols des Alpes italiennes et suisses dans le cadre d’un Thonon-Trieste et d’un Thonon-Venise. Plusieurs flèches pascales, des traversées mer-montagne, les Pyrénées, les Alpes françaises (cela va de soi ), des tours en Toscane, en Espagne etc..etc..

 

                                         Hubert, mon compagnon de route

 

                                                                                  Assis: Hubert, mon compagnon de route 

 

      -De Robion, village blotti au pied du massif dont il est question d’en escalader la rudesse jusqu’à son plateau, l’approche se fait en empruntant un itinéraire vélo-route. Il s’agit d’un tracé constitué de toutes petites voies de circulation, peu selon les tronçons, ou pas pratiquées par les véhicules automobiles.

 

                                   Oppéde le Vieux

 

                                                                Oppède le vieux

 

          Une bonne partie du réseau en dessert les hameaux, les villages qui s’accrochent aux pentes de la montagne, et auxquels on accèdent, circuit touristique oblige, par des coups de cul à vous mettre à l’envers. Si le détour en vaut la chandelle, à entendre souffler mon cavalier, je comprends que la répétition des efforts puise dans ses réserves, lesquelles, il le sait, lui seront indispensables pour aborder sereinement l’assaut final.

 

                                                             Clocher du hameau des Rigons

 

        Les Rigons, Oppéde le vieux, Lacoste sont les premières bourgades que notre route permet de longer ou de traverser. Dès sorti du périmètre de cette zone habitable, une piste goudronnée sur l'emplacement d'une ancienne voie de chemin de fer est aménagée au seul usage des cyclistes. Suffisamment rare dans nos contrées,  la route, enfin, nous appartient pleinement!

 

                                           Le Chateau de Lacoste

 

                                                                                 Le chateau de Lacoste

 

        Parenthèses : Depuis deux ou trois décennies, la venue dans ce coin de Provence d’habitants issus du monde de la politique, de celui du spectacle et de la culture en général, fait poser sur ces lieux un regard nouveau. Ils y ont amené une autre façon de vivre, de concevoir l’habitat, jusqu’alors pérennisé par le monde paysan qui sont les autochtones de cette région depuis la nuit des temps.

      C’est ainsi que Pierre Cardin a fait renaître de ses cendres le château du Marquis de Sade tombé en ruines sur les terres de Lacoste, où à présent, chaque année se déroule un festival musical et lyrique devenu célèbre. Michel Lebb s’est appliqué à faire en sorte de redonner du lustre à l’église d’Oppéde le Vieux. Nombreux sont celles et ceux qui ont trouvé dans le Luberon un havre de paix et d’inspirations variées.

       Cependant je ne peux m’empêcher de faire allusion au revers de médaille qu'a généré la venue de cette galerie de gens célèbres aux portraits les plus divers. Je voudrais parler, mais je suis là hors sujet, de l’inflation du prix des terrains et des bâtisses qui met hors compétition les enfants du pays qui souhaitent s’installer auprès de leurs anciens. Ils ne peuvent pas s’aligner face à une concurrence responsable d’une spéculation aujourd’hui devenue déréglée.

 

                    ___________________________________________

 

 

           Le biset qui descend des Alpes et que l’on prend de face me remet l’esprit en place et fait tomber à plat un agacement qui, sans crier gare, était venu clandestinement m’envahir. Que voulez vous, on ne se refait pas, d’autant que sur le sujet, je n’ai pas envie d’en changer ma raison.

      Ayant emprunté sur quelques longueurs la voie conduisant à Apt, Hubert me fait découvrir en contrebas de la route un Dolmen qui rappelle une vie bien avant la notre et celle des artistes qui, pensent ils, peut être, laisseront également une trace de leur passé en Luberon. 

 

                                          Le Pont romain St Jullien

 

       Le pont Saint Jullien, vestige Romain, réservé à présent uniquement aux piétons et aux cyclistes nous permet de sauter le Calavon. La piste aménagée par le conseil général nous ballotte de ses petits ressauts. Elle longe, côté nord, le flanc de la montagne, qui faute de pente étale ses derniers plis pour se confondre avec les accotements du chemin.

      Apt, ville du fruit confit par excellence, porte qui ouvre la voie des Alpes, est traversée sans risque grâce au tracé spécialement conçu pour les deux roues mues par la seule force musculaire ! La piste en direction de Saint Martin de Castillon se trouve à présent en partie ombragée. Elle serpente dans une campagne, où pousse la lavande, de nombreuses céréales et quelques vignes.

 

                                                St Martin de Castillon.

 

                                          St Martin de Castillon. En fond: Le grand Luberon!

 

      La rigolade se termine quand nous laissons le chemin filer vers Céreste pour prendre la voie de communication qui monte vers les villages de Castellet et d’Auribeau. Rien de bien terrible encore, mais la difficulté surprend le promeneur dans lequel je m’étais installé.

 

                                                  Fontaine-du-Castellet.jpg

 

       Ce début d’été est particulièrement chaud au point de faire la course aux fontaines. C’est à Castellet que j’ai, pour un temps, perdu la trace d’Hubert. Plus en forme et plus jeune que moi, il était parti à l’avant à la recherche d’un restaurant sans laisser, comme le veut l’usage, son vélo en vue sur le bord de la route !

     Les cyclistes connaissent les comportements que génère ce type d’incident : À savoir que celui qui se sent largué et ne repérant pas l’indice, se met à pédaler comme un dératé pour tenter de rejoindre son camarade sensé être reparti vers l’avant. Cependant la raison et l’expérience, ont fait que les retrouvailles s’opérèrent selon une logique qui veut qu’à un moment donné, l’instinct ou l’inconscient décide que l’un des deux s’arrête pour patiemment attendre l’autre. La situation redevenue normale quand on veut faire équipe à deux, Saignon fut désigné comme lieu pour notre demi-étape. Un restaurant fut enfin trouvé. Il se faisait temps car sans avoir fumé la moquette, je commençais à voir des parpaiouns * faire la farandole devant mes yeux! 

 

 

                                     .Saignon 

 

                                                                                     Le village de Saignon

 

      Un faux plat montant nous amène à la hauteur d’un long plateau duquel débouche la route venant d’Apt par le col du Pointu. À main gauche se dessine ce qui laisse préfigurer d’une bonne suée à venir. En effet, entre les arbres, au loin, une petite route se faufile en lacets étroits vers ce qui laisse croire à un sommet. Il s’agit en fait d’un leurre. Echappant au regard, d’interminables ressauts resteront à franchir avant d’en atteindre le bout, au prix d’un effort que ce qui me reste de sagesse réprouvera violemment.

 

                                                         Le-col-du-Pointu.jpg

 

      Hubert, à une centaine de mètres se tenait à l’avant. Sans doute pour ne plus entendre mes jérémiades, mais également pour me garder à vue au cas où . C’est un briscard cet Hubert. Il me connaît. Il connaît le vélo, il en sent les choses.

 

                                             Dans la forêt de cédres

 

      Après une multitude d’espoirs déçus, le sommet, le vrai m'apparaît enfin. Une magnifique forêt de cèdres du Liban en coiffe son immense plateau. Surprenant, compte-tenu que nous sommes encore en plein jour, à sa lisière, des sangliers font entendre d’inquiétants grognements. Ce gibier, pourtant chassé à outrance continue de proliférer dans les collines de Vaucluse, causant d’importants dégâts aux cultures de maïs et de raisins en particulier.

      A présent, l’ombre des résineux et la fraîcheur qui s’en dégage, contribuent à me rabibocher. Je sais, pour en connaître le circuit du retour vers la voiture que ce dernier se fera sans avoir à forcer sur les pédales.

 

 

                                                              L'Arche Dans le Luberon

 

 

                                                 Dans le Luberon. Le sentier de la galère

 

                                                                            À pédibus pour aller voir l'arc!

 

 

       Par un crochet à l’intérieur de la sylve, Hubert m’entraîne sur un sentier pour y voir un arc, que les eaux glacières ont creusées dans la roche il y a……. d’années !

 

 

Un grand spectacle champêtre, aux senteurs de sauvagine, m’envahie à la fois par les yeux et le nez. Je suis heureux dans cette nature que l’homme, ici, n’a pas encore saccagé.

 

             Pour le plaisir de l'anecdote, je ne peux pas passer sous silence l'oeuvre originale qu'avec surprise l'on découvre au détour du dernier virage avant d'atteindre le plateau. Il s'agit d'une tour quadrangulaire commandée en 1885, par Philippe Audibert, sculpteur de son état et habitant de Bonnieux.

               Ce monsieur, pour le moins original,  éprouvant le besoin compulsif

d'avoir la mer à portée de sa vue, y fit construire cet édifice qui lui valu de passer pour un fou !

 

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      A noter pour celles et ceux qui voudraient faire l’ascension par Vidauque :

       _Délaissé par les services de l’équipement, abimé par le va-et-vient des troupeaux de moutons, qui eux sont là pour garantir l’entretenir de la montagne, le revêtement n’est plus carrossable pour un vélo monté sur des petits pneus. Dans ces conditions, la pente à près de 20% par endroits, nous amena parfois à devoir descendre de nos montures.

 

                                                      Je commençais à voir des  * Papillons  

 

 

                                                      Au resto à Saignon         

  

 

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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 20:42

                        Semaine de montagne pour les Galéjaïres  

   

                                                                                            Vue sur Le Mont-Blanc                                                                                           

           La semaine de randos des Galéjaïres* de Barbentane s’est prise d’ambition au point de vouloir côtoyer la montagne des grands. C’est à Crest-Voland, tout près de Megève que fut fixé le lieu de nos retrouvailles. Comme il est d’usage, alors que le reste de la saison ses adhérents arpentent les massifs des Alpilles et du Luberon en particulier, le clou de l’année se veut être planté en dehors des sentiers battus.

       Denise et Daniel, membres et animateurs de l’association, résidents saisonniers sur place nous avaient préparé le terrain en nous réservant, entre autre services mis à notre disposition, le lieu d’hébergement et de restauration ‘’Chez Régine ‘’. Ce choix a fait l’unanimité tant par ses qualités d’accueil et de confort, qu'à celui de sa cuisine locale derrière laquelle se cache Robert, tant il fait preuve de discrétion.                                                                                                                                                                    

             Pour une mise en jambes et afin de prendre pied sur le terrain après quatre heures de voiture, Daniel nous amène dans le col des Saisies. Il y a là un sentier aménagé de rondins de bois et de passerelles qui permet de visiter une immense tourbière. Surprenant ce paysage humide entouré de neige et habité par une foule de libellules, de papillons, d’insectes aquacoles, de lézards et autres batraciens. 

       Auparavant, un pique-nique tiré du sac sur les bords de la retenue du lac de Lachat, mouillé par quelques rasades de la boisson de Bacchus qu’un vent d’altitude avait mis à température ont donné l’ambiance à ce départ de vacances. N’allez pas croire pour autant que les Galéjaïres sont des buveurs sans soif. Ils boivent certes, mais toujours avec raison et celle de notre réunion annuelle valait bien quelle soit fêtée dignement !!!. 

      C’est ainsi que débuta notre séjour dans le 73 où, pour certains, ils y découvraient à quoi ressemble le toit de l’Europe avec ses 4810 mètres aujourd’hui, alors qu’il était de mon temps noté à 4807 mètres sur mon livre de géographies.

                                       

      Que dire de toutes ces randonnées proposées par Daniel et Jean, son ami, qui de leurs pas de montagnards avertis nous ont fait marcher sur quelques sommets du Beaufortin et des Aravis. Modestes, certes ces faîtes au regard du géant qui nous toisait, mais ils se voulaient être nos Everests à nous gens de la plaine que nous sommes. 

 

      Tous les soirs, autour d’une table garnie de rafraîchissements divers et relevés d'arômes célestes, Denise et Daniel nous ont accueilli dans leur chalet. Nous y avons parfois refait le chemin de la journée avec les anecdotes des uns et des autres. Le monde, dans sa diversité, à fait l’objet de nos remises en question. Les pauvres, les riches, les chanteurs d’avant, les politiques, les menteurs, les faux culs, les opportunistes ont été passés en revue avec l’accent propre à la sensibilité de chacun, sans jamais toutefois se prendre au sérieux.

       Après le repas du soir, après le café ou le pousse tisane de l’ami Michel, les parties de coinches, parfois endiablées, venaient clôturer la soirée pour les mordus du carton. D’autres choisissaient une flânerie sous la lumière des lampions du village qui donnent aux façade des maisons et aux fleurs des jardins des couleurs bizarres. 

 

                                                      Le repos " montagnard"

 

  Repos mérité!!

 

       Chacune de nos randonnées a apporté son lot de surprises. Je me répète volontiers et sans réserve quand il s’agit de parler de la montagne tellement je m’en sens habité. J’ai aimé les grands espaces des vallées alpines de cette région qui offrent au regard un formidable décor. L’harmonie entre les éléments que l’homme a intégré au milieu naturel, apparaît de bon goût et sans tâche. Pas d’immeuble en béton, pas de tour agressive comme il peut s’en voir d’en nombres de stations. En forêt, les zones aménagées pour le ski dessinent de gracieuses arabesques au milieu des mélèzes et des sapins. Les ravinements provoqués en saison hivernale par le passage répétitif des engins et des hommes, sont remis en herbe dès le printemps afin d’en réparer les blessures.

 

Pique-nique au dessus du col des Aravis

 

 

      En cette fin de mois de juin, avant la fenaison, les près sont teintés de dizaines d’espèces de fleurs dont la palette s’étale d’une nuancier finement composé. Merveille que cette nature sauvage aux senteurs enivrantes sur laquelle butine les abeilles qui n’ont, ici, pas à craindre des pesticides et autres produits phytosanitaires. 

 

 Les sentiers traversent l’habitat des bergers laissant à la vue des chalets d’alpages magnifiquement entretenus. Tout près d’eux, des fontaines coulent d’une eau cristalline. Des panneaux recommandant le respect dû à la nature sont associés à d’autres expliquant la spécificité d’un lieu chargé d’une histoire particulière. 

 

 

Jardin floral au pied d'un chaletPanneau de la

 

 

      Un temps clair et ensoleillé nous permet de ne jamais perdre de vue le Mont-Blanc. Cette masse immobile, image de légendes et d’exploits, symbolise pour certains d’entre nous la caresse d’un espoir de pouvoir un jour le gravir. L’Aiguille du Midi dresse sur notre gauche son pic où, furtivement, il est possible d’y apercevoir la cabine qui monte de Chamonix. Bizarrerie géologique qui parait avoir été posée là en sentinelle, en faction pour surveiller ceux qui ont pris le pari de grimper sur le dos de son illustre voisin.  

 

                                  L'Aiguille du Midi se devine sur la gauche de la photo 

 

 

  Vue sur Le Mont-Blanc

 

     Sans tenir compte de la chronologie de leur déroulement, je vais citer la randonnée du Mont d’Arbois au départ des chalets de la Princesse et de son retour quelque peu chaotique où il nous fallut enjamber plusieurs clôtures électriques afin de retrouver la bonne piste.

      A ce sujet, sans trop de délicatesse et d’élégance je le confesse, ce qui amena quelques plaisanteries auxquelles j’avais prêté le flanc, je me permis de rappeler à mes camarades que la marche rendait certaines zones de notre corps particulièrement humides !!!. Je conseillai donc qu’a leurs passages qui se devaient être aérien, de faire en sorte que rien ne leur appartenant de cette région intime ne touche au fil conducteur. Facile à présent d’imaginer la suite quand l’une de ces dames, par maladresse ou oubli, fut subitement prise de la danse de Saint Guy. Sans que l’incident eut de suite fâcheuse, la dame resta tout de même scotchée quelques secondes au conducteur avant de pouvoir sortir d’une situation pour le moins inconfortable. Divers sons et murmures à la résonance prêtant à rire accompagnèrent la scène à laquelle assistaient des témoins hilares !!!.

      Ma mise en garde me rappelait alors à un souvenir personnel. Quand jeune moniteur de colonie de vacances dans la vallée de la Blanche, près de Seyne les Alpes, je fus la risée de mes colons pour avoir commis l’imprudence de laisser traîner ce qu’il est convenu d’appeler pudiquement son service trois pièces sur l’un de ces fils aux fonctions dissuasives à bien d’égards !

 

                                                  Pierre le kiné,  au lac de Reselend

 

  Pierre m'attendait au lac de Roselend

      Ce matin, Pierre et moi quittons les randonneurs pour une journée vélo. Il est d’usage de convenir entre les amateurs de cyclisme du groupe de faire l’impasse sur une sortie pédestre pour épingler à notre répertoire un ou des cols jamais encore gravis.  Le choix est fait pour le Cormet de Roselend au départ de Beaufort. Le ciel ne nous annonce rien de bon. Cependant l’occasion de nous retrouver dans le coin pouvant ne pas se représenter de si tôt au diable la rincée et nous voila partis à la conquête d’une cime qui viendra étoffer notre palmarès. 

 

 

                                           Ciel! mon vélo

 

                                                    Ma randonneuse à guidon plat ! 

 

      Sachant ne pas pouvoir tenir leurs roues et d’un commun accord, Pierre engraine celle d’un jeune cyclotouriste chargé d’une ribambelle de sacoches qui est sur la route d’un Thonon-Nice. Rando cyclo-montagnarde sous l’égide de la fédération Française de cyclotourisme initiée en 1888 par le Sieur Paul de Vivie, alias Vélocio. Entre deux respirations, fièrement, je saisis la bonne condition pour lui dire, en passant, que dans un esprit identique au sien, j’ai fait un Thonon-Trieste !!!( à lire dans ce blog.)

        De longues pentes à 8% de moyenne m’obligent à mouliner. Quelle bonne idée m’a pris de faire équiper mon vélo spécial montagne d’un pédalier v.t.t, compte tenu qu’aujourd’hui je ne peux plus monter en puissance !                        

     Je suis doublé par de fringants pédaleurs parmi lesquels se trouve une dame qui me dit chercher son mari. Il s’agit en fait du raideur aux sacoches que Pierre accompagne et qui lui sert de…sherpa . Elle aussi est engagée dans ce périple mais sur un vélo allégé au maximum !!!

      Un brouillard épais et chargée d’humidité semble vouloir mouiller davantage que la pluie fine qui s’est mise à tomber. Les pneus collent au sol. Fort heureusement, les courants thermiques montant l’air chaud de la vallée vers les hauteurs me sont favorables. Pierre m’attend au barrage de Roselend qui se situe à 4 kilomètres du sommet. Le moment est choisi pour récupérer, pour la prise d’une petite collation en vue d’en terminer sans risque de fringale.

 

Le Cormet de Roselend.

 

      Le sommet est bouché et très froid au point de ne pas pouvoir prendre le temps de faire la photo ( celle que je présente a été prise lors d’un retour en voiture !!!!)

      Un de plus. Pour rien disent les uns qui n’en connaissent pas l’intérêt. Pour l’effort gratuit et pour tout ce qu’il nous apporte. Pour le fun, pour le plaisir d’exister en cherchant à faire corps avec les éléments qui nous entourent. Pour garder le plus longtemps possible le sentiment d’avoir un corps vivant je veux continuer vers ce type de conquête que certains juge inutile .

 

                                                  En route vers le Mont-Joly

 

    joly arete

 

      Je reviens à la randonnée pour vous parler du Mont-Joly au départ du Planay ( j’ai pu lire également Planey ). Elle avait été annoncée costaude par Daniel et Jean. Aujourd’hui deux accompagnateurs pour nous. Un luxe que nous avons apprécié tant leurs informations et leurs conseils nous furent utiles pour éviter de se griller avant que l’objectif ne soit atteint. Dès les premières foulées, dès que le sentier eut pénétré dans la forêt mon souffle s’accéléra ( j’étais ce jour là le doyen de la troupe). Muscles, cœur et poumons étaient à la tache pour faire avancer ma vieille carcasse qu’il fallait que je ménage, sachant que sur le final, deux coups de culs rester à passer !!!.

 

                                                 Le Mont Joly

 

Le Mont Joly

 

       C’est lors de cette randonnée que Michel le Parisien, prit le pari de ne pas faire d’arrêt, pour, pensions nous, vouloir nous couillonner et nous faire marron au sommet !!!.( Nous saurons plus tard qu’il avait un problème au tendon d'Achille et que redémarrer après les arrêts le faisait souffrir )

 

                                      Michel le Parisien

 

                                                          Michel ...le Parisien

 

     Des fleurs, encore des fleurs. Sauvages pour la plupart et puis celles plantées autour des fontaines et des chalets d’Hermance (écrit parfois Hermence) foisonnement dans leurs diversités. Géraniums primaires où zonales, marguerites blanches, trèfles des Alpes, pensées et tant d’autres espèces tapissent les prairies pour le plaisir des yeux.

       Les arrêts de récupération et de rassemblements sont orchestrés par nos guides afin de préserver le plus longtemps possible une homogénéité au groupe. Il est en effet impossible d’imposer à 20 personnes de marcher au même pas, à moins d’en calquer l’allure sur celui ou celle qui serait le ou la moins rapide. Dans le cas présent il fut laissé la liberté à chacun d’avancer selon sa cadence et d’attendre au point fixé afin que soit reformé l’ensemble pour un nouveau départ.   

 

                                                               Les lupins 

 

  Les Lupins

 

      A présent, face à nous, se dresse un long pilier sur lequel un sentier s’accroche au prix de multiples lacets. Deux options sont alors proposées, une autre voie permettant d’atténuer la dénivelée du terrain grâce à une piste plus longue. Après une entente avec Daniel, Jean décide de passer par cette fameuse épaule qui part sur la gauche entraînant avec lui Christiane et……moi, qui sans trop me faire prier accepta de les suivre !!!.                                                             

      Un mur à gravir dans les rochers, où la pente est raide au point de devoir monter les genoux au niveau du menton pour en franchir les obstacles, nous tiendra 50 minutes en haleine. Les batons raccourcis à leur minimum sont là indispensables pour économiser ses forces. Montagnard s’il en est, Jean nous tire d’un pas régulier vers un sommet que l’on voit enfin se rapprocher. Un long faux plat montant nous amène au pied de l’ultime raidard dont la pointe sonnera pour nous l’aubade de la délivrance.

      Avec une finesse qui en dit long sur sa galanterie, discrètement Jean s’écarte du sentier pour offrir à Christiane la primeur de l’ascension. Une table d’orientation nous situe par rapport à l’environnement. Plus original, une boite aux lettres protège un carnet qui appelle aux commentaires des grimpeurs. Par l’autre voie, par petites grappes l’on peut y voir monter celles et ceux que Daniel a bousté pour les amener à ce qui représentera pour nous et pour aujourd'hui....le toit du monde. 

       L’air est vivifiant. L’altimètre me précise que nous sommes à 2525 mètres.

                               

       La montagne se gagne en y mettant le prix qui permet  d'en atteindre l'objectif visé. J’en modifie consciemment le slogan publicitaire qui voudrait laisser croire quelle s’offre sans contrepartie. La montagne se mérite, elle n’est pas Dame facile mais je l’aime comme elle est.  

                                                                                                                                            

      Une autre petite. Là je blague un peu, j’ironise, car pour nos guides elles sont toutes présentées faciles les randonnées et pourtant même celle au départ du col des Saisies, donnée comme une promenade de santé par nos accompagnants, n’était pas si aisée qu’ils ont bien voulu nous le dire. Preuve est faite par les deux Croix que l’on rencontre sur le circuit et qui, sans en connaître l’histoire, m’interpellent quant à leur signification en ces lieux !!!.  

 

                               Chez Annie                                                                                                       

     Enfin je ne peux pas terminer la conclusion de mon récit sans faire état de la tartiflette mangée chez Annie à l’alpage de La Bellastat ( qui signifierait placé en bonne situation pour un point de vue exceptionnel sur son environnement! ) 

    Journée mémorable qui est venue conclure notre séjour dans le pays du reblochon et du Beaufort. Pas donné non plus le chemin pour y arriver. Remarquez il fallait ça pour nous creuser l’estomac afin de pouvoir y accueillir l’assiettée monumentale de ce plat oh combien honni par les diététiciens !!!. Je passe sur le vin blanc servi à l’apéro et sur la bouteille de gniole que chacun avait loisir de se servir en guise de trou Savoyard. Je passe également sur l’entrée, le fromage et le dessert au risque d’être victime d’une indigestion rétroactive !!! 

     Au diable le régime quand on crapahute journellement, et puis l’exception n’est elle pas le meilleur chemin pour prendre conscience des débordements et nous ramener à la règle ?

 

                                                              Chez Annie

 

Halte rafraichîssements en rentrant du Mont-Joly...suite

 

                           Bien d’autres choses étaient à raconter, mais je me suis limité à faire le tour de ce qui à retenu prioritairement mon attention.

 

      Je tenais, au nom du groupe, à remercier Denise et Daniel pour leurs attentions et pour leur travail de préparation à notre séjour. Ils ont été les artisans de sa réussite à laquelle a bien voulu se joindre une clémente météo.

  

                         L’équipe des Galèjaïres de Barbentane remercie également Jean pour son aide en rando et Jackie, son épouse, qui a tenu à nous accompagner alors qu’elle est encore en convalescence. Nous lui souhaitons de retrouver rapidement son pas de randonneuse au long court. 

                             A l’an prochain pour un nouveau séjour et …………...............

                                sé sian pas maï, qué ségen pa men

 

                                                       Qui a dit facile..........

  

* Galéjaïres: Raconteurs d'histoires que le narrateur arrange à sa façon. Plaisantins

 

     

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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 20:58

                                                      De Rognonas à Rémuzat  

                          

                        Quand la confusion des genres vous entraîne à une cohabitation insolite !

                                              ( Je parle là de cohabitation entre vélos! )

 

 

         Résumé des trois jours cyclistes organisés par : Michel Durand, Rémy Lagnel et Jacques Vachet. (Noms cités par lettres alphabétiques)

                      Coordinateur dans le cadre du déroulement du séjour: Patrick Chetcuti

                                                    Article en cours de remise en page.

 

                                                          Rognonas:  La photo du départ

 

                                             La photo du départ

                           Désigné volontaire par Michel pour retracer quelques faits de la sortie annuelle du groupe cycliste de Rognonas,( B. du. Rhône ) je vais reprendre pour la circonstance quelques termes déjà employés lors d’un récit à paraître prochainement sur mon blog. Je vais, à certains passages, laisser à ma randonneuse le soin de vous raconter la bévue d’un cyclopathe.

 

       Rognonas Jeudi 17 Mai 8 heures. Départ du groupe ‘’dit des moins rapides’’

                         Devinez qui est l'intrus? Ne cherchez pas d'autres vélos cyclos!

 

                                        Devinez qui est l'intru!!

             __Mon acolyte, mon associé, mon partenaire a pris, pour des raisons qu’il a tenté de m’expliquer, la décision farfelue de m’utiliser comme monture pour ce 12raid, devant rallier notre cité des Bouches du Rhône à Rémuzat dans la Drôme.

            __Sans pour autant en faire un complexe, le confort que j’offre à mon cavalier explique les 14 kilos qu'il va devoir se trimbaler sous la selle. Cela étant, la peine au c..adre, j’ai rapidement compris que je ne pourrai pas, dès que la pente s’élèvera, le faire jouer dans la cour des grands !

      __   Guidon plat, sacoches latérales gavées jusqu’à la gueule et garde-boue par précaution, marquaient une différence que je savais fatale au regard des coursiers qui m’entouraient sur la place publique du village. Ceci dit, je n’ai point fait l’objet de réflexion désagréable, mais nombre d’interrogations sont venus interpeller, sourires en coin, celui qui voulait encore croire à une sortie de cyclotouristes !

 

                                          1er ravito à Entraigues

Entraigues. Pas facile le "ravito" au milieu de la fête!!!

 

      Sans encombre, la première heure et demie de route nous a conduit à la pause café imaginée à l’entrée de Bédarrides. L’imprévue fut la fête et ses contraintes de circulation qui faillirent nous laisser repartir le ventre vide et le gosier sec, l’intendance qui assurait le ravitaillement s’étant vu barrer la route du rendez-vous. Rusés comme le sont les anciens, Justin et la caravane de suiveurs trouvèrent la faille au système pour faire en sorte que la troupe se restaure et s’abreuve comme le voulait le programme de marche de l’étape. 

  

                                              Rémy, le Capitaine de route

                                                                   Capitaine Rémy

 

      __Un petit vent, pas franchement de face, mais suffisamment gênant pour que j’y cherche un abri salutaire nous accompagne tout au long de la remontée du Plan de Dieu. Michel et Rémy, capitaines de route retenus pour réguler l’allure à 23 de moyenne veillent à ce que personne ne perdent pieds ou pédales.

      Il faut que j’apporte là une précision qui a son importance. En effet, depuis le départ de Bedarrides et comme convenu, la réunion des deux groupes s’est effectuée sur le rappel des organisateurs . Rapidement et sans pouvoir en maîtriser les conséquences, des fourmis taquinèrent les jambes des ‘’meilleurs’’ chez lesquels, dans le non dit, l’impatience les amena à mettre du braquet…..

       Derrière, c’est un peu dans la pagaille que nos capitaines reconstituent un groupe homogène des ’’dits moins rapides’’. A la fois pour ne pas priver les bons rouleurs qui naturellement se détachèrent petit à petit vers l’avant, mais surtout pour faire en sorte qu’aucun des membres du groupe ne se retrouve seul à l’arrière.

      Le train est en route avec pour point de passage Rasteau, à la droite duquel le Mont-Ventoux nous salue de toute sa hauteur. Dans l’attente du regroupement général et à l’occasion que lui donnait un grand rond-point, Roger se donne l’occasion de faire ‘’des tours de manège gratuits '' à l'allure d'un pistard. Viennent ensuite les villages de Villedieu....Mirabel aux Baronnies.

                                        Le rire avant la galère

                                         Le sourire au photographe...avant la galère! 

 

      __A la sortie du village, rapidement une petite montée laisse place à des coups de culs menaçants de désarçonner mon cavalier de la selle. Ses gestes pour changer le rapport de mes dérailleurs se font brutaux au point de me faire grincer des dents. Le souffle lui devient court sans toutefois le priver de propos râleurs en direction de tous, de tout. Plus précisément en sa direction et au constat de son impuissance à pouvoir suivre ses camarades de tête.

     __Même si mon poids le fait souffrir, je l’entends murmurer de la gratitude à l’endroit de la ‘’moulinette’’ dont je suis équipée. Mon tri-plateaux de v.t.t, dont certains se demandaient à quoi il pouvait servir, à part vouloir grimper aux arbres, lui permet d’avaler des pourcentages allant au dela des 14% , alors que certains coursiers, faute de braquets ont fait poser pieds à leur monture.

 

                                                Pierre-m-a-largue-.jpg

                                                     Pierre vient de me "larguer"!

 

       __Le groupe s’effiloche. Je sens à présent son coup de pédale animé par quelque chose de l’ordre de l’orgueil, doublé d’une expérience dont au fil du temps il a en amassé les acquis. Le voila en position de remonter quelques uns de ses condisciples. Tantôt debout, les mains serrant le guidon, les ongles m’entaillant mes poignets de mousse, hargneusement, il avance.

       __Il refuse de se laisser terrasser par ce bout de montagne. Il maîtrise à présent la douleur aux cuisses que lui inflige des flux d’acide lactique. Il utilise toute l’énergie de son corps. Son allure, toute réduite soit elle, est en concordance avec ses moyens physiques. Il double, certes au pas, mais sur le vélo ‘’dès en panne de jambes’’, dès moins expérimentés, dès coursiers au dentier défaillant d’une couronne de secours.

      Des ‘’j’en ai marre ’’, mi-chantés, mi rageurs annoncent la proximité d’Anthony qui courageusement remonte sur son vélo. Voulant tromper sa fatigue, oubliant sa galère, le voila reparti, déclamant à haute voix un texte de sa composition. Enfin, vélos et bonhommes, tous ayant réinvesti leur monture, franchissent le col de la Croix Rouge.

 

                                                   DSC03426.JPG 

                                                       Anthony.......C'est reparti

 

      Sans vouloir faire d’analogie au risque de blasphème, les Pierre, les Paul et les Autres, avons, au regard de notre difficulté à toucher le terme de cette demi-étape, vécu le sentiment d’avoir eu dans cette côte à tirer…..un symbole expiatoire !.

       Au terme de l’effort, qu'il fut bon de voir sur cette petite esplanade de Châteauneuf de Bourdette les voitures portant le ravitaillement et toute la logistique. Qu’il fut agréable de s’entendre complimentés par nos accompagnateurs. Par ces dames, ces hommes et leurs enfants, qui au-delà du dévouement qu'il nous affiche, sont à tous égards de précieux soutiens. 

 

                                                  Col de la Croix Rouge

 

                                          Le col de La Croix Rouge. Roger en tête.

                                     Au col de La Croix Rouge...Roger a placé une mine.....

 

       Après le repas, il restait du chemin à faire pour rallier Rémuzat. Cependant nous étions rassurés, la route sera facile nous a-t-on dit, le détour par le col du Soubeyran étant réservé aux costauds.

      Une descente nous conduit dans la vallée de l’Aygues ou Eygues. Un long, mais léger faux plat mené à un train de sénateur grâce à nos métronomes de capitaines, nous dépose enfin au terme de cette première étape qui restera marquée de sa Croix. Mais au fait, pourquoi rouge ?   

 

                          Une partie du groupe au départ de Chateauneuf de Bourdette

 

                                          DSC03443.JPG

 

                                                                      ___________

                                            

                                                                         Rémuzat

 

 

                            J’ouvre là une parenthèse,car il ne peut pas se parler de Rémuzat et de ses alentours sans évoquer le retour des vautours fauves qui, réintroduits en 1996, peuplent grandement le Rocher du Caire qui surplombe le village. Il s’agit d’un animal dont l’envergure peut approcher les deux mètres soixante et dix pour un poids de sept à onze kilos. Il nous fut possible de les voir tournoyer par dizaines, cherchant les courants ascendants afin d'atteindre une altitude suffisammant importante pour pouvoir repérer leur nourriture.

 

                                          Vautour fauve

 

                                           Le vautour fauve

 

       L’oiseau vit en colonie. Celle qui occupe le secteur compterait plus de cent individus qui vivent protégés et pour grande partie, nourris par des animaux provenant de l’équarrissage. Pratiquement exterminé pour les fables dont il était chargé, le vautour fauve est inoffensif pour l’homme et pour le monde vivant. Sa particularité étant de ne se nourrir que de bêtes passées à  trépas.

                                                        ___________________________

                                

                                             Les Lavandes et le rocher du Sire

 

       Les Lavandes et le Rocher du Sire :Tel est le nom du lieu qui nous accueille au sein du village de Rémuzat. Toutes et tous vous diront que le choix porté par les organisateurs sur cette structure ne souffre d’aucune réserve, tant au plan de l’hébergement qu'à celui de la restauration. Les repas sous forme de buffet offrent à volonté des entrées diverses et variées et un ou deux plats chauds finement cuisinés. Les vins sont de qualité. Quant aux petits déjeuners, ils proposent un festin tellement ils sont fournis en croissants, en confitures, en beurre, en fromages et charcuteries. Chocolat, lait, café, jus de fruit sont à disposition pour faire glisser !!!!       

 

      Vendredi matin:Après avoir goûté au repos du juste, après avoir entendu Patrick nous dire que pour lui la pluie ne serait pas une raison pour faire abstinence de vélo, il est laissé à chacun le soin de choisir son programme. Pour ce qui fut la décision de la grande majorité des cyclos, l’orage menaçant a eu raison de leur bravoure.

 

                                            Plan d'eau de La Motte chalancon-

                                                     Le Plan d'eau de la Motte Chalancon

 

               Une fois le petit déjeuner pris, qui de petit n’eut que l’appellation, nous fûmes invités à nous rendre à la salle de….fitness afin de rappeler à notre organisme son devoir de maintien….Chacun dans la bonne humeur y est allé de sa séance de musculation. Les dames en particulier se sont montrées combatives face à ces montres de ferrailles qu’elles faisaient grincer de toutes leurs articulations en tirant, poussant, soulevant leurs poids de fonte. Le jeune Hugo suscita le respect des grands après qu'il eut couru une distance impressionnante sur le tapis dit de marche.         

       L’après midi :Familier du coin, Roger nous a concocté, au départ de Rémuzat, une séance de décrassage d’une cinquantaine de kilomètres. La campagne est magnifique.

 

                                      Vue de La Motte Chalancon

                                                        La Motte Chalancon

        

                 Les pluie de printemps l’ont rendue verdoyante à souhait. Le temps se présente sous de meilleurs auspices que ce matin, un petit vent du nord vient de chasser les nuages d’un ciel à présent prometteur. Le premier village traversé : Cornillon sur l’Oule, présente les caractéristiques des sites de moyenne montagne. Viennent ensuite La Motte Chalancon et son plan d’eau, la Charce et son château. Une petite incursion dans les Hautes Alpes et nous voila au Buis ou Bruis selon les sources. Le dernier village sera Montmorin et le pied du col des Tourettes.

                   

                                               chateau-la-charce     

                                                                 Le château de La Charce

 

             Rien de méchant pour ce qui concerne les pourcentages, mais une légére montée sur les 25 kilomètres du demi parcours a réveillé quelques traces de courbatures cachées dans les muscles profonds. Souvenirs d’hier attachés à la grimpée du col de la Croix Rouge !!! .

       Facile le retour et pour cause, le vent nous vient dans le dos et ça descend !!!

      Samedi : Nous voila arrivés au terme du séjour. Ce matin carillonne le retour sur Rognonas. Le petit déjeuner est pris dans une chaleureuse ambiance. Rien de particulier à cela, car elle fut à l’ordinaire en toutes occasions et circonstances tout au long de notre escapade en Drôme Provençale.

       Les valises sont prêtes à être chargées dans les voitures de nos convoyeurs. Précieux secours que sont les bénévoles du club pour ce type de déplacement.

       Les bidons approvisionnés en eau, mes sacoches pleines de tout ce qui en fait aurait pu m’être épargné comme poids à transporter si j’avais opté pour mon tout carbone, marque ma détermination à vouloir boucler l’anneau des 300 et quelques kilomètres de ce parcours sélectionné pour les membres du groupe auquel j’appartiens.

      Pour ce début d’étape, la séparation du convoi se fait dès les premiers mètres après le départ. Le peleton de Patrick, de Roger, de Jacques, de Luc, de…..et auquel s’est joint Hélène, partiellement rétablie de sa chute v.t.t, débute leur retour par l’ascension du col du Soubeyran. Pour ce qui nous concerne, nous empruntons une partie de l’itinéraire de l’aller en descendant les gorges de l’Aygues.

     Changement de direction à Curnier. La route qui part sur la gauche en direction de Sainte Jalle présente sur une bonne douzaine de kilomètres une légére déclivité qui ne nous est en rien favorable. Quelle merde ces côtes qui n’en sont pas vraiment et qui insidieusement usent les organismes jusqu'à la corde sans que l’on y prenne garde, pour peu que l’on veuille enrouler du braquet.

                                                 

                                    Ste-Jalle.jpg

                                                                  Ste Jalle

 

      Le début du col a eu raison de l’un des membres de l’équipe féminine……qui a dù, provisoirement, monter dans la voiture de secours. Elle reprendra le vélo par la suite.

     _j’en reviens à vous parler de mon pilote qui doit à ma réserve de braquets la chance de pouvoir rester sur sa randonneuse. Dieu sait pourtant qu'il connaît le coin pour l’avoir pratiqué. D’ailleurs c’est sans doute grâce à cette connaissance qu'il gère, car dans la situation qu'il manifeste, il faut savoir gérer !!!!

      _Chaque mètre est à gagner sur l’envie de poser le pied à terre. Tous les prétextes lui seraient bons car il sait user de stratagèmes le cas échéant pour justifier un arrêt. Pour lui et vu son âge, il y a la prostate !!!. On ne rigole pas avec ça, une envie de pisser ne doit pas en principe devoir se refouler. Mais voilà, il a derrière lui quelques camarades et puis il y a Annie et Rémy son aide, son chevalier servant pour la circonstance. Alors pour le principe, pour le fun, pour la conquête d’un illusoire palmarès, il se redonne comme ambition la conquête de ce col de Peyruergue, certes sans panache, mais….sur son vélo ! 

                                       Col de Peyruergue

     Le rassemblement général des cyclistes et du staff d’accompagnants nous accueillent aux clameurs de leurs appuis sonores. Tout cela est bon enfant et suscite en moi des émotions dont le temps n’a pas altéré les souvenirs heureux. Ceux pour l’ascension des cols des Alpes dans le cadre d'un brevet cyclo-montagnard en particulier, où la famille attendait mon passage pour ensuite rallier le prochain col pour d’autres encouragements. Souvenirs où mon épouse, mes enfants, ceux des amis et d’autres, anonymes, passionnés, nous proposaient rafraîchissements et de quoi nous restaurer.

      Les kilomètres s’accumulant nous amènent à Entrechaux, lieu noté sur le bloc-notes comme étant celui de la mi-étape et du pique-nique de la journée. Une aire trouvée à la sortie du village nous offre un cadre où se poser. Le travail de nos amis de la logistique est à nouveau à citer. Tout est mis à notre disposition pour nous permettre de profiter de ce temps de récupération dans les meilleures conditions possibles.

       Tous les sportifs vous le diront, les arrêts prolongés saturent les muscles car ils bloquent l’élimination des toxines, d’où des jambes lourdes pour enfourcher le vélo pour la dernière….ligne droite avant le… port !!!

 

      Ma randonneuse aurait pu vous le raconter, mais je ne veux pas la faire culpabiliser car elle n’y est pour rien. Alors c’est moi qui vais vous parler de ce fameux coup de mou, de moins bien, comme disent les pros’ et qui sournoisement s’est abattu sur moi aux alentours de Malaucéne et même un peu après. Je me suis retrouvé complètement à la ramasse sur deux dizaines de kilomètres, allant jusqu'à compter les bornes hectométriques…c’est vous dire.

      Heureusement que dans ce club il y a des Zorro’. A tour de rôle, un système de noria s’est mis en place avec Roger, Rémy, Raphaël, Patrick et de nombreux autres pour me ramener du fin fond du trou vers une place honorable. C’est ma randonneuse qui était fière de se voir entourée par les purs sang de chez Spécialized, de chez Willier et dès je ne sais encore coursiers plus rutilants les uns que les autres. Blottie au sein d'un peloton dont les hommes de tête donnaient un tempo digne d'une rentrée au bercail, elle sut y trouver sa place. Pour ma part, suffisammant requinqué pour rester dans les roues, je pouvais enfin lui offrir la chance de cotoyer les vélos de fringuants jeunes hommes et celui des deux dames qui avaient résité à leurs assauts. Sa récompense fut  d’être honorée de cette conclusion heureuse. La mienne, d’avoir su serrer les dents!!!!.

                                           _______________________________________

 

                                                      L'intru

       Ce choix de vélo est à classer dans le domaine d’un affect particulier que j’ai pour ce caractère de cycle lorsqu’il s’agit de rouler à la journée. J’ai, en effet, le souci de rester autonome en ravitaillement d’appoint, en vêtements de rechange et de pluie au cas où.

       Si, comme dans le titre, je parle de cohabitation insolite à cause de l’aspect marginal de mon vélo, si la curiosité de mon choix me valut quelques galéjades, j’ai pu, grâce à lui, bénéficier de la compassion de mes camarades qui, pour certains, m’ont attribué le mérite d’assumer mon brin de folie.

 

 

                                               DSC03549.JPG

                                                    Anthony et Rémy, son coach!

 

 

          Notes : Je me donne le droit de décerner les palmes du courage aux dames du groupe. Je regrette pour celles, qui à bout de force, n’ont pas pu atteindre le terme de cette étape, malgré le fait d'avoir battu leur record de distance.                   

  Un accessit au jeune Anthony qui est allé, non seulement au bout de son périple, mais au delà de toute distance parcourue en une seule étape.

Je regrette pour Michel qui s'est dévoué pour cette réussite et qui, pour les raisons que nous connaissons, n'a pas pu s'entraîner comme il l'aurait voulu.

  Merci à tous les membres organisateurs de ce raid, à tous les accompagnants et.... à l'an prochain si............  

                                                            _______________________________

 

                       Les photos sont de Patrick Chetcuti, à l'exception de certaines illustrations prises sur le net

                 

 

 

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 21:29

 

                        Dans mes pas anciens (suite et fin. )

                                                                   

                                                                

                                                           Notre Dame des Neiges

 

  N.D des Neiges. Briançon 

               Durant ce séjour dans le Briançonnais nous n’avons pas eu de disponibilité pour le farniente. Pas une occasion de relâche, les conditions climatiques du moment étant favorables il n’y eut pas de place pour les grâces matinées……..et puis.... c’est bien connu, les retraités n’ont pas le temps….

        L’idée première de cette semaine à la montagne était de skier au Montgenèvre, mais la motivation d’une partie de la troupe se trouvant défaillante, c’est la randonnée qui en prit le relais. Cette décision vécue comme étant discrétionnaire, et tenant à soigner leur frustration, un groupe osa, pour une journée, l’audace de faire scission prenant pour prétexte le devoir….de faire prendre l’air aux spatules.

 

       Après la visite des forts autour de Briançon, celle du hameau des Combes via Puy Chalvin et la chapelle Saint Laurent, après notre épopée au départ de Cervières, il est décidé d’aller voir du coté de Puy Saint Vincent, d’Ailefroide avec, pour moi, le secret espoir de rallier le Pré de Madame Carle.

 

 

                                           Briançon et alentours.2012 006

 

 

       Vallouise : Un marché paysan nous accueille avec ses senteurs de fromages, de charcuteries locales et diverses dont les aromes seraient capables de faire saliver et tomber en fringale tout déficient en appétit.

                                              

         La visite du village nous met face au contraste d’une évolution, laquelle au fil du temps a conduit l'ensemble à la  cohabitation d’un passé de plusieurs siècles à celui de constructions de l’ère moderne. Au centre de tout cela, monumentale, une l’église romane comme il s’en trouve ordinairement en montagne dresse fièrement son clocher. Lieu de culte impressionnant fait de pierres et de bois

 

                       P1010151P1010149

pierres et de bois. Sans doute construit pour répondre à un besoin d’accueil d’une population plus importante qu’aujourd’hui et à une pratique religieuse plus fervente que celle rencontrée de nos jours. L’autel et le baptistaire, en particulier, relèvent d’un art riche en sculptures et ornements de style flamboyant.

 

                                            P1010158

 

       Après la découverte de quelques curiosités qui semblent attendre patiemment l’été et les touristes, après les séances photos qui se voudraient spontanées mais sur lesquelles chacun y prend une pose parfois curieuse, le cheminement nous conduit à Pelvoux les clos.

 

                                           A Pelvoux les Clots

 

 

      C’est au pied d’une conduite forcée destinée à alimenter en eau une centrale hydraulique voisine que se prendra le départ effectif de notre randonnée. Via le petit tunnel, la route qui conduit au Pré de Madame Carle est fermée. Un éboulement en serait la cause. Cet incident ne porte en rien préjudice à notre objectif qui est de rejoindre le site convoité par un sentier.

 

                                             Briançon et alentours.2012 002

 

       Il est bien tracé. Empierré depuis des siècles, entretenu sans doute par les bénévoles d’une association locale, il serpente entre les rochers et les espaces herbeux. Loin de toute civilisation urbaine l’on y rencontre des chalets faits de bois et dont le style embrasse, sans lui faire blessure, un environnement agreste à souhait. 

 

                                    Sur le sentier conduisant à Ailefroide

 

       Ce début de saison, et en dehors des vacances scolaires, la montagne nous est acquise sans restriction. Elle n’est pas surchargée de son aréopage estival. Elle est propre. Les pluies d’automne, puis la neige en ont lavé les salissures laissées par quelques promeneurs peu scrupuleux ou irréfléchis qui l’été précédent l’ont pratiquée en dehors de toute considération .

 

                                             Pelvoux.Cascade de l'Eychauda. Photo internet

 

          Timidement, crocus et anémones pulsatiles font leur apparition. Le bruit des cascades se fait de plus en plus précis à la mesure de notre progression en altitude. Les gros névés alimentent leur débit dès que le soleil en caresse la surface puis deviennent muettes la nuit et le froid revenus.

       Un torrent sur lequel devait exister une passerelle stoppe le groupe. Pour le franchir il faut descendre à même son lit ce qui rebute quelques membres de l’équipe. Abandon de circonstance ou de guerre lasse seront les prétextes revendiqués par les copains alors que je décide les plus courageux ou les plus fous, comme diront certains, à me suivre en direction d’Ailefroide.

       Un peu avant le cœur du village, des parois équipées pour l’escalade rappelle que nous entrons dans l’un des hauts lieux de l’aventure en montagne. A partir de 1840, les plus grands alpinistes du monde ont planté dans ses falaises leurs ‘’clous’’ à la tête frappée de leurs initiales quand il s’agissait pour eux de faire ’’une première’’. Ce signe particulier authentifiera leur exploit et explique que leur nom en désigne la voie sur les topos-guides.

 

                                          La fissure d'Ailefroide froide

 

          Lionel Terray ouvrit quant à lui ‘’La fissure d’Aile froide’’ ( 6 longueurs ) au cours des années 1941-43. Jean Michel Cambon réalisa de nombreux travaux sur les sites alentours. Plus tard et pour une pratique spécifique à la varappe, Patrick Edlinger sécurisa l’une des premières longueurs de cotation 8 A plus.

 

 

                                        Patick Edlinger. Photo internet

 

                                      Patrick Edlinger, précurseur de l'escalade moderne.

                       

 

       Ceux qui ont été nommés les conquérants de l’inutile continuent à attirer sur Ailefroide et plus largement sur tout le massif des Ecrins, des centaines et des centaines de passionnés pour, modestement, pouvoir mettre leurs pas dans ceux de ces hommes de l’extrême.

       Le jour commence à décliner et contrairement à la randonnée de Cervières où j’ai pu aller au ‘’bout’’, le Pré de Madame Carle ne sera pas atteint.

       Je me console comme je le peux en abondant dans le sens de ceux qui pensent que les frustrations sont nécessaires pour réveiller les ambitions, pour alimenter nos projets à venir. Le rappel de ce fragment de philosophie me rend optimiste quant au désir d’une prochaine visite des Alpes briançonnaises

 

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       Pour le retour sur Morières nous décidons, pour la pose pique nique, de faire la visite du site de l’abbaye de Boscodon.

 

                                         Boscodon-abb

 

      J’ai un faible pour ces édifices qui ont abrité et abritent encore de nos jours, au-delà des religieux, des hommes qui ont valorisé des territoires jusqu’alors incultes et dont personne n’aurait osé parier sur leur réussite. Ils ont défriché, désempierré des hectares de terrains, monté des murs et conduit les étapes jusqu’à de la fructification de leur entreprise. Outre Boscodon, a voir le monastère sur l’ile de Saint Honorat, celui d’Aiguebelle, de la Grande Chartreuse et tout près de chez nous celui de Saint Michel de Frigolet qui vivent essentiellement des revenus de leurs recettes dans le domaine de la distillation, de la fabrication de sirops, de l’élaboration de leurs vins, de leurs fromages et de leur artisanat. 

 

                                         Boscodon-egliseN

 

      Située sur la communes des Crots, près d’Embrun dans les Hautes Alpes, Boscodon a été édifiée à partir des années 1142 par les moines de l’Ordre monastique de Chalais. D’architecture romane, sa restauration qui aujourd’hui touche à sa fin, se présente, au travers de la simplicité de ses lignes comme une œuvre digne des plus belles réalisations du type Cistercien primitif .

 

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  St Michel. Savines 

       La semaine auparavant, à l’aller vers Briançon, nous avions repéré le niveau bas du lac de Serre-Ponçon au point de pouvoir rallier à pied sec la chapelle Saint Michel. Juchée sur un ilot, elle n’est qu’exceptionnellement accessible depuis les berges et l’accoster en bateau est formellement interdit. L’opportunité de pouvoir y aller nous amena à faire un second arrêt.

  

Savines-le-Lac

 

        En temps de remplissage maximum, l’eau qui affleure ses murs la rend fragile au point de la voir soumise aux caprices des vagues. Construite un peu à l’écart, elle reste le seul vestige du village ancien qui fut noyé avant que ne furent détruites toute ses maisons et son église.

       Ainsi se termine, pour cette saison hivernale, notre semaine en montagne……en attendant celle qui devrait, fin juin, nous conduire près de Megéve et non en Vanoise comme cela était prévu….mais après tout…..pourquoi pas Megéve.......

 

                                                    A plus tard.....pour un prochain article sur.....?

 

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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 16:06

 

                                     Marches dans mes pas anciens : troisième chapitre.

 

                                    Au départ de Puy Chalvin

 

 

                               Briancon-et-alentours.2012-065.jpg

 

 

                 De Villard Saint Pancrace où nous sommes logés, une route est à prendre au pied de Briançon, face à la gare de la remontée mécanique du Prorel. Un trajet de dix kilomètres en voiture et nous voila rendu à Puy Chalvin. Plus exactement à la chapelle Saint Laurent après avoir emprunté, faute d’en avoir vu le panneau, une piste interdite aux véhicules à moteur !!!!!

 

                                        Saint Laurent…..pour l’histoire !

 

 

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                 Au temps du pontificat de Sixte II, Laurent qui était l’un des Diacres de l'Eglise romaine connut, parmi d’autres martyres, une fin peu ordinaire.

      Les Diacres étaient à cette époque les gardiens des trésors de l’église. Ingenuus, empereur sanguinaire, tortionnaire des chrétiens, ordonna à Dacien son préfet, de quérir Laurent afin d’obtenir de lui qu’il donne à Rome tout ce que son église était sensée détenir comme biens.

      Laurent demanda pour cela du temps à l’empereur afin de réunir, ce qui à ses yeux, représentait le mieux la richesse. Au bout de quelques jours il revint vers lui et lui présenta une foule de jeunes enfants que ses guerres, ses massacres avaient rendus orphelins et que son église prenait en charge.

      -Voici à vos pieds la richesse de mon église dit Laurent à l’empereur. Je n’ai en effet plus que sa générosité, celle du cœur à vous offrir. Le reste, le trésor que vous convoitez n’est plus. Il sert depuis longtemps à soulager la misère d’un peuple que vous affamez.

       Fou de rage, humilié publiquement, l’empereur le fit supplicier par le feu en le condamnant à périr sur un gril le 10 août en l’an 218 de notre ère.

      Reconnu comme martyre, Saint Laurent a été canonisé de fait par le culte que lui voue depuis des siècles les chrétiens du monde.

       Il est le patron des pauvres, des malheureux et des orphelins.

 

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                 Il fait un temps superbe. Un sentier au long duquel sont installés des fontaines taillées dans du bois de mélèze coulent à profusion d’une eau cristalline. Si à l’Ubac la neige marque sa détermination à vouloir prolonger l’hiver, l’Adret dégouline en ruisselets. Le soleil jouant de ses rayons en fait scintiller les cascades. Au gré du mouvement de leurs eaux, des reflets d’argent donnent à la montagne l’impression de nous faire des clins  d'oeil.

 

                                  Briançon et alentours.2012 069

 

            A la regarder, à l’écouter son univers est magique. La vie y grouille à tous les étages. Nous savons que sous nos pas des marmottes dorment encore dans l’attente des jours qui marqueront le retour vers la saison nouvelle. Sur la surface de la terre, les boursouflures de galeries attestent du réveil des mulots. Alors que je pensais leur habitat plus bas dans la vallée, le sol fraîchement remué signe le passage récent d’un ou de plusieurs sangliers. Les chamois quant à eux ont commencé à se regrouper sur les hauteurs. Ils se repèrent à l’œil sur les névés où ils folâtrent, courent et sautent par jeu.

      Le ciel n’est pas en reste d’animations en tout genre. Les oiseaux, des bergeronnettes, les choucas et autres corvidés s’en donnent de leurs ailes pour reconquérir l’espace aérien propre à leur territoire. Plus haut, bien plus haut, sans doute, un couple d’aigles tournoient à la recherche des courants ascendants pour une quête dont j'ignore le but.

 

                                  Briancon-et-alentours.2012-077.jpg

                                         

 

 

       Un panneau de fabrication locale nous indique l’entrée du hameau des Combes. A part un petit groupe de marcheurs installés autour d’un pique-nique, les lieux semblent désertés de tout habitant sédentaire. Toutefois, des chalets récemment rénovés sont le signe d’un investissement saisonnier, d’un renouveau quant à l’intérêt que parait lui porter une population aspirant à un retour aux sources.

 

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       Pour rentrer, le trajet se fait le long d’un ruisseau au débit grossissant au fil des rus qui déversent en continue leur eau que la fonte des neiges approvisionne. Il s’y entend, telle une douce musique, un ronronnement de clapotis incessants. Cet accompagnement, certes sonore, ne nuit en rien à une ambiance qui reste calme, feutrée et d’un ton fort agréable.

      Belle rando, qui sans être d’un gros dénivelé n’en à pas pour autant bien remplie notre journée.

 

                                     ______________________________

 

                                           De Cervières au Chenaillet

 

                                                                         

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           Cervières se trouve sur la route de l’Izoard à une dizaine de kilomètres de Briançon. La randonnée imaginée doit nous conduire au refuge des Fonds par la piste. Le hasard faisant parfois bien les choses aux vues de ce que sont mes préférences, un sentier, de ceux que j’apprécie, étroit, bien tracé, suffisamment pentu pour faire montagne se montre alors à main gauche.

 

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            Sérieux, le propos se voulant convainquant, je décide mes camarades à croire qu'il doit, sans doute, plus haut, rejoindre notre objectif de départ. Je le pensais également, mais ce ne fut pas le cas. Quoique une trace, pas balisée il est vrai, doit, mon intuition me le chuchotait, récupérer la route gravillonnée au niveau de petits bâtiments militaires, vestiges du réseau de défense pensé par Vauban.

      Mais après tout, pourquoi quitter un itinéraire confortable pour une sente qui n’inspirait personne à part moi. Alors soyons fous, continuons le sentier et voyons jusqu’où nous pourront aller, compte tenu qu'il indique le col du Chenaillet par la cabane des douaniers. Je précise que la randonnée prévue étant habituelle à nos accompagnateurs, le groupe, ce jour là, est parti sans carte.

       Au fil du temps et des incertitudes sur le but à atteindre, je craignais des remarques qui m’auraient mis mal à l’aise. Comme il se dit en pareille situation, j’étais dans des petits souliers et pour parer à toute éventualité……je marchais loin devant. Il est vrai que ce choix que j’avais plus où moins imposé commençait à me faire culpabiliser.

       Malgré une difficulté tout autre que celle que présentait la piste, que par ailleurs l’on voyait s’étirer paresseusement tout en bas, mon initiative ne me valut aucune remarque notable. Le sentiment lié la découverte donnait à la troupe l’envie d’avancer, d’aller voir plus loin. Je me dois de l’évoquer pour leur rendre grâce, certaines dames peinaient, mais elles eurent la bonté de souffrir en silence.

 

                                             

 

      

       Cela fait partie de mes travers et je le confesse volontiers, pourquoi faire ordinaire si l’on peut faire mieux. Ma satisfaction aura été d’entendre de leur part, que sans mon entourloupe, ils n’auraient pas osés s’engager en dehors de ce boulevard que personnellement je trouvais ennuyeux. Sans pour autant prendre leurs propos pour un éloge, je fus rassuré. L’union restait intacte…..

 

         

                                     En montant au Chenaillet

 

                                                   En montant vers le Chenaillet.

 

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      Des lacets de plus en plus serrés, un sentier rongé par l’érosion et la ravine font se soulever des murmures de crainte. Le souffle devient court. Nous sommes il est vrai à plus de 2000 mètres d’altitude. A cela s’ajoute le manque d'entrainement de certains éléments de la troupe. Je signale qu'il s’agit d’un groupe de huit personnes, toutes largement septuagénaires à l’exception de Josyane, mon épouse. La somme de ces éléments conjugués vont signer pour eux la fin des efforts qu'ils voulaient ou pouvaient consentir.

              En pareil cas se pose toujours le dilemme de la décision à prendre. Comment choisir entre celle devant obéir à la discipline du collectif et le désir raisonné d’aller au bout du chemin pour ceux qui le souhaitent.

 

       Mon regard était attiré par le sentier qui devant moi m’invitait vers sa cime. Un passage évalué à moins d’une demi heure de marche semblant indiquer un col, m’incita à une ultime relance à l’adresse de ceux qui luttaient encore contre leur hésitation. Parmi les hommes et à moins qu'il ne fut cuit sans vouloir le montrer, Jean, par dévouement sans doute, fut l’ange gardien de ces dames qui venaient de décider d’en rester là.

      C’est après un assentiment accordé du bout des lèvres par celles se considérant comme étant des sages, que Pierrot, Léo et moi reprîmes notre ascension sur cette sente, dont il est juste de dire que son sol était instable! 

 

                                              Briancon-et-alentours.2012-091.jpg

 

                                                            Avec l'ami Léo.

 

             C’est le cœur délesté de toute inquiétude quant aux reproches qui auraient pu m’être faits que nous reprîmes, le pas en avant, l’ambition de conclure la balade grâce ou à cause d’un sentier rencontré…. par hasard….. à main gauche.  

 

       Au loin, en contrebas, il y eut d’abord la cabane des Douaniers. Puis encore plus loin devant nous, sur une hauteur, à la limite ou la montagne bascule sur ce que j’imagine être le Queyras, une pancarte s’aperçoit…… Elle marquera la limite de ''notre aventure''.

       Il était alors le temps de retourner sur nos pas pour rejoindre le reste du groupe qui patiemment nous attendait.

                                                                  

 

                                      Cervieres. Chalet au hameau du Laus

 

                          Sur la route de L'Izoard: Cervières: Chalet du hameau du Laus

                                                                                                                      

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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 16:42

                                Balade autour de Briançon

                                                                                                  

                                                    Fort de la Croix de Bretagne

 

                                      Croix00DeBretagneXL.jpg

                         

 

                     Anémone pulsatile. À peine la neige fondue que sa fleur apparait.

 

 

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                    C’est dans le chalet de Jackie et Léo,  à Vllard St Pancrace que nous sommes accueillis pour cette semaine dans le Briançonnais.

 

                                          Chalet-des-Dion.Villard-St-Pancrace.jpg

                                          

       Il n’est pas nécessaire de beaucoup s’éloigner de la grande ville pour trouver chemins ou sentiers qui conduisent à l’écart de la circulation. La randonnée des forts en est une illustration. A noter que pour accéder à certains d’entre eux, comme par exemple à celui de Janus, il faut tout de même se ‘’coltiner’’ plus de mille mètres de dénivelé……( Briançon : 1346 m …Le Janus 2530 m )

 

                                                       clocher-a318a

 

                                                    Le clocher de l'église de St Pancrace.

 

                                            Briançon et alentours.2012 098

 

                                                     Dans Villard : L'art du recyclage  

                                                                                                     

      Le village jouxte la ville de Briançon. Dominé par les pics de Peyre Eyraute à 2900 mètres, par le Mèlèzin et le fort de la Croix de Bretagne, il s’étire à l’ubac de part et d’autre du torrent des Ayes. Autrefois agricole et minier, il conserve son caractère rural. Les mines de charbon sont encore visibles. Les chalets d’alpages, ses anciens fours à Chaux sont les témoins du passé, de la vie qui s'y déroulait il y a encore peu sur l'échelle du temps.

 

 

                               2009 - QUEYRAS ET BRIANCON 042

  

                                 Les chalets du Mélézin: En fond d'image: Briançon.  

                               

      De nombreux sentiers balisés sont à la disposition des randonneurs et des vététistes. La commune dispose de deux écoles d’escalade avec des voies équipées. L’hiver, fringuant neuf, un site pour la pratique du ski nordique accueille des sportifs, des stagiaires et des compétiteurs de tous les niveaux.

       Il a été construit sur le territoire communal, un centre européen médical bioclimatique de recherche et d’enseignement universitaire. D’autre part, des maisons pour enfants atteints de maladies respiratoires sont la pour compléter les activités dont le village se prévaut. Voila pour ce qui est la présentation sommaire de cette bourgade que nos amis ont choisi pour havre de paix.

                                                                     

      Au départ de la Chapelle située sur les hauts de Villard Saint Pancrace, chapelle dédiée au Saint patron du village. notre première sortie fut l’ascension vers la Croix de Bretagne et son fort.

 

       Si le début de la randonnée se déroula sans encombre, rapidement le chemin se trouva recouvert d’une surface glacée.

       Et les raquettes me direz vous ?, ça sert à quoi ? Les ‘’goda-prothèses’’ comme il me plaît de les appeler, étaient restées dans le coffre de l’auto. Les gros malins que nous sommes ne pensant pas en avoir la nécessité !

       Pourtant tous bien chaussés, l’expédition devint rapidement difficile et mal aisée. Le pas n’étant jamais bien assuré, la marche s’en trouva parfois acrobatique et rapidement épuisante. Sans les bâtons, l’abandon aurait été inévitable.

       A la sortie de la forêt le chemin redevient humainement praticable. Un soleil charitable s’étant mis à fondre la neige que la nuit avait raffermie.

 

                                          Briancon.En-direction-de-la-Croix-de-Bretagne.jpg

 

 

                               Briançon en direction de la Croix de Bretagne

 

 

       Nous sommes en 1876, parlons en du chemin !. Quel travail de Titan ont du déployer les hommes pour tailler dans la roche et sur des kilomètres, une voie permettant l’acheminement du matériel de construction de ce colosse de pierres perché à 2016 mètres. Il était, par sa capacité de feux, l’un des plus importants du dispositif pensé par Vauban. Il pouvait abriter près de 500 soldats et 40 chevaux. Au total, 28 pièces d’artilleries de tout calibre occupaient les tours et les remparts d’enceintes. Quelques têtes de lits métalliques encore présentes dans un dortoir, qui sans doute sont la pour avoir résisté aux pillards, montrent une organisation privilégiant le remplissage des pièces de repos.

 

                                         Briancon-et-alentours.2012-053.jpg

 

       L’on peut, tout comme pour la ville haute de Briançon, voir les vestiges d’un puits qui alimentait en eau potable l’ensemble de la population du fort. Creusé à l’intérieur de l’enceinte, il garantissait ainsi l’approvisionnement sans risque d’en voir la réserve empoisonnée par d’éventuels assiégeants.

 

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       Ce fort est laissé à l’abandon. La grande porte permettant d’y pénétrer étant ouverte, c’est à nos risques et périls que nous en effectuons la visite. L’ensemble est gigantesque et comme j’ai pu l’écrire pour d’autres bâtiments dont l’histoire s'est écrite avec le sang des hommes qui les ont construits, puis qui  les ont défendus contre l'envahisseur,  je suis immensément triste à regarder cet édifice abandonné à ce pitoyable  sort.

 

                                          Briançon et alentours.2012 059

      

    Pour la suite, j'évoquerai notre balade au départ de Puy Chalvin...vers le hameau des Combes, puis celle au départ de Vallouise.......Ailfroide et de.... Cervières au Chenaillet par la cabane des douaniers....

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