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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 13:39

 

 

      Quels sont les facteurs pouvant conduire vers les toxicomanies où

                                                    vers les addictions.

 

                                                          Généralités.

 

                                                        Deuxième volet

 

                                      De la curiosité à la perte de contrôle. 

                                   Accident ou démarche jusqu'au boutiste?

                                                       

 

              Sauf cas exceptionnel, un sujet ne devient pas tabagique, alcoolique, toxicomane ou addict’ aux jeux suite à sa première fumette, cuite, ou prise de drogue ou encore séance de grattage de tickets promettant de faire fortune. Une dépendance ou, une addiction, n’arrivent donc pas par accident.

       C’est le docteur Claude Olievenstein, psychiatre français, qui en 1971 à crée à l’hôpital Marmottant à Paris, le premier centre d’écoute et de soins pour les toxicomanes. Il en a décrit les raisons et le cheminement.

          *J’en cite là un court extrait :

       _ La toxicomanie, c’est la rencontre d’un Être Humain, d’un produit, d’un contexte, d’une situation et d’un moment psychologique donné. Il semble donc qu’il faille ces associations ou partie d’entre elles pour qu’une dépendance à un ou plusieurs produits s’installe à un stade pathologique. La dépendance intervient suite à la répétition de l'un ou de ces produits. 

       Cependant nombre de cas différents peuvent s'inscrirent dans ce tableau. Il peut effectivement y avoir celui partant de la curiosité, laquelle répétée plusieurs fois à intervalles rapprochés, ont conduit le sujet à une perte de contrôle. D'autres se lancent délibérément et à corps perdu dans une conduite comportementale démissionnaire d'une existence dont ils se sentent exclus, étrangers. Il s'agit là d'un comportement se repprochant du suicide passif.

 

 

       Il est logique qu’il n’est pas fait dans cette description référence aux addictions et dépendances aux jeux vidéos,  au téléphone portable et autres supports médiatiques. Leur diffusion dans ces années là ne couvrait qu’une infime partie de la population. Les risques y étant potentiellement attenants n’avaient pas encore été relevés.

 

                                                           Petit historique :

 

         A l’époque, le docteur Olievinstein s’est mis à dos une grande partie du corps médical et plus largement la société civile pour avoir tenté de convaincre ses homologues médecins d’accueillir les toxicomanes sans jugement préalable et avec une attention semblable à tout autre malade. Le toxicomane deviendra, grâce au docteur Olievinstein, un malade, un être en souffrance.

 

           Les toxicomanes, simples consommateurs, dealers et pour certains délinquants, considérés auparavant comme des dépravés par la société, des voyous pour la justice et des incompris par une partie du corps médical, étaient le plus souvent jetés en prison sans discernement. Sans soin particulier apporté à leur santé et à l’état de manque qui découlait d’un sevrage brutal non médicalisé, ont généré chez des sujets incarcérés, des situations dramatiques.

 

         Bien que montrés du doigt, à noter qu’il n’était pas porté le même regard, le même à priori discriminatoire et le même traitement punitif de la part de cette même société à l’encontre des malades alcooliques.

 

           Le traitement carcéral, sans aucune précaution sanitaire entrainait chez les toxicodépendants des agitations et des violences interprétées comme étant des manifestations rebelles. Elles motivaient de la part des gardiens, démunis de la connaissance du problème, des sanctions dont le prisonnier n’en comprenait pas les raisons. Certaines se sont terminées par décès suite à un stade d’épuisement irréversible du sujet mis en cellule sans attention particulière à son état. Des suicides de jeunes adultes sont venus émouvoir un personnel à qui les pouvoirs publics demandaient à faire appliquer une punition qui n'était pas de leur compétence, qui sortait du cadre typologique habituel de leurs missions.

         Ces constats, face à l’inaptitude, à l’impuissante des personnels pénitentiaires dont une formation spécifique en la matière leur faisait cruellement défaut, face aux interrogations de certaines associations concernant la prise en charge des toxicomanes en général et en milieu carcéral en particulier, ont fait dans les années 1970 le sujet de nombreux débats.

          A partir de ces mouvements d’alertes, d’informations, de constats, il a été convenu qu’il n’y avait pas lieu de mettre dans ‘’ le même sac ‘’ le consommateur occasionnel ou accidentel de haschich, et celle ou celui qui prend de l’héroïne tous les jours et dont l’emprisonnement venait sanctionner des actes tombant sous le coup des lois liées au code pénal.

        _Chaque cas devait donc être à différencier et en tout état de cause, un médecin n’a pas pour vocation de se substituer à la justice !

 

                     Définition sommaire des conditions qui peuvent conduire un

                             sujet vers la toxicomanie ou tout autre addiction.

 

        Rappel : La toxicomanie, une Addiction: C’est la rencontre d’un Etre Humain, d’un  produit, d’un contexte, d’une situation et d’un moment  psychologiquement précis.

 

          A l’exception de ce qu’il est convenu d’appeler les alcoolisations mondaines et autres prises de stupéfiants dans certains milieux se voulant ‘’ branchés ‘’, et dont les pratiquants se proclament affranchis et exempts de tout problème, les raisons de la toxicomanie et des addictions restent liées à des facteurs psychologiques, de personnalité, des facteurs sociaux et environnementaux.

                     *** Bien que se voulant étrangers au monde des toxicomanes, les consommateurs de cette frange de la population dite mondaine, tombent tôt ou tard sous le coup d’une dépendance. Cette dernière les conduira à terme vers un établissement, sans doute privé, pour un traitement de sevrage médicalisé.

        C’est à ce prix, comme tout autre personne, qu’ils pourront retrouver leur liberté.

           En effet, le phénomène d’accoutumance va les conduire à une consommation d’alcool devenant de plus en plus importante. Le processus sera identique pour ce qui concerne leur prise de drogue, dont ils devront en augmenter à la fois la fréquence et le dosage pour obtenir un indice de satisfaction équivalant à un désir qui deviendra de plus en plus exigeant au fil du temps. C’est ainsi qu’ils seront devenus alcooliques et plus largement toxicomanes. Leur consommation étant devenue un besoin hors de tout contrôle.

          IL en sera de même pour ces mêmes personnes s'orientant vers le jeux. Fragiles à un moment donné, jouant par désoeuvrement ou dans le cadre d'une démarche à vouloir appartenir au groupe. Le risque avéré, est de les voir sombrer dans des comportements les conduisant à la perte de leur patrimoine.

         Parmi les personnes appartenant à ce monde, André Citroên, bien que reconnu comme étant un homme intelligent et apparament équilibré, sa passion démeusurée pour le jeu a contribué à la ruine de son entrepise automobile!

           C’est bien une somme de signes, de symptômes apparents ou non, concordants, qui paraissent entrainer le sujet vers le renouvellement des prises qui vont le conduire à devenir dépendant à un produit ou et addict’ aux jeux.

            Peut importe les conditions, l’état d’esprit et le milieu dans lesquels se pratiquent les excès.

            Peu importe les populations, les raisons, y comprises celles qui se veulent ou voudraient se voir différencier du commun des mortels. A partir d’un certain seuil d’intoxication, la dépendance à un produit comme les addictions à tout autre excès, entrainent de fait des dérèglements d’ordre physiologiques, psychologiques et comportementaux, dont personne ne peut s’en prétendre protégés.

 

                                           Les addicts’ aux jeux en tout genre :

 

         Si le jeu est le propre de l’homme depuis la nuit des temps et ce dans le cadre de toutes sortes d’affrontements, un comportement, un attachement irrationnel aux jeux, quels qu’ils soient, devient alors une pathologie comportementale.

        Sont à prendre en compte également dans les addictions en dehors de celles liées aux jeux d’argent, le téléphone et autres jeux vidéos, celles mettant en action le corps physique de la personne, tels que le sport à outrance, la démarche vers la prise inconsidérée du risque corporel, les addictions au sexe .....etc.

 

         Je rappelle qu’à l’époque où le Dr Olievenstein a défini la toxicomanie, les addictions aux jeux touchant en particulier les adolescents et les jeunes adultes ne posaient pas encore de problème. Les produits tels que les jeux vidéos, Internet et le téléphone portable n’en n’étaient qu’aux stades des bureaux d’études ou que très peu popularisés.

 

* Seuls les jeux d’argent… ( se rapporter à l’astérisque en fin de commentaire )………

 

        Au fil de leurs apparitions cliniques, la définition appliquée aux toxicomanes par le docteur Olievinstein, comme celle conduisant vers les addictions ou dépendances sans produit convergent vers des quêtes et des signes pour certains concordants. Les facteurs guidant une personne à jouer de manière pathologique, comme ceux conduisant vers des intoxications, se recoupent pour la plupart d’entre eux. Autrement dit, c’est également une série de faisceaux convergents qui amènent les joueurs excessifs vers une pathologie addictive.

                                  ______________________

                                 

              Quels signes typiques se rencontrent en particulier chez l’addict’

                                                      aux jeux d’argent.

 

      _Une signification de l'argent particulière au joueur.

    _Une considération des performances fortement orientée sur la concurrence.

     _L'anxiété du joueur. Recherche d’adrénaline

     _Un besoin souvent excessif de reconnaissance sociale.

 

                                   Comment se développe l'addiction au jeu ?

                                              La problématique de base

 

          L'apparition de l'addiction au jeu est un processus complexe et qui implique de nombreux facteurs. Les plus importants de ces facteurs sont :

         _Un trouble de l'amour-propre. Troubles narcissiques de la personnalité, sentiment d’infériorité. Il est à noter que l’on retrouve très souvent une problématique semblable chez le malade alcoolique 

           _Une forme d'abandon de ''soi au hasard''.  

         Un gain rapide, en particulier chez un jeune joueur, peut le conduire à des rêves sur une richesse fantasmée et se trouver ainsi rapidement pris dans une spirale dont il ne pourra pas sortir sans une aide appropriée.

            _Un trouble relationnel.

        Le type relationnel "défiant-évitant. Il se caractérise par le doute permanent de la disponibilité de l'Autre dont il attend la relation. Sentiments négatifs quant à ses demandes dont il pense qu’elles lui seront systématiquement refusées. Frustration de l'affectif.

         En compensation, le jeu ne lui objectera pas d’opposition verbale ni physique. Le résultat, quel qu’il soit ne sera pas reçu comme une agression ou une réponse négative. La perte ne sera pas vécue comme une réponse rejetée. Peut être comme une erreur de méthode ou tout au plus par la faute à ‘’ pas de chance ’’. En aucun cas il se sentira repoussé. Le perdant ne se sentira pas responsable, seulement victime de ce qu'il nommera '' avoir mal tourné pour lui. ''

    *** Le jeu lui devient un refuge. Il y trouve une relation de substitution dans laquelle il devient un acteur, un sujet pris en compte.

         On retrouve souvent ce type de raisonnement chez les enfants qui ont été repoussés et chez lesquels l’image paternelle est altérée.

       _ Manque de régulation de son excitation. L'incapacité à réguler son excitation et sa tension intérieure conduit le sujet à vouloir passer le temps et à tuer son ennui dans une activité d’abandon. Le jeu, dont il est devenu accros’ lui apporte ‘’ la nourriture ’’ qui vient combler un ou les vides qui l’angoissent, ou lutter contre la foule de sentiments négatifs qui l’envahissent et auxquels il ne peut apporter de réponse satisfaisante pour l’Autre, le parent, le professeur.

 

                                                   Comment s’en sortir !

 

         Pour les parents, la première étape à franchir quand il s’agit d’un adolescent ou d’un jeune adulte est de pouvoir échanger sur l’addiction et plus largement sur tout comportement excessif découvert. Evaluer quel en est son degré d’emprise, les dommages qui  peuvent lui être mis en évidence.

       Comme je le rappelle dans le premier volet, si un jour vous avez à affronter une telle situation, assurez vous de ne pas être en manque de preuve. C'est seulement après avoir eu l’intime conviction ou la preuve qu’il s’agit bien d’un problème inhérent à une addiction ou à celui d’une dépendance que vous devez agir. De la qualité du dialogue que vous allez engager dépendra, pour partie, l’adhésion à une prise de conscience du sujet et de la suite pour d’éventuels soins à entreprendre le concernant.

       Pour cela il ne vous faut pas perdre de vue que vous aurez face à vous quelqu’un qui souffre de l’un de ces maux qui font que grandir, n’est pas facile pour l’ados’ ou le jeune adulte qu’il est devenu. Pour nombre d’entre eux, ce sont les doutes sur un avenir restant flou, des angoisses face à leurs futures responsabilités d’adultes qui les ont les conduits à explorer en direction d’une drogue ou d’un dérivatif. Perdu et angoissé, dans une situation de mal-être et pour laquelle il ne rencontre pas de réponse rassurante qui vont le conduire à franchir ce qu'il sait pourtant être la barrière de l'interdit.

            Il n'y a pas de toxicomane à son insu. Pas plus qu'il n'y a d'addict' aux jeux ignorant des risques des pertes d'argent auxquelles il s'expose.

       Il faudra ensuite se rapprocher d’un médecin et, ou d’un service spécialisé dans l’écoute et la prise en charge médicale du problème concerné. On ne sort pas d’une dépendance à un produit ou d’une addiction sans une aide spécialisée, voire médicalisée. Si la décision du patient, sa décision, sa détermination à vouloir en sortir est primordiale pour se donner la possibilité d’y parvenir, sa seule volonté n’y suffira pas. Sinon et auquel cas, il n’en serait pas arrivé à la perte de tout contrôle sur ce qui malgré lui, est devenu l’addiction ou la dépendance dont il souffre.

 

 

                                             La prise en charge : Les soins

 

           La prise en charge se fait généralement en dispensaire, en hôpital de jour ou en cabinet privé par un psychiatre, un psychologue ou, et une équipe soignante. Il s’agit généralement de consultations découpées en entretiens qui sont conduits avec méthode et chronologie.

         Contrairement à la dépendance aux toxiques où des soins particuliers, comme le sevrage qui nécessitent souvent une hospitalisation à plein temps et pour une durée pouvant atteindre plusieurs semaines, la prise en charge pour une addiction sans produit se fait le plus souvent en soins dits ambulatoires. 

           Il est capital que le sujet se sente en confiance avec son ( ses ) thérapeutes, dont la mission consistera à le guider vers les confins de son passé, de son intimité. C’est ce travail conjoint qui amènera le sujet à l’origine de son addiction et aux raisons de sa conduite.

 

      *** Il est important que cette compréhension découle de sa propre prise de conscience. Cette dernière doit émaner de sa réflexion et non de l’explication d’un tiers dont il aura pu en acquiescer le contenu, sans réellement en avoir fait une analyse le ramenant à son problème.

 

     *** Seule la personne en souffrance détient la clé de son problème. Le rôle du ( des ) thérapeutes consistera à amener le patient à actionner la serrure, à pousser la porte derrière laquelle est cachée, parfois enfouie, la problématique responsable de son comportement pathologique.

       Plusieurs orientations thérapeutiques peuvent être employées pour ouvrir le patient à s'exprimer sur les fondements de son problème. Les entretiens individuels, les groupes de parole, les séances de relaxation, les ateliers d’écriture en sont quelques exemples.

       Un traitement médicamenteux est parfois nécessaire pour abaisser les seuils de tension ou pour apaiser un état anxieux.

          A partir des données qui semblent aujourd’hui établies et selon lesquelles une dépendance, ou une addiction s’installe sur un terrain fragilisé, il parait évident que sa prise en charge doit s’appuyer sur plusieurs axes d’investigations pour pouvoir mettre en place les thérapies les mieux adaptées au cas de chacun.

          Pour son efficacité, ces dernières doivent être personnalisées. En particulier pour ce qui concerne l’histoire du patient et le cheminement de sa pathologie.

 

                                                               En résumé :  

 

        a) Le thérapeute aura pour mission de guider la réflexion du sujet vers ce qui contribuera à faire émerger le ou les origines du problème :

           * _Pourquoi le produit ou les jeux ?

        * _Les produits, les jeux, que sont ils venus compenser chez moi ? Que sont-ils venus remplacer que je n’ai pas reçu ou mal perçu ?

        * _Pourquoi suis allé vers tant d’excès ?

        * Pourquoi cela m’est il tombé dessus ? )

       b ) Une fois isolé le ou les problèmes générateurs du comportement ayant entrainé une dépendance ou une addiction, le thérapeute doit amener le patient à prendre conscience de la nécessité d’un accompagnement dans le protocole de prise en charge que l’équipe soignante aura établi pour lui.

         * _A présent que je sais pourquoi j’ai été amené malgré moi à cette situation, je veux en régler le problème. Je me dois d'adhérer avec détermination aux solutions d’aides et aux soins qui me sont proposés.  

                                                   ____________________________

     

                                             Le sport en annexe. Le sport en soutien.

 

       *** Le sport pratiqué en terrain neutre, hors de l’unité de soins si possible, est par excellence l’activité idéale parmi les premiers accompagnements à proposer au patient. Pratiqué dans un état d’esprit ludique, il captera facilement l’adhésion de l’adolescent ou du jeune adulte. Il sera une base importante, une étape dans le domaine de sa reconstruction. Le travail du corps par des activités physiques, de fond en particulier, contribueront à lui occuper des espaces de temps riches en découvertes sur sa propre personne.

         La relation paritaire avec le ou les soignants s’il s’agit d’une prise en charge assurée par les membres de l’équipe de soins, sera de nature à lui créer une ambiance valorisante. Les observations, le regard porté par le, les soignants apporteront des réponses, et, ou poseront des interrogations quant aux réactions du patient face aux difficultés qu’il pourra rencontrer et dans sa façon qu’il aura de les gérer, de les exprimer.

        *_Occuper l’esprit, le fixer dans une démarche déviante de celle de l’obsession ou du produit trublion.

         *_Conduire son corps à devenir un partenaire de la démarche curative amorcée. Le corps comme un acteur, comme un opposant visant à déloger de son esprit l’objet de ces préoccupations négatives.

        *_Le sports grâce à ses vertus valorisantes aidera le sujet à une première conquête ou reconquête narcissique grâce au renvoi flatteur de l’image ‘’du soi’’.

        Compte tenu de la jeunesse du patient, les résultats rapidement obtenus constitueront une entame concrète et positive à la discussion d’ouverture des séances hebdomadaires ou bi mensuelles.

       *_Le sport pour une réconciliation entre un état déviant, d’égarement parfois, et une prise de conscience dans un face à face sans concession.

                         ______________________________

 

              Dans ce domaine, la pratique de l’escalade et plus largement les sports à relation duelle, apportent certains outils de comparaison. Ils conduisent à des apprentissages de nature à soutenir des équivalences dans ce que sont les quêtes recherchées ou subies par le joueur et plus largement par le toxicomane.

       *** L’escalade : Cette discipline est reconnue pour mettre son pratiquant en situation permanente d’attention, de réflexion et de responsabilité. De son choix de progression, de son cheminement sur la falaise ou sur le rocher, vont dépendre sa sécurité, la réussite de son ascension et la satisfaction qui en découlera.

          L’aspect éducatif, mais également thérapeutique de l’escalade réside dans sa forme vécue comme étant '' d'une morale non verbale évidente''. En effet, la sanction suite à '' la faute '' n’est pas différée comme peut l’être la conséquence de la perte d’argent au jeu, ou les suites d’une ivresse au volant, ou encore dans les réactions d’une drogue-partie au cours desquelles s’ensuivent parfois des actes sexuels non protégés, des actes de violences et autres prises de risques inconsidérés. En escalade, la faute appelle à la sanction immédiate, ce qui évite une ''altération de la mémoire '' sur la causalité de la faute. La nature de cette évidence, de ce vécu, se vit '' en direct '' particulièrement dans le cadre d’une progression en tête*.

 

                               Dans Baou dé 4 Ouros ?

 

                                                              Patick Edlinger

 

       * Dans ce cas de figure précis, il peut s’imaginer un jeu-défit dans un engagement entre le grimpeur et la paroi. Etat générateur d’un stress positif, stimulateur d’adrénaline conduisant à une contentement, un plaisir reconnu comme pouvant être compensatoire à l’excitation, aux stimulus semblables à ceux générés dans la recherche que procure plus particulièrement le jeu. L'une des particularités de la pratique de l'escalade est liée au plaisir de la dualité qui se joue entre la paroi et celui qui peut être son provocateur ou son partenaire selon l'état d'esprit dans lequel s'engage le grimpeur.

      En escalade, le fruit du plaisir n'est pas à acheter ou vendu. Il est offert, mais au prix d'un engagement réflèchi. Chaque pas amorcé vers la quête espérée, chaque mouvement conduisant vers le plaisir excite l'éveil sur la propre fragilité de son Etre. Son engagement le confronte objectivement et directement au risque qu'il prend, ce qui n'est pas le cas dans la prise d'un produit, où les riques-dégats seront différés. Le grimpeur vit en direct l'angoisse projetée des conséquences de '' la faute ''.  

     En escalade la raison évidente des risques que l'on encourt à ne pas anticiper le danger se passe de tout commentaire et s'intégre dans le non dit. Il est dans le visuel.

       Cette pratique, ce type de prise en charge doivent privilégier les sites de plein air pour des raisons évidentes de changement d’ambiance et de confinement dans lesquels évoluent généralement les joueurs et les toxicomanes.

         En accompagnement d'autres prises en charges, l’escalade, comme activité déviante au jeu et aux dépendances à la drogue, donne de bons résultats.

       Les sensations éprouvées et exprimées dans le cadre d’activités physiques et sportives ainsi ciblées, seront commentées lors des entretiens faisant partie du suivi du patient.

.       *** Il s’agira de l’aider à faire le parallèle, à reconnaître qu’il y a des moyens de vivre ailleurs que dans les addictions et dans la drogue, des plaisirs hauts en adrénaline et en émotions.

        *** Qu'il peut se trouver ailleurs que dans des excès, des moyens de vivre de fortes sensations sans compromettre sa santé.

        _ Sans mettre en péril son avenir. 

        _Sans se mettre en marge de la socièté.

                             

                   L'escalade comme activité complémentaire aux soins traditionnels:

 

                       _Grâce à sa ''logique d'évidence'', à la réflexion qu'elle suscite au prélable à tout engagement.

                     _Par le contenu de ses valeurs structurantes et éducatives.

                  _ Par son côté  aventure. Par sa démarche de provocation duelle face à la paroi induisant le sentiment de vivre un test en vue de le rendre plus fort qui plait aux jeunes gens.

                  _Par l'originalité de la relation qu'elle génére de fait entre lui et son thérapeute de terrain.

                      _ Par la particularité du groupe  de ses pratiquants.   

         

                 Sans qu’il puisse se définir précisément le profil de la personne dont l’utilité de vivre des sensations fortes correspond à un besoin, il est un fait que de constater, pour des raisons encore mal définies, que nombre de personnes en sont dans l’exigence.

                                                          __________________________

 

                                                                           Notes

 

        * En France, les joueurs dépendants ont la possibilité de demander une interdiction de casinos afin de ne pas succomber aux sirènes du jeu. Il faut noter que seule la personne qui souhaite être interdite de casino peut en faire la demande.

Pour cela, le joueur doit faire une demande par écrit à la Direction des Libertés Publiques et de la Réglementation. Ce courrier, qui doit démontrer les motivations de l’interdiction et les problèmes de jeux rencontrés par l’individu. La demande est ensuite transmise au service local des Renseignements Généraux. C’est ce service qui convoquera le joueur afin de vérifier sa détermination. Si cet entretien est positif, le joueur se voit inscrit sur la prochaine liste d'interdiction, dont la mise à jour se fait tous les deux mois environ.

Dans les 6 mois suivant sa première lettre de demande, le joueur peut encore se rétracter. Passé ce délai, l’interdiction de casino est prise pour une durée incompressible de 5 ans. Après cette période, le joueur peut demander sa réintégration.

A noter que le joueur reste interdit de casino tant qu’il n’a pas expressément fait la demande d’être retiré de la liste.

Note prise sur Internet

                                            _______________________________________ 

                                                                             

                 * Grimper en tête en escalade correspond à monter la corde jusqu’au relais.

 

                                                  Avec Patrick Berhault

 

                                 Patick Berhault à l'assurance et Patick Edlinger.

 

        Le grimpeur de tête, bien qu’encordé et assuré par un partenaire, risque la chute entre chaque point d’encrage préfixé sur la paroi. Ces derniers peuvent être espacés d’une distance variant entre 5 et parfois 10 mètres. Dans le cas extrême et à partir de ces indications, le ‘’vol’’ potentiel du grimpeur de tête, pour une glissage au moment du mousquetonnage à son point supérieur, représente une chute d’un multiple de deux de l’espacement des deux points d’encrage. 

 

                               Dans Tapis volant. Verdon

 

                                                              Patrick Edlinger.

 

         C’est ce risque, bien que relatif, puisque le grimpeur est assuré par un partenaire évitant ainsi un retour au sol, qui charge le grimpeur de sensations à la fois génératrices de stress positif et de décharges d’adrénaline, d’endorphines et autres agents dopants naturels. Le résultat, la réussite d’une voie bien négociée s’obtient grâce à une mise en place psychologique auquel le sujet doit se préparer, à l’apprentissage d’une gestuelle qui met en œuvre à la fois la puissance et la souplesse du grimpeur.

          Pour une perception précise de son équilibre corporel, le grimpeur doit rester dans une concentration de tous les instants. Cet état de veille permanent sur son corps doit s’intégrer, faire inséparablement équipe avec le mental pour en renforcer une détermination positive vers le succès. Ces deux éléments réunis sont les pièces majeures, des atouts indispensables pour sa réussite. Cette dernière se résume à cette lutte duelle entre la paroi et le grimpeur ( entre lui et son problème avec la drogue ou les jeux. La détermination, la volonté raisonnée du grimpeur à vouloir aller au bout de son engagement, seront les outils d'un apprentissage qui le conduiront à mieux maitriser ses difficultés. A mieux conduire sa réflexion vers l'objectif drogue ou jeux contre lesquels, par ce moyen, il se bat. 

                                            __________________________________________________

 

           Retranscriptions personnelles à partir de mon expérience de soignant au sein d'une unité spécialisée dans la prise en charge de personnes dépendantes.

         Bibliographie:

                              _Il n'y a pas de drogués heureux. C. Olievinstein.Librairie générale de France. 1978.

                              _ Ecrits sur les toxicomanies. C. Olieveinstein. Gallimard. 1978 

                     

 

                                                __________________________

 

 

                             Associations venant en aide aux personnes addicts aux jeux :

 

                                                    **Adictel  : 08.05.02.00.000.

                                                 **S.O.S joueurs :09.69.39.55.12.

 

Précision: Les photos montrant Patrick Edlinger et Patick Berhault sont là pour illustrer l'escalade. Ces deux illustres personnes n'ont rien à voir avec le sujet traité dans ce commentaire. 

 

 

 

 

 

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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 18:20

     Sommaire sur le phénomène des dépendances et des addictions se rapportant plus particulièrement aux adolescents et aux jeunes adultes.    

 

                                                       Premier volet

 

                                                                                                                                                                     Addiction au jeu. Image Internet

 

                                           _____________________________

  

               Préambule : Il n’est pas dans mes habitudes de traiter d’un sujet sérieux dans mon blog qui se veut plutôt blagueur.

          Cette entorse à ma façon de commenter mon quotidien : Celui de mes sorties à vélo, de mes randonnées pédestres et autres sujets fantaisistes fait suite à des constats, à des confidences, des actes que chemin faisant ma route croise et auxquels je ne peux rester indifférent.

         Mes propos voulant traiter des problèmes liés à une frange de notre jeunesse s’inscrivent dans le cadre de la connaissance et du partage que j’ai de ce phénomène dont, de mon avis, la gravité et les conséquences sont très largement sous évaluées par les pouvoirs publics et notre système de veille sanitaire.

       Mes observations sont volontairement rédigées sous la forme d’un commentaire, dont l’objectif est de vouloir faire part de mes réflexions. Le caractère de ces dernières se veut libre d’interprétation. Je les livre là sans finalité particulière et sans chronologie. Il ne s’agit pas d’un exposé, ni d’un cours, mais d’une narration-témoignage-parcellaire sur un problème de société.

                                                ___________________________

 

        Je suis depuis des années libre de toute activité professionnelle. Auparavant j’étais infirmier. Je travaillais dans un centre de soins qui prenait en charge des personnes en difficultés. Dont des jeunes gens victimes de graves problèmes en relation avec les dépendances et les addictions.

      Aujourd’hui, bien que vivant pleinement ma vie de retraité, j’ai gardé ce regard en direction des personnes dont je sens qu’elles ne vont pas bien. La marque de certains comportements spécifiques à leurs problèmes, attire mon attention et me les font reconnaître.

      Voila pourquoi je me suis mis en droit d’évoquer succinctement le sujet qui fera, peut être, s’allumer une lampe d’éveil à propos d’un proche chez qui vous reconnaitrez l’un des symptômes évoqués, et sur lequel vous n’aviez pas de mot à poser. Ou, sur lesquels vous n’osiez pas poser de mots par crainte de commettre une erreur. Par peur, également,de votre maladresse face à une découverte qui vous laisse démuni des outils nécessaires pour aborder une situation dont vous en pensiez le caractère étranger à l’un des vôtres. Sans doute aussi par appréhension de ne pouvoir gérer les réactions d’un face à face inhabituel pour vous.

                        Si un jour vous avez à affronter une telle situation, mais seulement après avoir eu l’intime conviction, ou la preuve qu’il s’agit bien d’un problème inhérent à une addiction ou à celui d’une dépendance, de la qualité du dialogue que vous allez engager, dépendra pour partie, l’adhésion à une prise de conscience du sujet et de la suite pour d’éventuels soins à entreprendre le concernant.

        Pour cela, il ne vous faut pas perdre de vue que vous aurez face à vous quelqu’un qui souffre de l’un de ces maux, qui font que grandir n’est pas facile pour l’ados’ qu’il est devenu. Pour nombre d’entre eux, ce sont les doutes sur un avenir restant flou, des angoisses face à leurs futures responsabilités d’adultes qui les ont amené à explorer l’un de ces produits, dont ils pensent qu’il sera la solution à leur mal-être.

        Ce type de conduite peut être considéré, également, comme étant le révélateur d’un problème sous-jacent tel que:

       _Un état dépressif ou une attitude venant en réponse à un contexte nouveau pour lui ou encore, suite à une mutation de son environnement que le sujet subit et auquel il n’est plus en capacité de faire face.

        _La fuite, la difficulté d’Être et pour d’autres, le refus d’Être, sont les failles dans lesquelles peuvent prendre place des conduites pathologiques de la famille des dépendances et des addictions.

       Cette jeunesse en souffrance est repérable et repérée par les spécialistes vendeurs d’illusions qui, sans état d’Âme vont faire d’eux, dans un premier temps, des consommateurs occasionnels et pour d’autres, très rapidement, des accros à ces produits qui vont les rendre prisonniers d’un besoin dont ils seront piégés.

         En souffrance face à des difficultés relationnelles, en carence affective, à une instabilité familiale, à une éducation méfiante vis à vis du monde exterieur, à un manque de confiance en lui va, ou peut conduire un adolescent ou un jeune adulte à rechercher un moyen d'exister à travers des produits l'amenant à croire à la solution à ses problèmes. Dans le jeux et les relations virtuelles, il va tenter de trouver des moments de partage. Dans une confrontation aux jeux d'argent et autres jeux divers, des moments où il aura le sentiment d'exister, le sentiment d'être prise en compte .

       Le registre des jeux : Bien qu'inscrit en marge des dépendances, ils n'en sont pas moins pénalisants et dangereux. Les plus pratiqués, tels que les jeux vidéos, l’utilisation d’internet sur des programmes violents ou dans des registres d’informations aux caractères plus que discutables, dans celui de l’utilisation du téléphone portable ou de L’I-Phone, de L’I-Pad et autre Smartphone, les jeunes perdent les notions essentielles de la vie en famille, de la vie de groupe et des formes de socialisation qui y sont attenantes. Ces réseaux virtuels de communication, de loisirs, les éloignent de toute réalité au point de leur en faire perdre toute argumentation sur la rationalité, la logique, le raisonnement .

 

                                               ___________________________

 

                                                          La dépendance :

 

        Définition. Elle s’exprime en premier lieu par l’assujettissement d’une personne à la prise d’une drogue dont l’interruption brutale entraîne des malaises d’ordre physique et psychologique par effet de manque. Les manifestations les plus couramment observées lors d’un sevrage non médicalisé ( par le manque d’approvisionnement du produit par exemple sont ):

      Les tremblements, les comportements dépressifs ou d’excitation. Agitations accompagnées d'une forte sudation. Les comportements velléitaires ou violents, la démission face à ses obligations.

 

                                                             L’addiction,

 

                Ce terme s’emploie plus spécifiquement pour parler des problèmes pathologiques sans prise de produit. Cette dénomination est mise plus particulièrement en relation avec les jeux en tout genre. Internet, la recherche et la prise de risque inconsidérée dans des sports extrêmes pour ce qui concerne les jeunes populations. Il peut exister chez les ados, en corrélation avec des visites compulsives sur des sites pornographiques, un phénomène d’addition au sexe notamment par des masturbations à outrances. Les pathologies liées à l’affectif font également parties des problèmes que rencontrent certains adolescents pour ne parler là que des plus courantes.

       A noter que dépendance et addiction sont utilisées par certains toxicologues et addictologues sans différenciation des types.

        La dépendance me parait devoir s’appliquer plus spécifiquement au besoin irrépressible, incontrôlable, amenant à la prise d’un produit dont l’appétence physique et psychologique ne peut être refoulée.

       l’addiction:  Elle a pour moteur essentiel, le besoin de jouer un rôle d’acteur ou de prise de risque matérielle dans le cas des jeux d’argent, sans pour autant que n’intervienne un besoin que le corps ‘’physique’’ réclame. Elle ne parait répondre qu’à la seule exigence d’un besoin psychique, cérébral, bien qu’elle semble venir en réponse, comme pour la dépendance, à une stimulation de dopamine orchestrée par le cerveau à la seule pensée du jeu,  comme à celle d'un produit pour le toxicomane..

       La dopamine est un élément clé dans le repérage des ‘’récompenses’’. Elle est ''actionnaire '' et joue un rôle, malgré elle dans le phénomène des dépendances. La dopamine est produite au niveau du cerveau par certains neurones. Dans un terme se rattachant aux toxicomanies, elle est appelée communément ‘’ l’hormone de l’insoutenable attente du plaisir ’’.

        Suite au dérèglement de certains codes induits par les drogues, le mode naturel de la sécrétion de dopamine est perturbé. La situation de manque ( ‘’ de plaisir ‘’ ) que subit alors le toxicomane en stimule un appel parasite qui va entrainer la demande expresse d’une nouvelle dose afin d’en satisfaire le désir.

        A noter qu’après un sevrage médical pour les toxcicodépendants, le rétablissement des codes ramène l’ex-toxicomane à un comportement absent de ses besoins physiques antérieurs.

        * Le danger de la rechute chez le dépendant, comme chez l'addict, reste cependant présent tant qu'il n'aura pas réglé les problèmes psychologiques qui l'on conduit à son comportement pathologique.

       La production spécifique de ces neurones particuliers entre en jeu dans ce qui déclenche en nous la notion du désir et les manifestations du plaisir. Chez les personnes dépendantes, mais également, semble t’il, chez les addicts’, un excès de sa sécrétion entraîne le sujet à toute perte de contrôle sur sa volonté à refreiner sa démarche vers la consommation d’un produit pour le toxicomane et à pouvoir s'interdire de jouer chez l’addict’.

    Etre addict’ ou dépendant touche à la liberté. Plus exactement à la perte de sa propre liberté, de son libre arbitre, conduisant à terme tout sujet devenu addict’ ou dépendant, à ne plus pouvoir renoncer à une action ou à un produit.

    Cela ramène, dans un premier temps, à distinguer les phénomènes qui conduisent un sujet à ne plus pouvoir se passer d’un produit.

 

     a) : La dépendance : Elle est, plus spécifiquement,  le résultat qui conduit une personne à l’assuétude à un ou plusieurs produits qui induit de fait chez le sujet devenu dépendant un besoin sous forme d’appétence physique et psychologique à un produit, ou à des produits qu’il sera amené à consommer en dehors de toute mesure et sous des formes diverses comme :

        La cigarette à base d’herbes appartenant à la famille du haschisch, du kif, des cigarettes à base de résine de cannabis, à l’ingestion de végétaux hallucinogènes, tels que certains champignons, les injections, l’inhalation sous forme de poudre etc…

        L'absence d'apport du produit va entraîner chez le sujet dépendant des manifestations pouvant être violentes Elles seront d'ordre physique et psychologique, telles que de l'agitation, de fortes sudations, de la température, des délires... etc... )

                                                                                                                                                                      Image Internet.

 

     b) : L’addiction sans produit conduit également une personne à perdre toute notion de raisonnement face à une situation dont il n’est plus maître. Les adeptes de jeux vidéos pouvant jouer des jours durant. Pour les jeux d’argent en ligne ou à gratter, y perdre des sommes dépassant toute proportion raisonnable et bien qu’ils soient interdits aux mineurs !

           Dans le cas des addictions sans produit, la situation de manque relève de manifestations plus discrêtes au plan physique, mais n'en restent pas moins douloureuses au plan psychologique pour le sujet; pensées obsessionnelles et récurrentes aux jeux par exemple,  angoisses, insomnies. )                    

    De nos jours, chez les adolescents et les jeunes adultes, la plus fréquente est celle liée au cannabis, au haschisch associé à l’alcool. Sont utilisés des alcools forts tel que la téquila, le rhum et la bière pour ce qui sont les boissons courantes qui circulent dans les rassemblements privés.

 

     Tout en devant mettre des mots sur la découverte d’un produit suspect, ou sur les restes d’un mégot à la configuration reconnaissable trouvé dans la poche d’un ados’, il n’y a évidemment pas lieu de le traiter de toxicomane. Dans certaines conditions ou rassemblements, il a pu se voir plus ou moins contraint à devoir accepter la ‘’taf’’ de la cigarette qui circule dans le cadre ritualisé de ‘’ l’appartenance au groupe’’. Cet incident n’aura pour la plupart aucune suite.

 

    La consommation flash pour une recherche de la fulgurance, trouve également des adeptes à cette ivresse à la fois brutale et massive. A nôter que les dépendances à un ou plusieurs produits sont, de manière générale, rapidement identifiées par l’entourage du consommateur. Des signes à la fois physiques et comportementaux en marquant visiblement les troubles. La répétition de tels comportements doit être prise au sérieux. Il n’est là plus question d’un accident de parcours.

 

      L'incident de parcours est a associer au ‘’piège ‘’ dont chacun peut en être la victime lors d’une fête où l’ambiance a pu entraîner un ados’ à un excès de consommation qui restera l’exception. Il est à différencier d’une démarche vers une ivresse volontaire et recherchée.

 

                                            Les addictions dites sans produit.

 

                                                                                                                                                                     Addiction au jeu.Image d'Internet.

 

       Elles sont en voie progression massive chez les jeunes gens. Contrairement à l’alcoolisme et au tabagisme, dont la prise en charge des patients remontent à près d’un siècle pour l’alcool, celles concernant les jeux pratiqués par les jeunes gens par exemple n’ont qu’une décennie de recul. C’est en toute logique qu’il n’existe pratiquement rien dans le domaine de son étude socioculturelle.

       Les services médicaux n’avaient jusqu’à ces dernières années que peu de demandes de soins concernant les pathologies se rapportant aux jeux vidéos, à internet et à l’utilisation instinctuelle du téléphone portable. L’attachement à leurs pratiques n’était pas considéré à la hauteur des dangers, qui aujourd’hui apparaissent dans leurs dimensions pathogènes.

      Ces nouvelles addictions et contrairement à celles touchant aux produits catalogués ‘’drogues’’ ou à celles liées à l’alcool, ne sont pas suffisamment prises au sérieux et en particulier par les proches. Il faut dire également qu’elle sont souvent plus longues à découvrir. Les ados’ jouant dans leur chambre de laquelle les parents sont écartés au nom de leur sacro-sainte intimité, fait que leur addiction peut rester cachée longtemps. Une fatigue excessive par le manque de sommeil de ces impénitents joueurs et le décrochage scolaire en sont au fil du temps, les signes devenant apparents.

 

                                                      Quelques réflexions :

 

       Les interdictions, les punitions qui en premiers lieux viennent à l’esprit des parents, ne sont sans doute pas les meilleurs outils pour régler ce type de problème survenant à des adolescents ou à de jeunes adultes. Cependant et sans pour autant dramatiser si l’on peut rester dans la classification de l’incident de parcours, une addiction ou une dépendance avérée restent une alerte à prendre très au sérieux.

       Il faut, c’est essentiel, prendre le temps de la discussion. Elle doit reposer sur une écoute attentive et sans condamnation préalable.

      Amener le sujet à la compréhension de son comportement comme étant dangereux pour sa santé, pour la bonne conduite de ses études peut demander du temps. Le retour à une vie absente de tout produit ou de toute addiction dépendra de sa décision à vouloir, à pouvoir intégrer la notion des risques qu’il encourt.

        Si l’intervention d’un service spécialisé lui est nécessaire, il ne doit pas lui être présenté comme une menace, mais comme une aide dont il a besoin et que seuls des professionnels peuvent lui apporter.

        Votre soutien ferme et chaleureux lui sera indispensable pour lui affirmer à la fois des recommendations dont il devra tenir compte, tout en l’assurant fortement de vos liens d’affection, d’amour.

 

                                               Dépendances Addictions :

 

                         Leurs conséquences chez l’adolescent et le jeune adulte :

 

                                                          Sommaire

 

         Le décrochage scolaire à partir des classes du primaire pour ce qui sont les conséquences des jeunes addicts’ aux jeux vidéos. Manque de sommeil à cause du temps pris à jouer jusqu’à des heures indues de la nuit. Irritabilité. Phénomène de désocialisation à cause d’un repli sur soi. Perte de repaires avec la réalité, le virtuel les déconnectant du concret. Dégradation de son état de santé et de son équilibre mental. Abandon de toute activité sportive et culturelle qui sont pourtant des atouts indispensables à la bonne construction de tout ados’. Pour ce qui concerne les addicts' aux jeux d'argent, les conséquences sont de l'ordre de la perte de la crédibilité, de la confiance, de la méfiance de la part des membres de leur famille. Certaines jeunes personnes sont amenées à devenir les voleurs de leurs parents, à utiliser frauduleusement leur cartes de paiement pour satisfaire leur besoin irréprécible de jouer.

    Pour les jeunes adultes : Les études abandonnées ou ratées à cause des dépendances coutent des carrières professionnelles à des milliers de nos étudiants.

    Des comportements violents, de la délinquance, vols à l’arrachée pour s’acheter de la drogue, entrainent des jeunes adultes à avoir à faire à la justice.

     Troubles du comportement, troubles alimentaires, troubles du sommeil pour ne citer que les moins dramatiques. Mon propos ne voulant pas laisser croire qu’il n’y a pas de solution curative aux problèmes des dépendances comme à celui des addictions.

                                         _____________________________

   

                                          Au sujet d’un questionnement :

 

        Les addictions sont elles liées à la distension des libertés, à la désinformation, à la démesure de la tolérance ?

    Peut on imaginer une programmation aux addictions d’une partie de la population qui serait organisée par le cartel des créateurs et fabricants de jeux en tout genre ?

Pourquoi cette insuffisance de volonté politique face à ces addictions et dépendances, dont les conséquences se chiffrent en millions d’euros de soins et à l’altération de la pensée d'une frange de notre jeunesse ?.

 

                                          ______________________________                         

 

        Que penser de l’office mondial de la santé ( O.M.S ), de l’académie française de médecine et de notre académie des sciences, qui disent impropre le mot d’addiction s’appliquant aux jeux vidéos, à internet, à l’utilisation démesurée du téléphone portable et autre I phone, alors que des milliers d’enfants déjà, des adolescents et de jeunes adultes en sont devenus pathologiquement accros.

       A ce jour, seule est reconnue pathologique et cataloguée comme étant une addiction, celle se rapportant aux jeux d’argent. Ces jeux en ligne, casinos et autres lieux légaux ou clandestins ne sont, selon la loi qu’accessibles aux personnes majeures. Or il est de notoriété publique que nombre de mineurs en usent. À nôter qu'à ce jour, les mineurs accros aux jeux d'argent, ne peuvent pas légalement, être pris en charge en milieux de soins, hôpital de jour ou dispensaire….car pour ce type d'addiction et sa prise en charge.......il faut être majeur !.

      Pourquoi les pouvoirs publics restent ils sourds aux inquiétudes des parents et aux différents constats des enseignants qui dénoncent une baisse d’attention des élèves au profit de leurs échanges par mails et autres supports de communications, alors qu'ils sont en cours, utilisant pour rester au contact de leurs correspondants (tes ) d'un avertisseur par vibration  !.

      Pourquoi continuer à négliger les effets d’un absentéisme récurrent à cause d’une nuit passée à jouer, et dont le lever s’avère alors impossible !

     Que donner comme explication sans se voiler la face, quant aux raisons qui expliquent que des élèves s’endorment dans les salles de cours !.

       Face à la gravité du problème et aux conséquences désastreuses qui se font jour, l’information est bien trop timide pour alerter à sa juste ampleur les familles des dangers que courent leurs enfants en s’adonnant de manière pathologiques à de tels abus. Les dépendances et les addictions gangrènent la vie de familles entières et ruinent le potentiel d’une jeunesse que l’on ne sais plus protéger..

 

                                                        ____________________

    

                           Adresses d’établissements de soins sur  84000 Avignon :

 

                  **Centre Guillaume Broutet, 1 Bd Anatole France tel : 04.90.03.89.35.

         Hôpital de jour de service public. Consultations pour les dépendances et les addictions.

                                                        ______________________

 

                                           **Avapt, 22 rue Mantel tel : 04.32.70.27.00.

                                            Centre de consultation de service public

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 23:55

Le Ventoux raquettes aux pieds

 Prétexte à un peu d'histoire   

                                                 

 220px-Mont Ventoux par Hackert fin XVIIIe   

 

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Le Mont-Ventoux.

 

                                Au-delà de ce qu’il véhicule comme légendes dans le domaine du cyclisme, du sport en général et de quelques exploits hors du commun, il est également connu pour avoir peuplé des siècles durant l’imaginaire des habitants des villages voisins, celui des écrivains de romans, alors que d’autres en retracent le récit de leur première ascension.

       Le Mont-Ventoux devient à la portée de la connaissance des hommes sachant lire….le latin… grâce à Pétrarque, qui le 26 avril 1336 en fait une première escalade décrite dans un courrier adressé au moine Augustin François Denis, de Carpentras.

      Si son ascension n’est pas mise en doute, la date parait trop avancée pour avoir pu en atteindre l’objectif final. Il est en effet probable que pour cette époque, sa cime était encore trop fortement enneigée.

       Une confusion dans la correspondance des dates en serait l’explication. Sous Pétrarque, il s’agissait du calendrier Julien alors que le traducteur, quelques siècles plus tard, s’est servi de l’almanach Grégorien !

       De même que la première trace écrite de l’ascension ne signifie en rien qu’elle fut la première commise par l’homme. En effet, son sommet révélera plus tard de la présence humaine bien avant cette date de 1336.

         Dans sa lettre au moine, Pétrarque parle notamment d’un berger qu’il rencontra au milieu de la montagne et qui lui dit avoir été interrogé quelques saisons d’été auparavant par un homme cherchant un chemin qui le conduirait au sommet. Il s’agirait peut être du philosophe français Jean Buridan.

        Le même berger atteste à Pétrarque avoir entendu, dans le cadre de la transmission orale, que ses aïeux, déjà, parlaient de rencontres avec des étrangers.

_ Munis de grands bâtons, sans chien ni bétail, semblant venir de nulle part, tous portaient des vêtements étranges. Ils en cherchaient le sommet dont les anciens disent que personne ne peut en revenir !

 

 Mont-Ventoux. Plate forme du sommet avant la première cons

Fin du XIX siècle: Terrasse de l'ancien observatoire en hiver.

 

         Bien plus étonnant encore. En 1882, des travaux destinés à l’aménagement de la première plate forme devant recevoir en son sommet le premier observatoire, ont permis de mettre au jour des poteries remontant….. à l‘antiquité. Une reconstitution réalisée à partir des fragments, a légitimé l’identification de trompettes faites avec de l’argile. Munies de deux anses, elles pouvaient se porter en bandoulière grâce à des lanières de cuir. Il s’agirait d’objets fabriqués par une civilisation pastorale. Ces objets attesteraient de la trace d’une occupation humaine temporaire du sommet du Mont-Ventoux…. déjà au tout début de notre ère.

      Ce matériel pouvant émettre des sons très aigus, aurait eu pour vocation de vouloir dualiser avec les sifflements du Maître des vents qui balayait violemment le pays une grande partie de l’année. Rites exorcistes sans doute. Où manifestations bruyantes voulant couvrir le bruit inquiétant d’un souffle mystérieux, dont les hommes pensaient qu’il sortait des cavernes et qu’il était porteur de sortilèges.

       Il faudra attendre 1518, soit près de trois siècles après celle du célèbre poète italie, pour que de nouvelles traces consignées apportent la preuve d’une ‘’ élévation ‘’ totale du géant de Provence par Joachim de Saze.

       L’histoire raconte que la peste sévissant dans la région. Il fut alors demandé à cet homme, accompagné de Baudichon Falcon, courrier de la ville, d’aller brûler un cierge dans le cœur de la chapelle sommitale de la Sainte Croix.

         C’est par hasard, qu’en 1936 fut retrouvée par le docteur Pansier, une lettre dans laquelle sont mentionnés en détail les achats opérés pour cette expédition. Cette lettre figure aujourd’hui dans les archives de la ville d’Avignon.

     A partir du XV siècle, les écrits relatant des recherches et démarches en tout genre ayant pour champ d’investigation le Ventoux, se font plus courants et plus précis. Nicolas Fabri de Peiresc en 1632, passionné d’archéologie et de géologie, accompagné du R.P Athanase Kircher, polygraphe, astronome, inventeur de la lanterne magique ,en feront une ascension....  pour la science.

     Plus tard, en 1778, le docteur Darluc entreprit d’y faire des études géographiques et botaniques. Dés lors, la réputation de la vaste biodiversité du Mont-Ventoux va attirer beaucoup de chercheurs et de savants venus de toute l’Europe.

 

 

 

 Jean-Henri Fabre

 

           Jean-Henri Fabre: 1829-1915, homme de science, naturaliste, entomologiste, vivant au lieu-dit l’Armas sur la commune de Sérignan du Comtat, ne cessera à partir des années 1850, d’en fouiller ses pentes à la recherche de sa population d’insectes, d’oiseaux et de vouloir en répertorier ses nombreuses plantes. Certaines s’avèreront être identiques à des espèces rencontrées sur le rivage du Spitzberg, comme le saxifrage à feuilles opposées.

 

 Saxifrage à feuilles opposées

Le Saxifrage à feuilles opposées.

 

       Pour ne parler que des espèces les plus surprenantes, il y rencontrera au cours de ses soixante ascensions dénombrées, le petit pavot velu à corolle jaune que l’on trouve exposé coté nord à l’approche de son sommet, et dont l’identique s’aperçoit dans les solitudes glacées du Groenland et du Cap Nord.

 

Petit pavot velu à corolle jaune

Pavot velu à corolle jaune.

 

       En 1996, sur le versant nord, aux alentours de Brantes, des ossements d’ours bruns de type caucasien y sont découverts dans une grotte. Ces squelettes remontent à l’époque de Neandertal. Suite à d’autres recherches, d’autres ossements mis au jour ont permis de recenser plus de cinq cents individus, ce qui en fait l’un des gisements les plus importants d’Europe. L’ours brun, dont l’habitat de situait sur le flanc nord du Mont-Ventoux n’a disparu des lieux qu’au tout début du XX siècle.

           Mille plantes, dont quatre cents genres floristiques et plus de cent oiseaux différents, figurent sur le répertoire des observateurs et scientifiques spécialistes du Mont-Ventoux.

 

Aphyllanthes de Montpellier

Aphyllantes de Montpellier.

 

         De nos jours, le Mont-Ventoux héberge des espèces giboyeuses du front alpin, et d’autres appartenant à l’espace méditerranéen. Lièvres, perdrix rouges, chamois, biches, cerfs, chevreuils, sangliers y sont débusqués selon des règles et des critères réajustés à chaque saison de chasse.

      Le mouflon, le blaireau, la fouine, le renard sont également présents. Une multitude de rapaces dont le Circaéte Jean-le-Blanc ont réintégré le massif boisé. Le loup y a sans doute retrouvé refuge. Un sujet formellement identifié a été abattu accidentellement sur la commune de Bedoin en 2012 !

 

 Circaéte Jean-le- Blanc

 Le Circaéte Jean-le-Blanc.

 

_______________________________ 

 

Le Mont-Ventoux et quelques uns des ses caractères :

 

 L’observatoire météo :

 

 Mt_ventoux_Tour-de-l-observatoire.jpg

 

        Un première construction remonte à 1882. Le bâtiment actuel a été édifié en 1966. La hauteur de sa tour est de 42 mètres, laquelle est surmontée d’une flèche de 20 mètres. Ses installations sont affectées à la base militaire de Orange-Caritat.

 

Le Radôme :

 

 Le Radôme.1995.

 

 

      Grosse boule de béton implantée en 1995 sur son arête occidentale. Le Radôme est sous la responsabilité de la direction générale de l’aviation civile. Il protège un radar, lequel assure avec une vingtaine d’autres stations décimées sur le territoire français, la sécurité de notre espace aérien.                                               

 

 220px-Chapelle Sainte Croix

La chapelle Ste Croix.

 

      Sa première construction date du XV siècle sur décision de l’Evêque de Carpentras et neveu du Pape Sixte IV. Détruite pendant les guerres de religion, elle sera reconstruite en 1701 sur ordre de César de Vervins, prêtre Avignonnais.

 

Le Mont-Ventoux et ses exploits sportifs hors du commun :

                                                                       

* Un premier marathon est organisé pas l’union sportive de Carpentras en 1908.

 

                                                                                                                                                   

 

 220px-Mont Ventoux-Motorradrennen 1904

Les premières courses d'engins à moteur.

 

   * Le 7 août 1921, à l’occasion d’une course automobile, Gustave Daladier pose un petit avion sur un plateau sommairement aménagé au col des Tempêtes.

    * 1962 : Jean Bouteille, 70 ans, professeur à la retraite, fait l’ascension du Ventoux par Malaucène sur un vélo….dépourvu de selle en 1 h et 54 minutes. Les spécialistes apprécieront l’exploit qui réside à tout faire ''en danseuse'' !. Dans la foulée, il le redescendra à pied en 1 h et 19 minutes.

   * Pour faire dans l’originalité, en 1983, André Derve de Valréas le grimpera avec son triporteur pesant….52 kilogrammes !

    Le Ventoux se monte également à rollers, à skis à roulettes, en courant en marche arrière et peut être bientôt sur….les mains…

     * Ne nombreux records de son ascension à vélo sont inscrits dans les registres officiels :

   * Michel Robert, ancien coureur de catégorie Elite, aujourd’hui marchand de cycles à Avignon, le grimpera 9 fois en 22 h par son versant sud, entre le 31 juillet et le 1er aout 2005.

   * 2006 : Pascal Roux et Stéphane Rubio, avec 11 ascensions détiennent aujourd'hui encore le plus grand nombre de grimpées en 24 h.

   * 2009 : Isabelle Esclangon  reste titulaire du record féminin avec 8 ascensions successives par Bedoin.

     * Le Mont-Ventoux détient un record de la vitesse du vent :  320 K.H par vent du sud et 313 K.H par temps de mistral. Relevés datant de 1967.

 

 _________________________

 

La partie raquettes.

                                                                                                                                                   Vue sur le sommet.

 

       **** Pour ce qui me concerne et bien qu’ayant gravi le Mont-Ventoux plus de cent fois à vélo, l’ayant pratiqué en randonnées sac au dos et chaussures de marche ou encore équipé de raquettes ou de skis, je n’y ai pas d’autre quête que celle du plaisir d’en refaire ses chemins, d’en remonter ses combes et, à l’occasion, d’en photographier certaines de ses particularités.

       Je laisse donc le soin aux chercheurs de chercher et aux écrivains de trouver des sujets les amenant à lui découvrir des histoires singulières.

 

 Ventoux côté sud:. En direction du sommet.

 

      Cette années 2014, courant janvier et février, de nombreuses chûtes de neige ont permis d’en recouvrir ses pentes bien en dessous du Mont-Serein pour sa face nord et quelques centaines de mètres en aval du Chalet Reynard, pour le coté sud.

 

Ventoux 21 janvier 2014.

 

     Accompagné de Bernard et de Hubert, également compagnons de route pour ce qui est du vélo, ma première randonnée de la saison s’est faite par le sud.

 

21.01.2014. Ventoux. Près du sommet.

 

     Le froid piquait au vif mais le temps était au beau. Le soleil donnait une brillance particulière aux cristaux de neige gelée. Le Mont Pelé, ainsi désigné pour ce qui est de sa calotte sommitale, se présente à nous telle une carte postale, une invitation au partage et à la découverte. Le vent, qui plus de deux cents jours par an en balaie brutalement sa crête, ce jour là s’était fait clément pour nous. Il ne soufflait pas, mais les traces de son passage en avait statufié les arbustes et les poteaux de signalisation.

                                                                                                                                               Ventoux 21 janvier 2014.Sainte Croix. Chapelle Sainte Croix au sommet du Mont-Ventoux21.01.2014.Le sommet du Mont-Ventoux.Ventoux 21 janvier 2014.  Ventoux 21 janvier 2014.

Vue de l'ancienne station météo et de la chapelle Ste Croix.

 

         La façade des bâtiments du sommet, exposée au nord, était incrustée d’une telle quantité de paillettes givrées, qu’elles en cachaient le revêtement d’origine. Le spectacle est surréaliste au point de ressembler au travail de  Christo.   

 

 J'attends Hubert !!!!

                                                                                           

     Le départ se fait du chalet Reynard. Nous empruntons sur quelques centaines de mètres le tracé du téléski. Ensuite, Bernard nous entraine côté droit pour arpenter des terrains sans trace, en vue de nous faire découvrir le Ventoux dans ce qu’il a de plus sauvage. Celui que les milliers de cyclistes qui viennent y faire leurs armes de grimpeurs, ne verront jamais.

     Dans cette ambiance d’aventurier,  chaussé de mes raquettes, je suis ramené un instant aux lectures de mon adolescence. À cette époque, où privé de tout loisir faisant appel à un déplacement ou à un caractère onéreux, je partais à la conquête du grand nord grâce à Jack London et à Olivier Curwood. Miracle du virtuel, mes chevauchées étaient sans limite et contrairement à aujourd’hui, le souffle ne me manquait pas.

                                                                                                                                                   Côté sud. Bouclage de sac!!

 

     Au moindre dévers, raquettes aux pieds, la marche devient difficile et douloureuse pour les chevilles. Il faut, à chacun de ses pas, soulever haut la jambe afin de se dégager de la trace parfois profonde dans laquelle régulièrement l’on s’enfonce. Cependant, malgré ces difficultés, le bonheur est au présent. Où chacun des points d'observation rencontrés sur le chemin, nous transportent tantôt sur le Vercors ou sur les Alpes qui nous paraissent pouvoir être touchés du doigt. Par temps clair, l’on peut même y apercevoir le sommet du col de Meyrand, au pied duquel s’abrite Loubaresse, le village où est né mon Père.

        Je suis là dans un voyage permanent. La nature et le calme réveillent en moi tout un monde qui se révéle à nouveau en moi. Une émotion, une image, remettent en route le fil d’une histoire, ou m’apportent les éléments pour celles que j’écrirai plus tard.

 

 Ventoux ''raquettes'' 11.02.2014. Coté nord. 006

Hubert voudrait bien pouvoir couper court, mais !

 

       Si pour atteindre son sommet à vélo l’effort reste constant, raquettes aux pieds il n’en est pas moins difficile. Ce premier jour, la dénivelée positive devait approcher les cinq cents mètres, ce qui suffit largement à me mettre en sueur.

 

 Ventoux.Chalets au Mont-Serein.

 

La station du Mont-Serein.

 

 Ventoux. Le Chalet Liotard.

 

        Pour nos deux sorties suivantes, Bernard nous a guidé sur la pente nord. Dure journée que celle où la chausse de nos prothèses ‘’piètales’ ’se fit au départ du sentier conduisant au col du Comte, en dessous du niveau du Mont-Serein. Près de 800 mètres de montée en positif me firent prendre conscience de l’état de ces parties du corps qui se résument en articulations et en muscles.

       Vint ensuite la rando’ au départ de l’un des parkings de la station. Cette dernière fut écourtée dans sa phase finale. La semelle de l’une des chaussures à Hubert s’étant subitement mise en ….éventail !.

       Un grand merci à Bernard, dont je viens d'apprendre ses origines briançonnaises. Région que personellement je découvrais en 1958, en qualité d'infirmier militaire dans l'hôpital qui se situait en bas de la Grande gargouille, aujourd'hui mairie de la ville haute.

       Quant à Hubert où sur le vélo, il me grille sans forcer, je l’ai vu, tout comme moi, tirer la langue pour tenter de suivre notre guide montagnard.

                                                    ____________________________

 

   Pour les photos : Hubert, Bernard et….ma pomme. Certaines d’entre elles, proviennent de fichiers internet.

   Bibliographie : Le Mont-Ventoux de Georges Brun, aux éditions le nombre d’or : Carpentras 1977.

    Complément d'informations pris sur la toile.

 

 

__________________

 

 

 

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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 22:56

Anniversaire.

 

Suite et fin de mes 75 ans en balade à vélo dans la Drôme.

Troisième et dernière étape : Serres / Saint Auban sur Ouvéze.

                      

 Résumé :

 

                           Accompagné de Bernard, d’Hubert et de Patrick, que je cite là selon la règle de l’ordre alphabétique pour pas qu'il soit dit que je fais du favoritisme à l'adresse de l'un d'entre eux ! Me voila parti depuis deux jours de Saint-Auban sur Ouvéze pour effectuer un circuit concocté par Hubert.

       Je roule sur mon vélo estanpillé '' Bouquet '', un artisan du deux roues sans moteur de la région d'Orgon. Il est refait d’un rouge éclatant. Il est équipé de nouvelles sacoches et d’un éclairage L.E.D, dont je ne dis pas le plus grand bien. Je lui fait le reproche d’être moins efficace que le rendu de la dynamo dont est dotée ma randonneuse de chez Valéro !

 

Ma randonneuse ''Bouquet

 

     ***C’est du déjà dit dans l'un des récits précédents, mais la redite n’est elle pas le propre du résumé !.

 

               Deux jours à traverser une Drôme sauvage, dont Hubert est allé au sein de ses entrailles y dénicher un superbe itinéraire. Il y a dégoté le style de chemins, qui au-delà des panoramas superbes qu’ils m’on fait découvrir, ont signé en mon être, en guise de bonus, des souvenirs musculaires qui me sont restés tenaces !

      Mes camarades, eux,  n'en ont pas gardé de reliquat douloureux, au point de ne plus se rappeler combien les cols étaient raides tellement ils étaient à l’aise dans leur ascension. Moi qui m'en souviens, je peux les énumérer. J’ai donc déjà dans les pattes les sommets de Peyruergues, de Soubeyrand, de Prémol et pour en finir de notre première étape, une montée de deux kilomètres à 10%, dont personnellement j’ai trouvé son système métrique à rallonge...... tellement elle me fut difficile. Il s’agissait en l’occurrence de rallier le gîte qu’Hubert avait retenu pour le groupe, et dont l’arrivée se trouve perchée au dessus du Saut de la Drôme. 

 

 Dans la Drôme. Le gÎte perché....

 

Hubert dans ses préparatifs au départ du gîte.

 

 Drôme Sud 020

Partie du chaos du saut de la Drôme.

 

    La deuxième étape nous fit traverser de beaux sites comme les gorges des Gats. Il y eut la montée du col de Grimone, point culminant de notre séjour avec ses 1318 mètres. Je me dois de rappeler que ce jour là, également, en garantie d’une douce digestion, il nous fut proposé de faire un aller-retour vers le vallon de la Jarjatte. Une promenade de santé aux dires de la restauratrice..... que naïvement je crus sur parole.

 

 27.28.29.09 2013. mes 75 ans à vélo dans la Drôme 022

Dans les gorges des Gats.

 

                          Auparavant, en début de matinée, il y eut la séquence du col de Miscon dont les souvenirs me restent présents. A la fois pour son penchant à vouloir m’épuiser, tellement sa pente est violente, et pour son appellation à la consonance particulière dont l’évocation remet en images quelques souvenirs lointains.... mais dont vous ne saurez rien  !.

 

 Drôme. Dans le col de Miscon

 

 

               Après le repas de midi, après La Jarjatte, après Luc en Dios, une dénivelée favorable et un vent arrière nous amènent à rouler à 35 km/h et plus. Dopé par ces deux conditions réunies, je crus l’espace de quelques temps avoir renoué avec le passé de quelques retours de brevets. Où, bien calé au sein d’un peloton de rouleurs rompus à des allures de coureurs, je rentrais sur Grenoble, Luchon ou Le Puy en Velay à une vitesse qui décoiffait les chevelus ou à ne plus pouvoir garder une casquette sur la tête de ceux voulant cacher leur calvitie !.

        Cette route des Alpes, aujourd’hui fort pratiquée par une circulation automobile dense, représente un danger évident pour le groupe. C’est au niveau d’Aspremont qu’une opportunité s’offre alors à nous pour rejoindre Serres par une départementale. Tranquille le circuit, mais le franchissement des raidillons précédents la Clue de Sigottier me ramènent subitement à la réalité des moyens restant à ma disposition.

    -Adieu les souvenirs d’antan  fraîchement évoqués et revenus en mémoire,

    -Adieu les jambes qui tournaient dans la semoule,

    -Adieu à ce temps, mais quel bonheur malgré les courbatures.

     En effet, je suis entouré de compagnons prévenants et le site traversé se trouve magnifié par un soleil rougissant les montagnes. En ces instants, je suis lucide et conscient du cadeau que la vie me fait.

     Pouvoir ainsi profiter de cette passion qu’est le voyage à vélo en est un que j’apprécie tout particulièrement.

      La jouissance d’un loisir, rester bénéficiaire de moyens physiques qui me permettent la liberté d’un tel choix malgré le temps passé, viennent en sublimer tout un complément de reconnaissances que j’adresse à la vie, à la chance, à la génétique, à l’amitié qu’il m’est permis de partager, à…...

      Bien que douloureuse pour ma carcasse vieillissante, Serres apparaît alors comme la halte salvatrice.

   Serres, escapade dans le 05 en vue d’y faire étape chez Fifi Moulin et rendre visite à Mimi et à Michel, amis sportifs de longue date et nouveaux résidents dans la région.

    Après être venus nous prendre à l’hôtel et avant de s’assoir à la table du restaurant du village de La Roche des Arnauds, Mimi et Michel nous ont invité, le verre à la main à faire la visite de leur maison écolo’ dont ils sont particulièrement fiers. A juste titre aux vues des aspects techniques de la construction et de ses qualités en matière d’économie d’énergie.

 

 

 La-Maison-de-Mimi-et-de-Michel-a-la-Roches-des-Arnauds--05.jpg

 

La maison de Mimi et de Michel.

 

 DSCN7210.JPG

 

________________________________

 

Dimanche 22 septembre 2013

 

 Serres

Serres

 

       Avant de reprendre la route, une visite pédestre de Serres le Haut me rappelle à un reliquat d’acide lactique au niveau des jambes que le repos de la nuit n’a pas réussi à déssaturer. Miscon me revient alors en mémoire !

 

 Drôme. Serres. Bernard à gauche et Patrick

Bernard et Patrick dans la contemplation !

 

      La balade est riche d’enseignements. Des panneaux signalent un passé remontant à des temps très anciens. L’on y apprend que les Ligures ont vécu dans les montagnes environnants Serres.

      Beaucoup plus transparent pour ce qui en est des vestiges, la ville garde de nombreux bâtiments datant du XIV siècle.

 

Drôme. Serres.Les vieux quartiers.

 

 Serres. Rues de la vieille ville.

 

 Peinture-du-----vieux-Serres---.jpg

 Peinture d'une rue du ''vieux Serres''

 

      Suite à l’installation des Papes à Avignon, Serres devient l’une des étapes pour le clergé et les pèlerins voyageant vers l’Italie. Par la route empruntant la vallée de l’Aygues, elle permet la liaison avec les villes du nord de la citée romaine.

 

 27.28.29.09 2013. mes 75 ans à vélo dans la Drô-copie-1

Porte ancienne dans la vieille ville de Serres

 

      Sa situation géographique en fait un lieu de ravitaillement, de consommation et d’échanges commerciaux en tout genre. Serres devient la ville la plus peuplée de toute la vallée du Buech.

                       La mise en route de cette dernière étape peut se faire dans des conditions idéales. Ce matin le soleil de septembre est vaillant comme il convient pour faire de la randonnée. Cette chaleur n’a cependant rien de torride comme celle rencontrée parfois dans cette région les mois de juillet et d’aout.

       Par la D 50 nous descendons en direction de Laragne. Peu après le départ de Serres, le barrage de St Sauveur retient l’eau du Buech sur une distance impressionnante. Plusieurs kilomètres à vue de nez !.

 

 27.28.29.09 2013. mes 75 ans à vélo dans la Drôme 038

Vue sur le lac de St Sauveur.

 

      Ce barrage est le point de départ d’un réseau de canaux et de conduites souterraines destinés à l’usine de production de courant électrique de Lazer. Les eaux retrouvent ensuite le Buech un peu en amont de la clue de Sisteron.

 (précisions empruntées à Hubert.)   

 

                Deux jeunes garçons montés sur des V.T.T semblent vouloir nous tester quant à notre capacité à pouvoir les suivre. Ils nous dépassent, puis se laissent rattraper pour mieux repartir de l’avant. Leur jeu donnait le sentiment de vouloir nous amener à les questionner sur leur destination ! Ou voulaient ils connaitre les raisons de notre passage en ces lieux ?.

       J’ai pu échanger quelques mots avec l’un des deux adolescents qui me dit aller, avec son camarade, passer la journée chez sa grand-mère qui habite plus loin.

      Après les arrêts photos du lac et s’être dévêtus de nos vestes à présent inutiles, nous retrouvons les jeunes gens appuyés sur la clôture d’une petite maison de campagne. Visiblement ils nous attendaient et je perçus leur salut de la main comme une marque de sympathie à notre égard. Marque d'envie de pouvoir, peut être, dans les jours prochains, dans les années à venir, partir sur leur vélo avec pour ambition de découvrir le monde ! 

        La région est essentiellement arboricole. Majoritairement, des pommiers en couvrent sa superficie. En complément, des espaces de cultures fourragères laissent, eux, penser à de l’élevage. L’absence de bestiaux dans les pacages s’explique sans doute, par leur montée en estive de laquelle il ne sont pas encore descendus.

      La route est agréable et peu fréquentée par les voitures. Un petit vent arrière facilite notre progression vers ce qui sera ce soir la fin du voyage. Cette dernière étape s’annonce bien moins difficile que celles des jours précédents.

      Le hameau du Plan signe le début des gorges de la Méouge. La montée reste douce. Je suis devant. Exceptionnellement loin devant. Des paysages magnifiques, la solitude du moment, me donnent l’occasion de m’évader vers des horizons dont il me plait d’en tracer les lignes. Dans ces circonstances je suis un rêveur qui se laisse entrainer vers des idéaux que je dirige à mon gré.

    Sans trop d’effort, ma vitesse se stabilise aux alentours des quinze kilomètres à l’heure. La falaise est sur la droite bien que par endroit elle en barre la route. De courts tunnels, dont certains sont des trouées naturelles, en permettent la traversée.

 

27.28.29.09 2013. mes 75 ans à vélo dans la Drôme. Dans

 

Dans les gorges de la Méouge.

 

 27.28.29.09 2013. mes 75 ans à vélo dans la Drôme. Berna

Bernard dans les gorges de la Méouge.

 

         Je suis rattrapé par Bernard et ensemble nous rejoignons Barret sur Méouge où il a été convenu de nous rassembler.

       L’itinéraire qui était prévu devait nous faire passer par le col du Perty. Une requête de Bernard nous le fera éviter. Son idée est de vouloir découvrir un tracé passant par le col d’Araud dont Hubert lui a parlé.

         Le modification de l’itinéraire initial intervient à Serre des Ormes où nous sommes invités à quitter le lit de la Méouge pour changer de vallée. Le Travers de Serre, un petit ruisseau, suit en contrebas la route que nous emprunterons alors jusqu’au col D’Araud.

    La chaussée est un brin plus large qu’une sente. Il s’agit là de l’une de ces petites routes de montagne semblant avoir été établies en suivant la course d’un troupeau de chèvres se frayant un passage à travers la végétation !.

    Mon propos ne se veut en rien critique, ni moqueur. Au contraire. Les paysages qu’elle nous fait traverser sont dignes d’un label faisant référence au naturel, à la sauvagine, à l’authentique, à tout ce qui rend intéressant une route pour cyclos. Vous l’aurez compris, touristique, agréable, tranquille sont des adjectifs qui la qualifient à sa juste appréciation, mais alors pour les coups de culs, pardon !.

      Je suis sur mon plus petit développement, soit 22 à l’avant et 28 à l’arrière. Tout en roulant, je crois entendre des ricanements remontant de souvenirs lointains et concernant mon équipement en braquets.

       Il ne s’agissait pas, évidement, d’un vrai cyclo-campeur ou autre cyclo-montagnard. Pas plus que j'étais moi même randonneur à cette époque d’ailleurs. Eux savent que ces braquets sont nécessaires pour arriver à bout de certaines difficultés. Je pense là et précisément à l’un de mes anciens camarades coureurs qui en voyant un jour mon vélo nouvellement équipé d’un tri-plateaux, s’exclama :

      _Ton truc là, c’est pour grimper aux arbres ?

        C’était au tout début de ma ’’mutation‘’ vers ma pratique du vélo loisir. Celle qui m’a fait voyager. Celle qui m’a fait aimer le cyclisme dans sa dimension élargie au partage. A celui de la rencontre, à celui de l’entraide.

        Sans tarder, dans le mois qui suivit cette moquerie, entrainé dans un traquenard orchestré par Roger, un ami cyclo de chez les cyclos, et par le vilain petit canard que je fus pour l’occasion, le camarade en question laissa sur le goudron les semelles de ses chaussures dans l’une des pentes du grand Luberon …..faute d’un triple…….

        Camarade, si tu me lis !

      C’est ainsi que prenant le temps au temps, accompagné pour cette occasion de Patrick et de mes flâneries, que j’escalada le col d’Araud.

 

Drôme. au sommet d'Araud accompagné de Patrick0

 

Dans le final du col d'Araud, accompagné de Patrick.

 

 27.28.29.09 2013. mes 75 ans à vélo dans la Drôme. Trois

La randonneuse d'Hubert.

 

      S’il fut gravi au pas de l’homme, j’en conserva mes semelles grâce à ce matériel, qui encore aujourd’hui prête à sourire aux yeux de certains pratiquants des sorties de kermesses !

       Dans la vallée, Lachau, qui n’est pas une capitale, doit être notre point de restauration. Une longue descente nous amène vers les 13 heures devant le seul restaurant du village dont le menu qui nous est proposé est celui d’un panneau indiquant: À vendre !

 

 Drôme.Le chateau de Lachau

Le château de Lachau. Lui n'est pas à vendre !

 

         Séderon est à 12 kilomètres. C’est loin pour des gens qui ont faim et le temps d’y arriver le service dans les restaurants sera terminé……..C’est alors qu’une gentille Mémé qui semblait faire sa promenade digestive, nous indique l’ouverture toute récente…..d’une buvette dans la salle des fêtes du village. Elle a dit buvette la Mémé et pas restaurant.

         Dans un premier temps et comme l’on aurait du s’y attendre, le modeste établissement qui venait de nous être recommandé ne servait pas de repas. Nos mines désappointées et la faim nous rendant sans doute pitoyables, attira sur nous la compassion de la gérante. Gênée de ne pouvoir satisfaire notre ultime espoir quant à pouvoir nous restaurer, elle nous dit aller voir ce qu’elle pouvait faire pour nous. Le temps de prendre un demi, elle réapparue chargée d’un encas pour chacun....... tiré de son frigo personnel. C’est ainsi que nous fûmes sauvés d’une plongée vers l’abîme de l’hypoglycémie !

 

 Drôme. A la buvette de Lachau.

 

Des explications sur l'ouverture de la buvette!

Assis de dos:  Bernard. En vert: Patrick.

 

                    Ce n’était rien qu’un peu de pain, de saucisson et de fromage

           Qui fut pour nous un vrai festin, alors que nous glissions vers un naufrage.

 Pardon Georges !

 

          Elle est belle la vie quand il nous est donné de faire de telles rencontres. Je fais là, allusion à la Dame et à Brassens précisément .

         Pendant que nous mangions, une troupe de chasseurs arrosaient copieusement à la boisson anisée, le trophée sanguinolent d’un sanglier qui ‘’reposait’’ à l’arrière d’un gros 4x4. À voir la cadence à laquelle ils vidaient leur verre, nous fûmes rassurés pour le gibier qui n’avait plus rien à craindre quand bien même ils repartiraient à la battue !.

      Rassasiés et confondus en remerciements, nous étions sur le départ quand Hubert qui, je le voyais scrutait sa carte Michelin, nous proposa un petit crochet culturel. L’approche, précisa t’il pour me rassurer, ne comporte aucune difficulté. Je me rappelais alors celui de la Jarjatte et l’annonce d’un nouveau détour faillit m’en couter un malaise!.

 

Drôme. En direction de N.D de Calma à Lachau.

Le chemin conduisant au site roman.

 

     Le ‘’tout plat’’ s’avéra cette fois exact et le chemin nous conduisant sur le lieu de la visite fort agréable. Une église romane du XII siècle dédiée à N.D de Calma se présente majestueuse au milieu d’un ilot de verdure. Sa structure, qui reste de nos jours en parfait état, valait bien le détour. L’histoire nous dit qu’elle est construite sur l’emplacement d’un ancien monastère, lui-même implanté sur des vestiges gallo-romains.

 

Drôme.Eglise d eN.D de Calma à Lachau

Drôme.Lachau. N.D de Calma

 27.28.29.09 2013. mes 75 ans à vélo dans la Drôme 044

 

À l'intérieur : Insolite: Le corbillard traditionnel des siècles derniers!

 

 Drôme. Lachau.N.D de Calma. 

 

      Le col de Mévouillon, qui n’est en fait qu’un long faux plat en ligne droite donnera lieu à mes dernières lamentations. Bien que sachant me mettre à l’abri, un vent de travers m’obligea à puiser en mon être ce qui me restait de fond d’énergie.

      Hubert, voisin des lieux par sa maison secondaire, nous fit alors prendre une petite route en trompe-couillons. De celle qui malicieusement vous masque la pente en se tortillant en lacets. J’avoue cependant qu’elle me permit de finir sur une excellente impression quant à ce que cachait Hubert comme attention à mon égard. Le gentilhomme qu'il sait être parfois....  a su, en effet, tenir compte de mon ras-le-casque vis à vis de ce sacré bout droit et dont il fallait me sortir !.

       La  route à présent nous rapproche de notre lieu de départ où voici trois jours nous y anticipions sur nos étapes à venir. Où je me demandais si je ferai ‘’ la maille’’ au sein de ce groupe de jeunots.

    L'escapade fut belle en tout point.

    -Merci Hubert, toi qui en as sélectionné le parcours et les étapes.

    -Merci de m’avoir invité à le découvrir, et d’avoir su prendre au degré qu’il convenait certaines de mes manifestations comico-grincheuses.

    -Un grand merci également, ( par ordre alphabétique )  à toi Bernard et à toi Patrick, dont j’ai apprécié la compagnie et le soutien dans les cols où je ‘’ je tirais de l’eau ‘’.

 Saint-Auban-surOuveze.jpg

Saint- Auban sur Ouvéze

 

Pour les photos: Hubert.

 * Pour le confort de ses chambres, pour son copieux petit déjeuner, l’hôtel chez Fifi Moulin à Serres est à recommander.

 

 Serres. L'hôtel chez Fifi Moulin..

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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 22:46

 

                                                     Anniversaire: Deuxième étape

                                                           Départ pour Serres 

 

           Petit retour en arrière.

              Invité par Hubert, je fais équipe avec Bernard et Patrick, ses amis, pour un séjour dans la Drôme que nous visitons à vélo. Ce " raid " avec sacoches et bagages se veut être un test pour évaluer les ressources cyclo-sportives restantes du septuagénaire avancé que je suis devenu depuis un anniversaire fêtant mes 75 ans !

 

                       Drôme. Le départ du gîte.

                                          Le temps de rééquiper mon vélo de ses sacoches !

 

                                Le gîte:  S’il m’en coûta quelques jérémiades et contractures musculaires avant de pouvoir m’y reposer, il reste une bonne étape pour celles et ceux qui apprécient le calme et la campagne de caractère. En ce début d’automne le cadre y est verdoyant. De nombreuses fleurs décorent un jardin laissé en liberté quant à son organisation. Bien que chaleureux, l’abord se déroule en toute simplicité. Il a gardé l’authenticité de l’accueil paysan tel que je l’aime. La table est généreuse et l’hébergement, sans être luxueux reste confortable. L’ensemble réunit toutes les qualités d’un bon équilibre qualité-prix, soit 46€ pour la nuit et pour une prestation comprenant le repas du soir avec le vin, une chambre à deux lits, le petit déjeuner et le linge de toilette fourni.

        Le repas du soir est pris sur une table d’hôte que nous avons partagé avec deux couples de randonneurs-marcheurs-cyclistes. Nous les retrouverons au petit déjeuner. A cette occasion il se parla du programme que chacun avait  prévu pour la journée.

 

                              _______________________________________________

 

                    Pour nous, il est temps de penser à reprendre la route. Sur cette étape, le col de Grimone se présente comme étant à la fois le clou du jour et le plus haut que nous aurons à franchir durant notre périple.

     Le départ du gîte se fait dans une brume que le soleil peine à pouvoir percer. La descente nous oblige à rester sur les freins. La pente, prise cette fois dans le sens inverse ne s’est toujours pas adoucie. Avant même de rejoindre la D 93, abandonnée hier au soir pour une halte bien méritée, le ciel est devenu d’un bleu céleste. La journée s’annonce bienveillante quant à sa météo. Je suis moins rassuré sur les efforts à devoir fournir pour rallier Serres avant la nuit !

     Nous roulons sur un faux-plat montant pour atteindre un promontoire baptisé le Clap de la Drôme. Quelques kilomètres après une légère descente, une petite route indiquant le hameau de Miscon nous fait remonter vers le nord.

                                                                                                                                                                           Drôme Sud 035

                                                    Nous sommes sur une route fleurie.

 

              Alors que je pensais avoir bien récupéré des efforts de la veille, les premiers coups de culs me mettent rapidement dans le dur. Je suis loin d’être à mon aise. Aujourd’hui encore je ne pédale pas, je rame. Mes camarades s’éloignent. Ils me donnent l’insolente impression de partir pour une nouvelle promenade de santé.

      Je suis attendu devant la petite église du village. J’éprouve, quand il m’est permis de pouvoir en saisir l’occasion, la curiosité d’en faire la visite. À la fois pour des raisons qui sont mes raisons, mais également pour les peintures et les statues dont certaines sont décorées. Ces lieux abritent des œuvres d’art, qui malheureusement sont aujourd’hui régulièrement pillées pour fournir des collectionneurs peu regardants sur la provenance de leurs achats. Les vide-greniers, marchés mal ou pas contrôlés permettent, entre autre moyen, d’écouler l’objet de ces larcins dont le nombre explose. En ce jour exceptionnel pour Miscon, l’édifice religieux est ouvert. En effet, il doit s’y baptiser un petit Timéo (résultat d’une l’enquête conduite par Hubert.) Compte tenu de la dimension du village, un tel événement doit être rare.

 

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        **** Le moment est venu d’évoquer la logique nous ayant amené à passer par Miscon. Pour ces précisions, je cite un passage de l'article d'Hubert écrit en 1997 alors qu'avec son groupe il s'était retrouvé coincé suite à des travaux sur le voie publique et de la construction du tunnel que nous prendrons plus tard.

             1997 : La photo ci-dessous montre "le passage en force" de deux des membres de son équipe pour pénétrer dans le tunnel en construction et dont ils feront la traversée dans la boue et sous une voute pas encore sécurisée.......les inconscients ! 

 

                                 Drôme. 1997.Passage en force dans le tunnel.

    

        _    Le col débouche sur la vallée de Boulc, une sorte de ‘’Vallis-Clausa qui n’était reliée au reste du monde que par une petite route accrochée sur le flanc sud du défilé du Boulc qui force ainsi un passage vers les gorges du Gas. Le 11 janvier 1994, la falaise s’est écroulée sur cette route isolant totalement la vallée, obligeant les pouvoirs publics, pour désenclaver la vallée, à aménager dans l’urgence le chemin de terre du col de Miscon que nous venons d’emprunter.

     En 1996, les travaux de la nouvelle route destinée à désenclaver la vallée débutent. Un tunnel long de 800 mètres, avec une pente moyenne de 9,7% est inauguré fin 1997. Fin de citation.

     Hubert, qui avait quelques années auparavant circulé dans le coin, tenait à voir le nouveau tracé de la route et les travaux effectués pour rétablir les liaisons entre les vallées. C’est ainsi que l’on s’est retrouvés à circuler dans les parages et emprunter le tunnel en toute légalité........cette fois.

       *Je signale que je ne faisais pas partie de cette ""première"".....et tant mieux. Je ne sais pas si j'aurais pu oser ce que seulement la photo nous montre! 

                                        ______________________________________

 

             Sur cette voie de circulation voulue provisoire et aujourd’hui partiellement délaissée des voitures suite à la construction du tunnel, certains endroits présentent des épaisseurs d’un mélange gravillonneux. La route est très étroite. Elle ne me laisse pas de place pour un choix de trajectoire permettant d’éviter les pièges que présentent ces amas. La pente moyenne devant friser les 10%, me demande un travail d’équilibriste que j’ai du mal à maitriser. Visant à anticiper un risque de chute, j’ai dû, à plusieurs reprises, mettre pied à terre, la roue arrière de mon vélo n’adhérant plus ou mal au sol instable.

       Si seulement j’avais eu ma Valèro ! Avec ses pneus de 32 de section peut être m’aurait elle évité cette humiliation. Car, pour enfoncer le clou dans ma blessure narcissique, Hubert ne manque jamais d’en marquer le fait s’il se trouve à proximité de l'un de mes renoncements...et il était là !

 

              Quand Hubert guette le moment où je saute du vélo !!

                              Ce n'est pas dans le col de Miscon, mais Hubert était là !

 

      Le col de Miscon : Seulement quatre kilomètres à vue de nez, font de ce raidillon un passage dont je vais me souvenir. Tout d’abord et en premier lieu en raison de sa difficulté. Au registre du positif, je retiendrai son tracé montagnard que j’ai aimé. Il se déroule par petits bouts droits, que des lacets viennent raccorder à chacune des cassures de sa pente. Son environnement est joliment boisé de divers résineux.

        Le déplacement à vélo n’étant pas bruyant, les différentes espèces d’oiseaux qui en habitent le voisinage s’en donnent à cœur joie dans des échanges dont la teneur m’échappe. Mon allure, qui descend parfois à cinq kilomètres/heure, me laisse tout loisir d’en écouter le chant. J’ai le sommet du col à vue. Sagement rangés en bordure de la route, patiemment mes camarades m’attendent.

 

                Drôme. Dans le col de Miscon

 

 

              Tout compte fait, la grimpée, bien qu’exigeante, me fut moins pénible que le long faux-plat conduisant au village de Miscon.

       Sans jamais en avoir répertorié leur nombre, ce col dont le nom prête à sourire en référence à des têtes couronnées de certains concours de beauté vient, pour mémoire, d’être ajouté à ma liste. S’il n’a pas une renommée de prestige tel qu’un Galibier, un Iseran et autre Tourmalet, il aura été l’un des invités surprises du parcours et dont je retiendrai la dénomination !

     La descente est longue. Arrive enfin le fameux tunnel qui débouche sur les gorges des Gats ou Gâs ou Gas, selon différentes sources. Elles pourraient tirer son appellation des gués qui permettent d’en franchir le cours d’eau !.

        Je traverse ce long boyau en compagnie de Bernard. Hubert et Patrick font équipe à l’arrière. Il est temps d’étrenner mes éclairages LED. A ce propos, je trouve leur éclat et leur portée bien moindre que celles produites par la dynamo posée sous le boîtier de pédalier de ma Valèro !

 

                       Drôme. Patrick dans le tunnel !!!

                                               Pas très à l'aise Patrick dans le tunnel...

 

              Nous sommes arrêtés à l’entrée des gorges depuis un bout de temps déjà et, comme sœur Anne qui ne voyait rien venir, nous attendons nos camarades retardataires. Nous apprendrons que dans le tunnel, Hubert a servi de ‘’poisson pilote’’ à Patrick qui avait du mal à distinguer où diriger son vélo malgré son équipement ‘’lumière’’. L’ouvrage dessine une courbe fortement marquée ce qui en rend une partie complètement obscure. C’est par prudence qu’ils durent le traverser au pas.

         Pour la première fois depuis le départ…… je me suis trouvé à attendre !

 

 27.28.29.09 2013. mes 75 ans à vélo dans la Drôme 020

L'entrée fracassante d'Hubert dans le début des gorges du Gats!

 

 Drôme Sud 041

 

        Ils ont fini par arriver !

 

         Les gorges offrent des paysages dignes des plus beaux spécimens du genre. Par endroits, de hautes verticalités sont équipées en terrain de jeu pour les amateurs de varappe et d’escalade en tout genre.

 

 Drôme. Les gorges de gats.

 

   Dans les gorges

 

 Drôme. Dans les gorges des Gats.

 

               Après Glandage, la route s’élève doucement. Ne pouvant faire autrement et pour ne pas déroger à mon habitude, je ferme la marche. Bernard est parti de loin pour s’épingler le col de Grimone alors qu’Hubert et Patrick semblent monter à un train de sénateur au point de pouvoir les suivre….. des yeux.  

         La voiture des Savoyards rencontrés au gîte est garée au pied du sentier conduisant à la montagne de Jocou. Plus loin, je croise l'un des membres du quatuor, qui visiblement vient d'en faire l'ascension à vélo.       

       

Dans le col de Grimone !!!

Un bonnet d'âne !! Pour qui ?..Pour moi qui suis le dernier.?

 

         Je sais, depuis le départ d’hier que je suis limité à une allure modeste en rapport de celle de mes compagnons. Je me suis pourtant préparé sérieusement. Peut être suis-je parti fatigué de mes dernières sorties ? Le temps de récupération me fut-il insuffisant ?. Peut être suis-je tout simplement devenu vieux !.

      Ceci dit, le col de Grimone présente les caractéristiques d’un terrain qu’il me reste encore aujourd’hui agréable à monter. Long, pas trop pentu, suffisamment sinueux pour en rendre les paysages changeants. Il réunit tout cela au point de me redonner, non pas mes jambes d’avant, mais celles qui me hissent maintenant dans un état d’esprit de pleine satisfaction. Le moment d’un bien-être enfin retrouvé.

 Drôme. Le hameau de Grimone

                                              Le village de Grimone: la route du col.  

  

       Cette portion du parcours aura rythmé avec ce bonheur qu’il est permis de vivre quand vous êtes en lien affectif du milieu qui vous accueille. Quand le plaisir peut être celui d’un partage à offrir sans réserve. A qui bon vous semble, à quoi ou qui il vous plaît à penser. A une cause qui vous est chère ou à qui, l’on aimerait encore voir à ses côtés.

       Dans ces moments exceptionnels, même seul, je me sais entouré. Il n’y a rien de délirant dans la conduite qui est la mienne dans ces circonstances là. C’est en toute conscience, à la faveur de paysages particuliers, à des senteurs précises, que des flashs remettent en lumière des souvenirs que je laisse défiler. C’est ainsi qu’ils m’accompagnent sur ce chemin qui n’a alors plus rien de solitaire.

       Le sommet s’aperçoit de loin. Je peux reconnaître Bernard, lequel croisant Hubert et Patrick, vient à ma rencontre. Cette fin de matinée est très belle au point, réflexions récapitulatives faites, de me rendre Miss-con...... sympathique ! ( pardon, je n'ai pas pu résiter )

 0rôme. Le sommet du col de Grimone.

Au sommet du col de Grimone

Au sommet du col de Grimone : Bernard en bleu, en jaune Patrick..Il manque  Hubert...

 

         La température est agréable, le temps est celui d’une arrière saison comme nous en connaissons dans le midi. Cette ascension, comme il m’a été donné d’en vivre par le passé, m’a redonné le moral. Grimone est le clou de la journée, le sommet le plus haut de notre programme et je l’ai passé…disons, correctement passé.....

                    Le revêtement de la chaussée qui s’offre pour la descente m’inspire confiance. Elle s’annonce comme il me plaît d’en effectuer. Si je suis devenu un piètre grimpeur, j’ai gardé de mon passé de cyclo-montagnard de bonnes dispositions à savoir encore négocier les pentes.

         Un coupe vent par-dessus ma veste chaude, les lunettes bien ajustée, assis en fond de selle, mon vélo bien en mains, je sais pouvoir me lâcher. Les conditions sont requises pour amorcer en toute quiétude ce type d’exercice. Elles sont nécessaires pour se sentir en confiance sur sa mécanique dont les charges réclament un parfait équilibre. Les sacoches doivent impérativement faire corps avec les parties du vélo sur lesquelles elles sont fixées. Rien ne doit bouger au risque de vous déporter dans les changements de direction. La machine et l’homme doivent faite alliance. Dans les virages, sans chaos, sans désordre, sans hâte, sans rudesse, il faut savoir accompagner l’inclinaison de sa monture dans un parfait équilibre.

        Du choix de la trajectoire, de la bonne lecture de la courbe dépend la qualité de notre sortie de virage. L’euphorie risquant de nous entrainer à la faute, maitriser sa vitesse devient alors la clé de notre sécurité. Il faut tout cela sur la partition du descendeur pour que les accords s’harmonisent. Une certaine habilité, une juste appréciation du risque seront alors les bonnes notes à jouer pour jouir de ce plaisir particulier que procure une descente réussie.

      Vous l’aurez compris, j’ai aimé le col de Grimone. A la fois pour ses attraits et plus mystérieusement pour ce qu’il a fait émerger de souvenirs personnels en moi.

       Nous rejoignons la route Sisteron-Grenoble. A l’entrée de Lus la Croix Haute, sur la gauche, au lieu dit le Grand Logis, affamés comme des loups, nous prenons d’assaut l’une de ces cabanes-restaurants que l’on rencontre aux abords des circuits touristiques. Heureux d’être accueillis, c’est au milieu de nulle part que nous refîmes le plein de ce que nous savions nécessaire pour en terminer de la route du jour.                       

      En fin de repas, Hubert évoque le nom du vallon de la Jajatte avec le désir manifeste d’aller y faire un crochet. Pour ma part, et avant cette annonce, je ne connaissais ce nom qu’à travers les topos-guides d’escalade que je n’ai par ailleurs jamais pratiqué sur ce site. S’agissant d’un aller-retour, j’émets le souhait d’attendre mes collègues. Il me reste à digérer les cols du matin auxquels vient de s’ajouter le repas dont j’ai copieusement mouillé son bol alimentaire d’un rosé gouleyant. Bien décidé à ne pas faire ce supplément de route, c'est alors que la patronne attentive à notre conversation y va de son :  

     _ vous pouvez y aller, ça ne monte pas.

      Mon œil, ça ne monte pas. Influencé par son argument que je n’ai pas osé mettre en doute, en moins de temps qu’il m’a fallu pour me rendre compte du piège, je me suis trouvé à suer comme une fontaine. Certes il ne s’agit pas d’un col, mais l’itinéraire est loin d’être de tout repos. Quant à la Dame, je suis à présent certain qu’elle n’en a jamais vu la pente mis à part au volant de sa voiture  !

     Le vallon de la Jarjatte : Il s’agit d’un fond de vallée entourée de falaises au pied desquelles s’abritent quelques maisons. Il y règne un  silence religieux. J’aurais aimé y faire une halte plus longue. Le cadre y est délassant. J’imagine les alentours peuplés de marmottes, de chamois, de bouquetins dont il m’aurait plu à rendre une visite au lever du jour. 

 Drôme. Le vallon de la Jarjatte.

 

 Le vallon de la Jajatte

 

         Fini de rêvasser, la journée sportive n’est pas achevée. Le terme de l’étape cyclo ne sera atteint qu’une fois arrivé à Serres où Hubert nous a retenu le gîte chez Fifi Moulin.                                                

       La pente et un vent arrière nous sont enfin favorables, au point de nous permettre d’atteindre des vitesses parfois supérieures à 35 km/heure. N’ayant pour braquet le plus long qu’un 42/16, ma cadence de pédalage tournant à près de 100 tours/minute, améne à me taper copieusement le cul sur la selle. Les spécialistes comprendront. Bien que calé dans les roues de mes collègues, il ne m’en fallait pas moins tourner les manivelles !.

           Beaucoup de circulation sur cette route qui descend du Dévoluy, rouler à cette allure demandait une attention de tous les instants. Après avoir parcouru une trentaine de kilomètres au milieu des voitures et des camions, une départementale qui passe par Aspremont nous offrit la possibilité de retrouver un itinéraire campagnard et surtout plus calme.

         Calme mais pas reposant. Nous retrouvons là un profil constitué de bosses à vous couper les jambes. Le changement de rythme oblige l’organisme à se remettre à l’ouvrage, ce qui maintenant me devient pénible. L’expression de ma mauvaise humeur à devoir remonter, alors que par la grande route le restant du parcours pouvait se faire en roue libre, fit fuir mes camarades qui avaient d’autres choses à entendre que mes lamentations.

       Je cite là l’un des passages du compte-rendu d’Hubert : 

 

        _ Marcel gémit, se plaint en maugréant que nous voulons sa mort prématurée, mais nous avons l’habitude de l’entendre ‘’se mourir’’. S’il parle encore c’est qu’il a du souffle de reste. De sa part un grand silence serait beaucoup plus inquiétant.

 

        Si je sais qu’il a de la tendresse pour moi, Hubert, il n’a aucune pitié pour mon grand âge. D’ici quelques années, c’est moi qui ferai les parcours et je le suivrai alors en voiture. J’ai déjà une liste d’encouragements à ma disposition que je lui dispenserai par la vitre baissée de l’auto !

       Je râle, mais je reconnais que cette variante valait la peine que je souffre pour elle. Le bruit des voitures lancées à pleine vitesse sur cette grande route en devenait saoulant et dangereux pour notre groupe. De plus, les paysages traversés méritaient largement d’y être visités.

      Dernier ressaut et une descente sinueuse nous amène à l’hôtel tenu par deux ‘’jeunes’’ d’en bas qui viennent d’en prendre la gérance. Je bénéficie d’une marque d’égard de la part d’Hubert, qui dans la répartition des chambres, magnanimement, m’alloue celle équipée d’une baignoire. Luxe auprès duquel il me sait courir.

 

 Serres. L'hôtel.

 

Chez Fifi Moulin.

 

       L’étape de Serres va me donner l’occasion de rendre visite à Michel et à Mimi, anciens Avignonnais et nouvellement installés à La Roche des Arnauds. Leur ayant parlé de notre projet et de faire halte près de chez eux, il fut convenu de nous rencontrer. C’est avec son camping-car en guise de taxi que Michel est venu nous prendre à l’hôtel. Avant le repas, un verre à la main, il nous a fait visiter la maison ‘’écolo’’ qu’avec sa Mimi ils ont fait construire sur cette commune où ensemble nous dînerons.

       IL s’agit d’un prototype dans lequel le bois en est le matériau majoritaire. Un système permettant d'absorber la chaleur du jour dans ses murs exposés au sud, emmagasine l’énergie nécessaire pour en chauffer l’ensemble habitable. L’apport en complément restant insignifiant en fait un modèle d’économie sans concurrence.

     Dure, mais belle journée. Le col de Grimone, venant par ailleurs chasser quelques passages douloureux, en a doré le blason.

     A cela s’ajoute le plaisir d’avoir retrouver Michel et son épouse. Cette visite a donné une dimension d’un type particulier à la clôture de cette étape.   

 

Pour les photos ; Hubert

 

                                 Moa.., je ne sais pas, comme Hubert, prendre les photos tout en roulant...

    Pour ne pas avoir voulu prendre le risque de rentrer de nuit à l'étape ...j'use crapuleusement des siennes !!!

 

 Drôme. Serres.Les vieux quartiers.

 

 Serres. Dans les vieux quartiers.

                                                                                      

 

        **** Prochaine et dernière journée dans la Drôme : Serres…….Saint Auban sur Ouvéze.

 

 

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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 16:11

 Anniversaire:   Mes 75 ans en balade à vélo.

  

                              Ma randonneuse ''Bouquet

 

 

                               Pour fêter un anniversaire certains choisissent un voyage au bout du monde, d’autres plus modestement s’en tiennent au restaurant du coin. D’autres encore craquent pour une cure de jouvence avec soins esthétiques. Le programme comprendra le ravalement de la façade et autres coups de bistouri pour se donner l'illusion de gommer les méfaits du temps.

          Pour apporter une note plus personnelle à mes trois quarts de siècle déjà vécus, j’ai opté pour un tour à vélo. J’ai choisi pour moyen de locomotion ma randonneuse " Bouquet " remise au gout du jour avec ses nouvelles sacoches et ses éclairages LED. Accompagné de trois camarades cyclos, me voilà parti pour quelques séances de manivelles dans le département de la Drôme. Les Hautes Alpes seront seulement abordées pour y retrouver Mimi et Michel.

              Mimi et Michel, belles rencontres. Ils ont pris leur retraite depuis peu et sont devenus résidents d’un village près de Serres. Michel tenait sur Avignon une salle de remise en forme. Chez lui, pas de gonflette ou de gavage musculaire à partir de poudre de perlimpinpin et autre cocktail. Tout se faisait à la sueur du front et à partir de ses conseils avisés. Equipé d’un petit mur d’escalade, en hiver, le lieu me permettait de maintenir en activité muscles et tendons propres à la discipline. Ces derniers sont difficiles à travailler en dehors de la grimpe que personnellement je pratique, disons pratiquais, en milieu naturel et à la bonne saison.

               Pour clôturer mon programme anniversaire, dès mon retour et pour ne pas me refroidir, j’ai prévu une sortie pédestre dans les Monts de Vaucluse. Enfin, pour pallier à un manque d’activité qui interviendrait trop brutalement, le Ventoux à vélo au départ de Sault viendra mettre fin à mon examen ‘‘’Physico-mental’’. Thérapie du septuagénaire pour tester ce qui lui reste d’avenir dans le domaine de ses évasions sportives......

                                                   _____________________

 

          Pour Hubert et moi, le départ initial était prévu de Reihanette dans les gorges du Toulourenc. Au dernier moment, un problème d’horaire et de rendez-vous le déplacera vers Saint Auban sur Ouvéze que nous rejoindrons en voiture. C’est là que nous retrouvons Bernard et Patrick, les deux éléments qui vont constituer le complément du groupe.

         Avec Bernard et Hubert nous partageons des longueurs de route et de chemins depuis longtemps déjà. Nous nous connaissons bien. Avec Patrick c’est plus récent. A l’occasion de bavardages, certains de nos échanges ont déjà aiguisé ma curiosité qui j’espère pourra être satisfaite lors de prochaines conversations.

                                                                                        

 Le bouclage des sacoches

 

Le bouclage des sacoches

 

                           Sur cette placette où l’auto est garée pour la durée de notre escapade, il me reste à habiller mon vélo de ses sacoches. Rien n’est simple pour moi quand il s’agit de partir en itinérance. Le souci d’une certaine autonomie me fait commettre des excès de précaution. A partir de trois ou quatre jours de route, je me sens obligé d’amener avec moi un rechange vestimentaire égal à celui d’un long raid….et cela fait du poids. Il faut en équilibrer la charge, rendre accessible les encas et les vêtements chauds à enfiler dès l’arrivée au sommet des cols. Les sangles des bagages sont difficiles à boucler. Tout est rempli à ras les bords

         L’été commençant à changer d’hémisphère, je sais avoir à me vêtir d’une grosse polaire, de gants d’hiver et autre bonnet à glisser sous le casque dès la moindre descente. Mes collègues, pas tous, et je ne dénoncerai personne, se moquant volontiers de ma faiblesse à pouvoir supporter les variations de température m’obligent à rappeler que je suis privé de l'un des éléments mon thermostat. En l’occurrence de ma thyroïde….et tac….

       Le temps est magnifique. Je suis heureux sur ma monture astiquée au point d’en faire luire sa couleur du rouge qui me plait. Dès la sortie de Saint Auban, Peyruergues présente sa pente. Elle n’est pas très importante en pourcentage, mais l’amorçant à froid elle m’oblige à mettre souple. Petit à petit l’urbanisme laisse place à des étendues herbeuses, puis rocailleuses. Depuis juillet, les champs de lavande sont tondus de leur chevelure violine ce qui les rend tristounets. Comme pour en amortir la froidure à venir, leurs pieds font le dos rond. De la sorte alignés ils semblent en prière, en demande d’un hiver clément afin de les épargner d’un gel trop dur qui leur serait fatal.

                                            _________________________________________

 

        Au départ, du soleil, pas ou peu de vent. Ce matin du vingt septembre semble s'être levé pour moi. Je le veux mien, après tout c’est mon anniversaire. Le précis, celui de l'Etat Civil remonte quant à lui à quelques jours. Tout baigne dans l'huile, ce raid à vélo s’annonce sous de bons auspices, sauf que…….

          Le temps d’accompagner mes camarades sur quelques hectomètres et un cuisant constat se fait alors jour. Je sais déjà m’être embarqué avec des gaillards dont je n’ai plus le niveau. Tranquilles, ils bavardent comme s’ils étaient assis sur un divan et moi, à tenter de les suivre je souffle déjà comme un phoque. Au détour d’un lacet j’ai vu leur tête se retourner furtivement pour voir où j’en étais.

      A peine parti que me fallait-il penser d’eux ? Comment me fallait-il les imaginer ?.....

      surpris ?....déçus ?   ..Compatissants ?

      Bien qu’il soit un ami, je ne vois pas Hubert dans le registre du compatissant. Je peux même l’apercevoir, non pas jubiler, mais avec le sourire en coin se rappeler de souvenirs anciens….. Quand, des années en arrières et alors que nous étions dans le Stelvio il avait vu partir ma roue arrière … Et puis plus rien pour enrayer ma détermination à vouloir me payer le sommet en solitaire.

       Ce n’était pas gentil de ma part pouvez-vous rétorquer !!! Sauf qu'à l’époque un pacte en avait signé la permission entre nous. Si le rassemblement devait s’opérer avant la descente de tout col, il était convenu entre les membres du groupe de ce Thonon-Trieste qu’il appartenait à chacun le loisir de tenter d’épingler à son actif l’un de ses sommets.

      Hubert…. vous dira….. tralala,…. que ce jour-là, son ambition était ailleurs. Qu’il n’était pas concerné par l’étape du jour et que seul Bernard, un autre Bernard, voulait me contester le Stelvio !

 

numérisation0029-copie-1

Souvenir, souvenir....

 

                En 1985, dans le Stelvio avec ma randonneuse 650 Valéro.                     

      Ce matin je vois la silhouette d’Hubert s’éloigner peu à peu. Je crois l’entendre marmotter au sujet de ce dicton qui parle des mouches qui auraient tendance à changer d’âne quand celui-ci, et pour des causes diverses, n’est plus en odeur de sainteté, (de forme pour ce qui me concernait !!!! ) et dont aujourd’hui il s’en découvre protégé !!!!!!!

      Quant à Bernard et Patrick !!!, pensent-ils que je galère ?

      Sont-ils inquiets sur ce que va être ma fin de journée et la suite du projet ?

        En fait je ne galérais pas. Je montais à mon train…. messieurs et il n’est plus celui que vous m’avez connu par le passé. Si le temps a fait son œuvre, en compensation de ma fougue d’antan il m’a appris comment gérer mon effort et je sais, aujourd’hui, devoir en tenir compte.

       Dans ce premier col, au bout de quelques kilomètres, Bernard, pas celui du Stelvio, l’autre, s’est volontairement laissé décrocher pour m’accompagner. Bien que roulant également sur du lourd, je le devine à l’aise sur sa monture équipée d’un chargement qui en plus du poids de son vélo doit frayer entre douze et quinze kilos. C’est pour chacun d’entre nous, à peu de différence près, ce que nous avons à faire avancer en plus de notre carcasse .

     * Tout en rédigeant mon papier, je reviens sur le compte-rendu consigné par Hubert dont j’en calque la chronologie du circuit pour quelques précisions. Je n’ai pas pris de note journalière ! : Il écrit à mon sujet: 

     <<Tel un Tartarin cycliste, il pose en conquérant devant le panneau marquant le premier col vaincu >>  

 

                Drôme. Le col de Péruergues

                                                                                             

           La photo prouve au moins que j'en suis venu à bout. Autant que cela se sache....                                           

      Le Peyruergues franchi, la descente nous conduit à Saint Sauveur du Gouvernet. Au niveau de La Bâtie Verdun et jusqu’à la plaine, les plantations d’abricotiers couvrent des dizaines d’hectares. A ma grande surprise les asperseurs en inondent encore les étendues alors que la récolte est depuis longtemps ramassée. Cette attention vise sans doute à sauver les arbres de la sécheresse qui sévit depuis des mois dans cette Drôme souvent torride en été.

      Sainte Jalles marque la fin de la descente. Ce que j’aperçois du profil de la route qui mène au col de Soubeyrand me laisse présager de bonnes suées à venir. Nous l’avons, les uns et les autres déjà gravi plusieurs fois au cours de notre carrière de cyclo, mais pour ce qui me concerne c’était sans bagage…et j’étais plus jeune.

       Dés le début la pente s’annonce sévère. J’ai de la peine à mettre en route au point de m’arrêter le temps de vérifier si rien ne frotte sur l’une des jantes de mon vélo. Je ne suis pas le premier à vivre ce sentiment d’un frein qui serait mal desserré et de faire tourner les roues à vide espérant y trouver la cause de sa difficulté à pouvoir avancer avec de bonnes sensations. Je dois me rendre à l’évidence. Le vélo n’y est pour rien. C’est donc le bonhomme qui rame !!!!!

       Du braquet, je sais en avoir en réserve depuis que j’ai fait monter un triple de V.T.T qui descend jusqu’à 22 dents. Derrière j’ai un 26, de quoi voir venir. Depuis cet aménagement, je me sens plus serein quant aux combinaisons que me permet ce matériel. L’expérience, le plaisir de voyager sur des routes rendues aux cyclistes depuis la fin des vacances m’amènent rapidement à reprendre pied. De lacet en lacet, me voila à Tarentol, petite localité à mi-chemin du sommet. Entre temps j’avais rejoint Patrick, non grâce à mes jambes retrouvées, mais à sa conduite dont j’en devinais l’attention.                                                                                              

          Un figuier dont les branches offrent généreusement ses fruits en bordure de route le fit s’arrêter. Pour ne pas risquer d’en perdre l’ardeur qui me restait et le souhait d’en finir avec Soubeyrand, je laissais Patrick à sa cueillette. C’est ainsi et après qu’il m’ait rattrapé, grâce également à quelques figues qu’il me servait tout en roulant, que j’en finissais avec cette ascension. La suite immédiate ne me posait alors plus de problème. Je sais que la descente nous mènera à Rémuzat. Je sais l’espoir d’un bon repas au restaurant, antérieurement repéré. Je sais animer en moi ces pensées de nature à me remettre du baume au cœur.

 

             Drôme Sud 011

 

                     Dans les derniers lacets du Col de Soubeyrand......Je suis devant....

                                                                                                                                            

              De G à D: Bernard.Patrick.Hubert.

 

De G à D : Bernard . Partrick . Hubert.

                                                                                                                                                                                                                                                                  Avant de descendre Peyruergues...je m'habille.

                                                                                                            

Avant de descendre....je m'habille.

 

        Le restaurant fut à la hauteur de ce que nous en attendions. Le repas fut bon et servi avec la grâce et le sourire d’une jeune fille fort sympathique. La pose, si elle me permit de refaire le plein d’énergie ne me remit pas les jambes à neuf. Dès le départ, la vallée de L’Oulle nous remonte jusqu’à La Charce par un pénible faux plat.

                                                                                                                                                                                                                                                          chateau-la-charce

Le château de la Charce

 

          Le vent s’était levé et comme un fait exprès il nous venait de face. Rapidement je fus à la peine. La digestion peut être, la digestion !!!. Vint ensuite le début du col de Prémol qui sans être raide présente des pentes bien au-delà de la dénivellation que nous venions de grimper.

 

       *Establet, Bellegarde en Dios……. où l’année dernière à la même saison nous sommes venus tous les quatre y faire, entre autre, un col muletier. J’avais pour l’occasion ressortie ma randonneuse 650 de Valèro montée sur des pneus de 32 de section. C’est lourd à tirer, mais ils assurent une bonne adhérence sur le sol instable des chemins. Sur ce vélo, le confort et la sécurité s’y trouvent sans nul autre pareil.

  

 Ma Valèro

                                                                                             

"Ma Valéro".  Présentée ici en situation minima de sacoches lors d'un précédent passage.

 

        J’aime rappeler l’existence de cette randonneuse sur laquelle j’ai effectué mes plus beaux voyages. Je lui dois cette reconnaissance. J’aime dire d’elle qu’elle est ma Rolls à moi.

 

      Dans Prémol, et par je ne sais quel artifice, je retrouvais enfin de bonnes sensations. Cependant ne vous imaginez pas me voir devant. Non, comme depuis le départ de ce matin je suis en queue de peloton. Mais je vis ce bien être qui vous place en situation d’harmonie avec votre machine et la force nécessaire qui vous permet de tourner les jambes dans un effort qui ne vous est pas douloureux. J’avançais dans la semoule quand, comme pour me garantir de ce mieux être, à mi-chemin du sommet je reconnu l’arrière du vélo d’Hubert.

      Diable!!!, est-ce possible ?. Je le remontais petit à petit avec la certitude de pouvoir le rejoindre. Presque arrivé à sa hauteur l’écart s’est stabilisé….pour ensuite s’agrandir à nouveau.                                 

      L’explication à ce phénomène peut se lire dans le "non écrit" de son compte-rendu. En fait je venais d’être la victime de son rétroviseur de guidon. Grâce à ce traite de circonstance, le bougre m’ayant vu revenir dans sa roue lança une estocade qui m’en fit tomber les bras ….et ramollir les mollets au point de reperdre pied.

        Amis lecteurs n’attendez pas de commentaire de ma part….je n’en fais pas…..pour le moment !!!!!

        La route prend à nouveau de la pente. Le vent de face m’oblige à utiliser la presque totalité de mes couronnes arrières. Il ne me reste en ultime secours que le 26 dents.

        Remis de ce coup de Trafalgar et n'ayant pas pu rejoindre Hubert, je m'en allais mille réflexions au bout des lèvres vers ce qui restait mon objectif. Je restais bien dans mon allure. J'étais bien à tout point de vue. J'étais  bien….tout court.

      Le vent se fait de moins en moins rasant. Il est pour moi le signal de la fin de la côte. Venant du versant opposé à celui que je monte, le sommet fait à son souffle, office de tremplin. Il se rabattra à même le sol plus loin et viendra gêner d’éventuels cyclistes, qui voudraient plus tard en découdre avec le Sieur de Prémol.

       Deux silhouettes, tels des pèlerins dont le contour se fait de plus en plus précis, me permet de reconnaître Bernard et Patrick. Ont-ils été envoyés par Hubert le repenti ?

       Se sont-ils auto-désignés pour venir accompagner sur les dernières longueurs du col la brebis laissée sur le bord du chemin deux kilomètres plus bas ?

        Je n’en saurai rien !

 

                  Je cherche le bon angle pour la photo du panneau du col de Prémol

                                Dans la Drôme. Le col de Prémol.

 

Si je suis au sol......c'était pour cadrer ma photo.

 

      Côté nord, où nous descendons, la pente parait encore plus raide. Ouf !!!!, content de l’avoir fait dans ‘’le bon sens ‘’. La route serpente entre bois et rochers. Le paysage est davantage montagnard que celui rencontré sur l’autre versant.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                     Drôme Sud 015

Dans la descente du col de Prémol : Le hameau de Jonchéres.

 

       En bas du col, nous attendons Patrick qui avait dù s'arrêter pour prendre des photos. Nous étions là pour lui indiquer une variante conduisant à Luc en Diois et dont je croyais tenir là le terme de cette première étape.

       Sans doute emporté par la vitesse, concentré sur sa trajectoire, nous nous sommes vus écartés de son champ de vision. Au même titre,  les appels d'Hubert et les sifflets stridents de Bernard ne lui sont pas parvenus aux oreilles alors qu'il nous passait devant le nez. Décidés à  rentrer dans la ville par la déviation repérée par Hubert sur la carte, les retrouvailles s'opéreront dans la rue principale de Luc en Diois.

        Arrivé à Luc en Diois, je pensais être enfin à la porte de la douche, devant la table de la salle à manger et, pour plus tard, au pied de mon lit. Non, je n’y croyais pas et pourtant c’était vrai…….nous n’y étions pas encore.

       Le gîte, me dit Hubert, il est sur la route du col de Cabre, après le Saut de la Drôme. Que venais-je d’entendre là... col?…Je bannissais ce mot.

 

 

 une vue du chaos.

 

Image du Chaos de la Drôme.  

                                                              

      *Le site du Saut de la Drôme est le résultat d’un effondrement d’une partie de la montagne qui en 1442 obstrua la rivière, la déviant de son cours originel. Deux lacs sont le résultat du séïsme.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                      Le petit lac.

 

 

      Avant de rejoindre le bercail du jour, c’est là que nous fîmes la pose du ‘’demi frappé’’ au sirop de pêche.

       La fatigue, la pente dépassant les 10% sur les deux kilomètres qui nous restaient à parcourir après avoir quitté la grande chaussée en direction de Cabre me firent interpeller le propriétaire du gîte. En effet,  comme il existe les minutes de coiffeurs, qui comme chacun le sait sont à rallonges, je trouvais la distance indiquée sur le panneau n'ayant pas de fin. Sans état d'Âme, j’accusa son indication d’être mensongère tellement je n'en voyais plus la fin !!!!!.

      Ceci dit, cette halte est a recommander…….à la condition de ne pas se présenter au pied de son ascension à vélo et cuit pour ce qui concerne vos forces à pouvoir pédaler !!!!!  

 

 

Hubert devant le gîte.  

                                       Dans la Drôme. Le gÎte perché....

 

***Note : Vous l’aurez compris, les remarques que je poste à l’encontre d’Hubert sont à ranger dans le domaine du jeu…quoique…..

    En fait, et s'il me laisse prendre en charge par Bernard et Patrick,  c'est à cause de sa sensibilité. Je pense en effet qu'il ne souffre pas de me voir en difficulté. Je prends donc cette attention pour une marque d’égard à mon endroit !!!!!

 

      *Pour les détails de cette fameuse journée, se rapporter à la rubrique de mes randonnées cyclos :

Sixième étape de mon ‘’Thonon-Trieste’’ : Le grand jour.

 

       A suivre prochainement : Luc en Diois Serres...... par le col de .....Miscon   

 

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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 10:07

 Flambeau 

 

 flambeau medium

 

 Photo empruntée au site de Lanslebourg.

 

 

              Il s’agit de l’histoire d’un chien vaguemestre dont la vie qui en est racontée là, remonte de 1930 à 1940 et dont l’existence a laissé des traces dans le cœur des hommes au point de lui avoir consacré un monument dans la rue principale de Lanslebourg, village de Haute Maurienne.

_________________________________

 

                Les forts de la Redoute.

 

Série de forts entre Modane et Lanslebourg ( Forts de la Redoute. ( Internet )

 

Retour 

 

          Flambeau est un chien militaire. Il a des missions à accomplir, dont celle de vaguemestre dans laquelle il va s’illustrer. Auparavant, et après avoir servi dans plusieurs unités de chasseurs alpins comme chien d’avalanches, dans l’acheminement de munitions vers des bases avancées, il est muté au Camp Napoléon à Lanslebourg.                                  

         En hiver, il sera pratiquement le seul lien entre la vallée et le fortin de Sollières, petit casernement perché à 2870 mètres d’altitude et que la neige isole plusieurs mois de l’année. Là, vit une vingtaine de soldats chargés de garantir la sécurité de nos frontières contre les Italiens avec lesquels s’entretiennent des conflits de territoire.

        Flambeau va servir en qualité de vaguemestre, mais également dans des missions de secours en haute montagne, à la recherche d’hommes égarés ou ensevelis sous la neige.

       Pour ceux qui l’on côtoyé, il fut bien plus qu’un chien. Il reste encore aujourd’hui le symbole du courage, du dévouement au service des hommes. Il se disait de lui qu’il était habité du sentiment d’humanité.

                                                                       

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 Propos de l’écrivain-guide chamoniard Frison-Roche :

 

                      _En service, Flambeau ne connaissait personne. Un jour, le lieutenant commandant la section d’éclaireurs du poste attendait une permission qui avait été remise une demie heure avant au chien vaguemestre. Cet officier devait prendre l’électro-bus le soir même et le temps pressait. Sachant que Flambeau suivait invariablement le même itinéraire, il chaussa ses skis et fut rapidement au Replat des Canons, au sommet de la belle forêt d’Arc. Flambeau l’y croisa et lui fit fête. Contrairement à ce qu’il attendait du chien, il ne réussit pas à retirer le pli le concernant de la sacoche de Flambeau.

        Par des feintes habiles, Flambeau s’esquivait à chacune des tentatives de l’officier. C’est ainsi qu’il continua sa route malgré les ordres absolus que lui dictait le lieutenant. Ce dernier n’eut comme ressource que celle de remonter au poste et d’attendre la distribution selon les formes habituelles….ce qui lui fit manquer son moyen de transport.

      A Sollières, Flambeau n’était pas uniquement attaché au courrier. Il prenait part, été comme hiver, à toutes les sorties de la section. Combien de fois, dans le brouillard, ramena t’il avec certitude la petite troupe qui peinait, cherchant sa route dans les solitudes glacées de la montagne. La tourmente ne le rebutait point. Jamais, pendant ses dix années de service il n’interrompit son travail.

        Cependant et à plusieurs reprises, Flambeau faillit y rester. Un jour, remontant au poste, il dut frayer son chemin dans la neige profonde. Le vent qui soufflait en rafales contrariait son ascension. Le devoir à accomplir l’obligeait à continuer. Luttant contre la fatigue et le poids de sa sacoche, auquel venait s’ajouter celui de la neige qui lui collait aux poils, il avançait. Parvenu près du col, la tempête redoubla d’intensité et le vent sa fureur. Flambeau ne progressait que par bonds successifs.

        Epuisé, roulé comme un fœtus, il s’arrêta aboyant plaintivement avec par instinct, l’espoir que l’on viendrait à sa rencontre. La nuit tomba sur la montagne. Alors, dans un ultime sursaut, Flambeau repartit à l’assaut des congères qui lui barraient le chemin. Enfin, il aperçut les cheminées du poste qui crachaient les étincelles du bois qu’elles brûlaient. Sauvé se pensa t’il.

           Trompé par la tourmente, il ne vit pas une corniche de neige soufflée qui céda sous son passage. Emporté par les débris d’une petite avalanche, il roula dans un ravin profond. Il était alors trop fatigué pour s’en sortir.

        Couché dans la neige, Flambeau resta inerte. Un blanc tapis lentement le recouvrait du linceul de la mort.

       Au poste, on s’inquiéta. Malgré la tourmente qui faisait rage, des hommes sortirent. Ils battirent les alentours du poste, mais le vent avait effacé toutes les traces qui auraient été de précieuses indications pour les chercheurs. Patrouillant dans toutes les directions possibles, les alpins désespérés à l’idée de ne pas pouvoir retrouver leur chien s’armaient à tour de rôle du courage et de l’’ardeur de ceux qui n’abandonnent pas.

       Deux jours et demi d’exploration de tous les recoins et Flambeau fut repéré. A demi-mort de froid et de fatigue, il trouva malgré tout la force d’émettre des signes de reconnaissance. Il fallut de rudes efforts aux soldats pour le tirer de sa fâcheuse position. Jamais chien ne fut plus soigné et dorloté. L'infirmier du poste le traita comme il le faisait pour ses camarades soldats. Jour après jour, la petite garnison suivait les progrès de son rétablissement.

        Dans une mission de recherche, Flambeau devait, peu de temps après sa guérison, montrer une ardeur particulière, au-delà de ses habitudes, à vouloir retrouver les victimes qu’une avalanche venait d’ensevelir.

__________________________

                              

Commentaire de l’écrivain Stéphane Faugier :

 

             _ Depuis une semaine il neigeait sur la Maurienne. En rafales, en tourbillons, en tempête. Les papillons blancs et glacés bondissaient , s’affolaient et dansaient dans les remous de l’air. Ils semblaient s’arracher du sol au point que l’on ne parvenait plus à distinguer si c’était les nuages qui tombaient du ciel sur la terre ou la terre qui crachait à la face du ciel jaune toute la hargne de froidure accumulée sur elle par quatre mois de plein hiver. Parfois, dans le tumulte des éléments déchainés, une accalmie se faisait, impressionnante, au point que chacun s’arrêtait de parler.

         Dans cet hôtel de Lanslebourg, où la tourmente nous retenait, nous étions quelques skieurs rassemblés autour du bar, trompant la longue journée par d’interminables parties de poker d’as ou de billard. L’un de nous s’était levé, était allé à la fenêtre dont il avait frotté les vitres gelées. Revenu vers nous, il avait haussé les épaules :

_Ca continue, sale temps…..A ne pas mettre un chien dehors.

_Désolé cher monsieur, il y a justement un chien dehors : Flambeau, qui a du quitter le Fort de Sollières pour remplir ses fonctions de vaguemestre, parce que précisément, aucun homme ne peut passer d’où il vient.

        A la table voisine de la notre, un lieutenant de chasseurs venait de se lever. Il contrôla sa montre bracelet :

_ Si vous voulez en avoir la preuve, c’est justement l’heure où Flambeau doit arriver.

        L’invitation était trop tentante pour que je ne l’acceptasse point. Le temps de rabattre sur mes oreilles une casquette norvégienne, de me ganter de solides moufles et de chausser mes skis, j’étais dehors en compagnie du lieutenant. Il faisait un froid noir. Nous avancions péniblement dans la neige épaisse. A l’autre bout du village, des aboiements furieux s’entendaient.

 

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 Chasseurs alpins dans les années 1930. Photo empruntée au Net

 

                        _ Flambeau nous a devancés, me dit mon compagnon. Vous entendez là des aboiements de provocation que lui lancent des congénères à son passage. Comme vous pouvez le constater, aucun hurlement de bataille. Lorsqu’il est en mission, Flambeau ne s’arrête pas.

         Quelques instants après, dans le bureau du vaguemestre du 99 e R.I.A  (Régiment d’Infanterie Alpine ), je devais voir Flambeau qui délesté de ses sacs de dépêches et de lettres, lapait avec tous les signes extérieurs de vive satisfaction une grande écuelle de soupe chaude. La neige achevait de fondre en longues rigoles de sa fourrure épaisse. A l’arrivée du lieutenant, il interrompit son repas, se dressa contre l’officier qui caressa son museau gris.

-Eh bien, vieux chien, qu’est ce qu’il y a de nouveau la haut ?

_ Rien, mon lieutenant, répondit le sergent vaguemestre. Tout le monde va bien. Il parait qu’il fait encore plus mauvais qu’ici, les camarades s’ennuient un peu. Ils voudraient une lampe basse fréquence pour le poste et ils réclament les derniers journaux.

       Flambeau était retourné à son écuelle. Il en lécha consciencieusement les bords, puis vint vers nous, nous regarda de ses beaux yeux intelligents :

_ Ca va Flambeau, tu as quartier libre jusqu'à demain……..

        En trois bonds le chien fut à la porte. Il se dressa sur ses pattes de derrière, fit jouer le bec de canne, et disparut. Le vaguemestre alluma sa pipe à un tison :

_ Prêtez un peu l’oreille, monsieur !

       Trois minutes ne s’étaient pas écoulées que d’effroyables hurlements retentirent, puis d’autres, puis d’autres plus loin.

_ Comme je vous l’expliquais tout à l’heure, me dit le lieutenant, Flambeau, quelque insulte qu’il reçoive de ses pareils, ne s’arrête jamais lorsqu’il est en mission. Ce n’est qu’après qu’il règle ses comptes…….

………..On gratta à la porte, avec une bouffée de neige Flambeau rentra digne et modeste comme il sied au vainqueur. Pas une touffe ne manquait à son poil. Il nous jeta un regard complice, étira voluptueusement ses pattes devant le feu et se mit à ronfler avec la conscience du devoir accompli…..

 __________________________

 

De monsieur Ernest Gravier, Conseiller général :

 

            _On peut dire que Flambeau était, dans la petite cité ‘’Lanslebourgeoise,’’ quelqu’un  considéré par la population comme un soldat : tels ses compagnons du 99 e R.I.A et du 13e B.C.A.

         N’avait il pas comme eux, des missions dangereuses ?.

         Ne possédait il pas son matricule et son livret militaire comme tout fier soldat, qu’il soit en kaki, en bleu horizon ou bleu jonquille ?

        N’avait il pas une citation et la Croix de guerre ?

……………Pendant dix années, tous les jours, à la même heure, environ midi, le maire de la commune, monsieur Cosne-gravier, mon père, a vu passer Flambeau. Porteur de ses sacoches, allant en direction du quartier Napoléon. Il longeait le trottoir, toujours celui de droite évitant autant que possible tous les chiens civils,.....mais marquant un temps d’arrêt instinctif devant le domicile du maire. Il faut dire que Flambeau était présent à toutes les aubades données par les fanfares du 99 e R.I.A et du 13 e B.C.A à l’adresse du maire. Flambeau y siégeait comme un officiel.

         La lettre ensachée au Fortin de Sollières à dix heures, portée à Lanslebourg par Flambeau arrivait aux alentours de midi pour repartir en direction de Chambéry, Lyon, Paris…….

        Flambeau reprenait sa charge au début de l’après midi pour son lieu préféré : le Fortin de Sollières-Mont-Froid où il retrouvait ses frères d’armes, Fauvette sa compagne, flic et Floc ses fils.

        Si j’ai rappelé le souvenir de mon Père en parlant de Flambeau, c’est parce qu’il l’aimait beaucoup et l’admirait pour la pénibilité de ses missions et pour toutes les qualités que possédait ce chien d’exception.

         Les maires de Lanslebourg, successeurs de mon père, le maire de Sollières-Sardières de l’époque, qui également a bien connu et aimé Flambeau, ont la même pensée et s’associent pleinement avec la population du village à l’érection du ‘’monument Flambeau’’

          En m’excusant de présenter si simplement, par la plume la maquette du monument , je voudrais qu’il concrétise sur le roc, au-delà des années, l’exemple et la flamme de Flambeau.

 

 Lanslebourg. Monument à la mémoire de Flambeau

 

 Le monument édifié dans la rue principale de Lanslebourg. Photo de juin 2013

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 De Madame et monsieur Bertmans :

 

                          _Depuis un an déjà ce serviteur fidèle a été mis à la retraite. Il vit à Lanslebourg au 13 e B.C.A.

        Un autre chien est mis vaguemestre à sa place. Mais point un quelconque autre chien, car Soso qui assume désormais cette charge n’est autre que l’un des fils de Flambeau.

        Soso est né en janvier 1937. A l’âge où les enfants des hommes accomplissent leurs premiers pas, Soso, fils de chien entrait dans le monde des grands. Depuis, régulièrement, quotidiennement, il porte le courrier au poste. Il est rapide, battant même les records de son père. Il n’est que sa conduite qui laisse un peu à désirer : Soso se laisse trop facilement approcher par les personnes étrangères au service, mais à cela on s’occupe à lui apporter remède.

       Flambeau contribua à l’éducation de son fils et sans doute dut il quelquefois, le voyant arriver dans la cour du quartier où il coulait maintenant des jours paisibles, regretter le temps heureux de son alerte jeunesse, alors qu’il allait, lui aussi, par les sentiers et les pistes embaumés de printemps. Une année passa ainsi, puis ce fut le retour de l’hiver mélancolique.

      Le 13 octobre 1938, Flambeau, par cet extraordinaire instinct que seules les bêtes possèdent, comprenant que sa fin était proche déserta le lieu habituel de son repos. Sans qu’on s’en aperçût, il sortit du quartier, passa le pont qui enjambe l’Arc et bientôt disparut dans le bois dont les mélèzes portaient, eux aussi, marque de leur mort temporaire et prochaine.    

 

 Fort de Ronce et le lac du Montcenis.

 

 Le fort de Ronce, En bas: Le lac du Montcenis. Photo empruntée au Net. 

 

        Sur les feuilles et les épines roussies qui déjà, par-ci par-là, jonchaient le sol, Flambeau, les membres las, engourdis par la poids des ans et celui de son grand labeur, montait vers la redoute…….Il lui sembla ne plus reconnaître les lieux, tant le chemin mille fois parcouru lui paraissait long.

        Se pouvait il que la forêt fût si loin !

      Se pouvait il que ses pattes, vraiment, fussent si vieilles !.....

        Il arriva au Fort de Sollières à la chute du jour. L’alpin de garde qui le vit, aussitôt le reconnu. Constatant sa faiblesse, après avoir appelé les hommes du fort, s’étonna :

_ Eh bien Flambeau qu’as-tu ?

 

 Empruntons la suite au récit de Frison Roche ;

 

                Flambeau s’était couché devant la porte. Sensible aux caresses que lui prodiguaient les soldats, il regardait avec douceur le paysage. Sous la fraîcheur de la brise, il releva une dernière fois la tête, puis, devant la section rassemblée, rendit le dernier soupir.

         Les hommes, furtivement, séchèrent de leurs doigts rugueux les larmes qui perlaient au coin de leurs paupières. Ainsi mourut Flambeau.

        Il fut inhumé avec les honneurs militaires, suprême hommage des soldats à un des leurs.

 

_________________________

 

De monsieur Denis Guillot, ancien du 99 e R.I.A :

 

                      _ Hommes, saluez la vie, non d’un des vôtres, mais d’un chien-loup dont le nom, Flambeau , symbolisait déjà une lumière de bonté et de dévouement.

             Mon cher Flambeau, en réunissant dans cette plaquette les souvenirs de ceux qui t’on connu, j’ai l’impression, par delà les années, de te caresser encore une fois.

 

 Eloge au chien Flambeau

 

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           Après la mort de Flambeau, derrière le bâtiment A, les alpins du 99 e R.I.A avait élevé une pierre sur sa tombe. Quelques années plus tard, la seconde guerre mondiale devait ravager le Fort de Sollières, la pierre tombale et réduire Lanslebourg en cendres. En 1953, seulement la petite ville commença à montrer son nouveau et fier visage.

         L’idée de perpétuer, par l’érection d’un monument, son exemple et son dévouement, naquit dans l’esprit des habitants de Lanslebourg et en particulier de l’ancien maire, Monsieur Gravier Père. A eux s’étaient joints madame et monsieur Bertmans : Présidents de la société protectrice des animaux. Une souscription fut ouverte que monsieur le Président Herriot honora l’un des premiers de son obole.

         Le 7 septembre 1953, la mémoire de Flambeau était évoquée par monsieur Denis Guillot à l’occasion d’un reportage de la radiodiffusion au Montcenis. Le 11 septembre qui suivit, à l’exposition canine de Chambéry, un stand fut dressé par la S.P.A à la mémoire de Flambeau. Mille fois visité, on y vit d’anciens chasseurs alpins les larmes aux yeux.

 _____________________

 

                 La connaissance des dangers de la montagne permirent à Flambeau de diriger des reconnaissances, d’empêcher l’aventure dans des endroits dangereux à ses camarades et sa modestie ne le portait même pas à faire allusion aux quelques dix civils et militaires qu’il avait arrachés à leur linceul de neige.

     Un jour le colonel le cita à l’ordre du Régiment. Cela ne le rendit pas orgueilleux. Au contraire, il continua sa longue et lourde tâche qui devait durer dix ans. Mais toute existence a une fin. Alors qu’à bout de force il se trouvait à l’infirmerie de la vallée, il ne voulut pas mourir trop loin du ciel. Dans un suprême effort il gravit une dernière fois son calvaire, revit ses camarades et expira dans le poste, face çà un horizon à la mesure de celui de sa vie.

 

 Le chien vaguemestre.

 

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         Cette suite de propos sur Flambeau a été recueillie par Denis Guillot, ancien du 99 e R.I.A.

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                Pour ma part, je n’ai fait, pour la beauté de l’histoire et pour votre plaisir à la lire, je l'espère, que retranscrire les témoignages des personnes citées. J’en ai écourté certains passages dont la trace était hors sujet pour l’objectif que je voulais cibler, celui traitant de la vie de ce chien d’exception.

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 19:03

                           Flambeau : Un chien de légende. 

 

                   Lanslebourg. Monument à la mémoire de Flambeau

 

                Eloge au chien Flambeau

 

 

 

    La vie de ce chien aux missions militaires est authentique. Elle a été écrite sous la forme d’un recueil fait du témoignage des personnes qui l’on connu.

    En ce temps là, la France et l’Italie gardaient farouchement leurs frontières respectives. De nombreux forts servaient de refuges aux militaires du corps des chasseurs alpins chargés de la défense de nos lignes.

 

                                           Notification

 

                    J’ai découvert l’histoire de Flambeau cette semaine du 4 au 11 janvier 1985 lors d’un séjour neige à Lanslebourg. Séjour que j’effectuais avec les enfants des écoles primaires de Morières les Avignon, en qualité d’accompagnateur.

       Ce récit appartient aux personnes qui en ont relaté l’histoire et qui seront citées tout au long de sa retranscription.

     Elle appartient aux militaires, qui par reconnaissance ont fait de ce chien un symbole du dévouement consacré au service des hommes.

      Elle appartient aux habitants de la montagne, à ceux de Lanslebourg et pour la fin de sa vie, aux soldats du fortin de Sollières.

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                                        Communiqué

 

                         En cette année 1985, il ne se trouvait pas un seul exemplaire de cette histoire dans le domaine public, et le besoin des enfants de la classe resta grand à vouloir s’en procurer suite à ce qui leur fut raconté par un guide de haute montagne. C’est alors que la responsable de la Maison de Lanslebourg, syndicat d'initiative de l’époque, me confia l’unique copie qui lui restait pour en faire des réplications.

                       Je veux, ici, apporter des indications qui me paraissent s’imposer pour qu’il n’y ait pas de confusion sur ma démarche d’alors. Je précise donc que les exemplaires reproduits ont été tirés dans l’imprimerie de l’atelier d’ergothérapie de l’hôpital de Montfavet, dans le cadre d’une mission thérapeutique pour et par un groupe de patients.

       Par la suite, tous les exemplaires ont été répartis gratuitement. En premier lieux aux jeunes écoliers et à leurs enseignants, ainsi qu’à messieurs Albert, Bruno, Roger et Yoyo nos sympathiques et dévoués moniteurs de ski. D’autres ont été reversés à la bibliothèque de Lanslebourg et à celle du centre international de séjour dans lequel nous séjournions.

 

                                                    Dessin représentant Flambeau.

 

                                               Exemplaire du facicule dupliqué.

 

                                                     Un exemplaire de la duplication                     

                                  ___________________ 

             

                                             Flambeau

 

 

                          L’histoire commence au tout début des années 1930. Il était une fois, un vaguemestre qui assurait la liaison entre le fortin de Sollières, perché au flanc sud du Mont-Froid à 2780 mètres d’altitude, et la coquette cité de Lanslebourg blottie dans la vallée de l’Arc sous ses toits de lauzes

       Tous les jours, même par la tempête, ce militaire quittait ses frères d’armes, franchissait les pentes nourries d’avalanches, se dégageait des trous de neige pour accomplir sa mission. C’est ainsi, au prix d’efforts inhumains et au péril de sa vie que le courrier chargé au quartier Napoléon remontait au poste.

     En route, il ne connaissait personne. Pas même ses frères d’armes car il savait que le courrier ne se distribuait qu’au poste. Son arrivée était saluée par des hourras nourris attestant la performance accomplie et la satisfaction pour tous d’être reliés au monde civilisé malgré le désert blanc. Il n’attendait aucune récompense. L’argent le laissait indifférent. Quant aux permissions de détente, il les méprisait. Seuls comptaient les sourires et la joie qui accueillaient son retour.

 

 

                Lansleboug dans les années 1930. Photo internet

 

                                       Vue de Lanslebourg vers 1930.

 

 

                                          Lanslebourg vers 1920. Photos empruntées au Net.

 

 

                  Ruines du fort de Sollières. Photo internet.

 

 

                                  Les ruines du fort de Sollières. Photo empruntée au net.

 

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                             Récit du Général d’Armée Buisson.

 

     De 1931 à 1933, j’ai eu l’honneur de commander le 3e bataillon du 99e R.I.A, et comme tous mes officiers, sous officiers et alpins j’y ai connu Flambeau, le chien vaguemestre. Solide et fidèle, inlassablement et par tous les temps, été comme hiver, il parcourrait les sentiers de montagne pour apporter aux plus hauts postes d’hiver les lettres tant attendues par tous.

        Brave Flambeau ! Tu étais de la lignée de ces soldats alpins qui servent jusqu’à leur dernier souffle. Beaucoup sont tombés avant toi, mais ceux qui restent ne t’on pas oublié et c’est une grande caresse  qu’ils t’adressent, mon beau chien.

      Flambeau, comme tant d’autres chiens alpins, n’étaient pas né sur un sommet des Alpes ; il est venu au monde à Lyon. Tout enfant chiot, il fut offert au lieutenant Maygret, officier des transmissions du 99e R.I.A ( Fort Lamothe )

     Au départ du lieutenant Maygret pour Amiens, où je devais le retrouver plus tard, Flambeau fut envoyé aux postes d’hiver du 99e R.I.A  en Maurienne.

 C’est ainsi qu’il servit au Fort du Télégraphe près de Valloire, au pied du Galibier. Il fut ensuite muté au poste du Fréjus et enfin au poste de Sollières dont il devint inséparable et unanimement estimé suite à ses comportements exemplaires en tout point.

 

 

             Fort du Télégraphe aujourd'hui.

 

                                 Fort du Télégraphe aujourd'hui. Photo empruntée au Net.

 

 

       C’est dans ces hauts postes qu’il gagna plusieurs médailles de sauvetage car Flambeau à lui seul valait une équipe de sauveteurs. Je me souviens de lui en avoir remis une au Fort du Télégraphe devant le bataillon sous les armes. Flambeau savait très bien que tout ce dispositif et tout ce déploiement de force était pour lui. Au garde à vous sur ses pattes arrières, les yeux brillants de joie, il attendait avec fierté que fut accrochée sa médaille et à mon accolade, il répondit par un grand coup de langue et un aboiement joyeux

 

             Poste de la Turra. Photo internet.

  Poste militaire de haute montagne dans les années 1930 en Maurienne. Photo du Net.

 

                                               Sa chatte ;

 

             Sa chatte et lui étaient inséparables. Quand la section d’éclaireurs-skieurs des lieutenants Faïn ou Charvet se rassemblait pour une randonnée en montagne , on allait chercher Flambeau en vue de son entrainement. Si la chatte était là tout était parfait. Si elle était absente, Flambeau se mettait à sa recherche avec des aboiements bien particuliers qui faisaient accourir la chatte du plus loin d’où elle pouvait se trouver. Aussitôt la chatte sautait sur le dos de Flambeau, s’accrochait dans les longs poils du chien et la section pouvait démarrer. Sans sa chatte, le chien ne partait pas, la discipline militaire dut elle en souffrir !

      Quelques heures plus tard, la colonne rentrait dans le même équipage. Chien et chat reprenaient alors leurs rôles respectifs au poste.

 

                                     Flambeau à l’écoute

 

      A 50 mètres du poste passait la frontière séparant la France de l’Italie. Un poste d’écoute avait été installé où veillait un alpin. Je donnais l’ordre de dresser Flambeau à remplir ce rôle. Ce ne fut pas long pour qu’il intègre la mission qui allait être la sienne. Un mois plus tard, oreilles droites, yeux attentifs mais gueule cousue, on me présentait Flambeau sentinelle avancée et sentinelle strictement silencieuse.

      Si un bruit venant du coté italien attirait son attention, Flambeau venait au poste où dormaient un caporal et quelques soldats. Il réveillait la petite troupe qui n’était pas longue à découvrir la patrouille italienne qui suivait le tracé de notre frontière. La France pouvait dormir tranquille, elle était bien gardée.

      En 1939-1940, nommé au commandement de l’infanterie de la 3e division (id/3), j’y ai retrouvé le capitaine Maygret. Nous t’avons souvent mêlé à nos conversations. Nous disions et redisions combien tu nous fus précieux Flambeau. Quand nous parlions de toi, une larme brillait au coin de nos paupières, sans que ni lui, ni moi ayons jamais voulu en écraser l’arrivée.

                                _____________________

 

                     Evocation du Lieutenant Dathis mars 1935.

 

                Lâché sur la piste, il part pour sa nouvelle mission. S’il rencontre un chien, il n’attaque pas ; au contraire, il fait un crochet pour éviter le conflit. Sinon il suit toujours le même parcours. Selon l’enneigement, il met entre une heure et demie et deux heures pour monter du Camp Napoléon au poste. Or il faut à des personnes bien entrainées à la montagne et au ski quatre heures en moyenne pour relayer la distance.

         Arrivé au poste, Flambeau n’a pas terminé sa mission : il faut lui enlever sa sacoche remplie de courriers de tous ordres. Cela fait, mais cela fait seulement, il se sait libre et peut manifester sa joie sans réserve.

        Depuis que son premier possesseur est parti, il a reconnu pour maître tous les occupants du poste. Les membres du groupe, sans distinction de grade, peuvent le caresser et le nourrir, ce qui n’était pas le cas auparavant. Pour lui, Sollières est à présent devenu sa maison, les officiers et les soldats des associés dont les rôles sont propres à chacun, mais dont les objectifs sont communs.

        Depuis peu, pour l’attacher à son foyer et à ses fonctions, on a donné à Flambeau une famille de son rang. Fauvette est devenue sa compagne, Flic et Floc ses fils.

                       _____________________________

 

                          Propos écrits par le Capitaine Mollard.

 

          Flambeau, au poste avait un lit. Inutile de préciser qu’il était bien soigné. A l’arrivée de ses missions, notre ami se présentait souvent blanc de neige et de gel. Nous lui réservions les meilleurs morceaux de viande et le brossions comme il pouvait se faire pour un chien de salon.

         L’été, il lui arrivait de prendre la fantaisie d’aller se baigner dans les lacs de l’Erellaz ce qui avait pour conséquence de rendre le courrier illisible !

        L’équipe Flambeau, Fauvette Flic et Floc fut à deux reprises championne de France de transport de munitions (1936-1937 ) Pour Flic, que j’avais à moi, il était plus particulièrement dressé pour la garde et pour la recherche des skis qui souvent après une belle ‘’bûche’’ dévalaient seuls les pentes. Alors la brave bête allait chercher la planche et la ramenait à son maître.

         Personnellement, je dois la vie à Flic lors des avalanches de 1935-1936 où, hélas ! sept des nôtres restèrent dans la neige de la Turra et celle du replat des canons.

 

            Ruines du fort de la Turra

 

                                      Ruines du fort de la Turra. Photo empruntée au Net.

 

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Cette suite de propos sur Flambeau a été recueillie par Denis Guillot, ancien du 99e R.I.A.

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                Je n’ai fait, pour la beauté de l’histoire et pour votre plaisir, j’espère, que retranscrire les témoignages des personnes citées. J’en ai écourté certains passages dont la trace était hors sujet pour l’objectif que je voulais cibler, qui est celui de ce chien d’exception.

 

 

 

                         A suivre : L’histoire de Flambeau racontée par :

 

                                      L’écrivain guide chamoniard: Frison-Roche

                                      L’écrivain: Stéphane Faugier

                                     Monsieur Ernest Gravier, Conseiller général

                                     Madame et monsieur Bertmans

   

 

 

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19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 18:55

Randos'Vanoise….suite et fin  

 

 

 Refuge des Evettes.

 

 

Le refuge des Evettes. Photo prise lors d'un précédent séjour.

 

                                  C’était au cours de la dernière semaine de juin dernier. J’ai voulu débuter le programme des randonnées par l’incontournable refuge des Evettes et l’approche de sa vallée glacière.

       Ne pas fouler le sentier de la Reculaz et plus haut, sauter le petit pont de pierres qui permet d’enjamber le départ de son lit, serait me priver d’un élément essentiel pour ce qui concerne la réussite de mon séjour. En fait plusieurs souvenirs sont liés à ce parcours et font qu’il reste pour moi beau à plein d’égards.

     Il est, concernant son refuge, celui où pour la première fois, j’y ai conduit mon fils pour l’étape précédent sa première marche équipée de crampons et d’un piolet.

                                                             

 

 Le pont de la Reculaz

Le pont de la Reculaz: Photo prise lors d'un séjour précédent

 

                           _____________________________

 

                     Texte extrait de lettre à Jules, roman dont j’ai signé le titre aux éditions de l’Ephémère en 2010. Dans ce livre dédié à Jules, l’un de mes petits fils, et alors que sa grand-mère et moi le conduisions vers le refuge, je lui racontais ce souvenir à propos de son oncle.  

                        C’était en 1989, l’année de ses treize ans. Nous avions laissé la voiture à l’Echo, à l’abri des quelques maisons de ce hameau qui est là depuis des siècles accroché aux pentes de L’Iseran. Le soleil, en partance pour un autre monde déclinait déjà sur l’horizon. Sac à dos fixé sur les épaules, deux heures de montée, nous conduisirent pour un moment de repos au refuge avant l’ascension finale. Après un court sommeil perturbé par les va-et-vient qui ont toujours agité les dortoirs de ces maisons de montagne, debout au milieu de la nuit, nous voila occupé à passer en revue le matériel et à refaire l’inventaire de notre équipement.

       À la lumière de notre frontale, la pose des crampons, modèle que l’on fixait encore avec des lanières, présentait déjà une difficulté pour un néophyte. Il fallait respecter à la lettre le schéma de leur ‘’ficelage’’ sur les chaussures, au risque de les perdre avec tous les soucis que cela généraient pour les remettre en place dans des conditions rendues parfois périlleuses. Déganté pour les besoins de la procédure, l’altitude rendant la température hivernale, engourdissait les doigts au point de rendre nos gestes imprécis et maladroits.

         La neige durcie craquait sous les meurtrissures des lames d’acier. Aperçu du travail et prise en compte des conseils de Bernard , notre guide. Apprentissage de ce pas lent et régulier qui se veut spécifique à la progression du montagnard afin de ne pas emballer son rythme respiratoire. Bien que bon randonneur et pratiquant l’escalade à un niveau respectable, mon fils découvrait ce nouvel exercice qui reste singulier à bien d’égards.

      Je le remarquais attentif aux consignes. Une main énergique tenait le piolet. L'autre maintenait la corde tendue ou relâchée, en fonction de la dangerosité du passage à franchir. Le voir évoluer dans ce milieu , entre crainte et émerveillement, être avec lui, faire équipe dans cet exercice qui reste exceptionnel, me le faisait découvrir autrement que dans le train-train de notre vie familiale.

      La marche sur glacier demande un apprentissage dont la technique ne se retrouve nulle part en autre pareille. Elle s’accomplit dans la maîtrise d’un effort qui se veut spécifique à son type de progression ,et au regard des risques qui peuvent survenir à tout instant. Cette activité ouvre sur une prise de conscience d’un environnement magique, mais dont l’homme doit se méfier dans l’intérêt de sa propre survie.

     Riche fut cette expérience, et grande la satisfaction d’avoir pu fouler avec mon fils ce type d’espace au passé vieux de millions d’années. Où la confiance se raisonne comme étant le lien essentiel, indispensable pour que soit garantie la sérénité du moment.

 

fin de citation

 

___________________________

 

 

                   Ce 24 juin dernier nous ne vîmes pas le refuge des Evettes, une tempête de neige nous stoppa aux deux tiers de la montée.

      Au départ, déjà le temps était ‘’vinaigre’’’. L’envie, le désir peuvent alors devenir aveuglant au point de vous faire faire l’autruche et passer outre ce que le bon sens, pourtant vous dicte. Par prudence, j’avais tout de même opté pour l’itinéraire le plus facile, celui qui monte droit face à l’Echo. Au panneau indiquant le raccourci qui part sur la droite, de lourds flocons laissèrent entrevoir le type de condition que nous allions rencontrer plus haut.

 

 Comment contourner l'obstacle!!!

 

Peu avant le renoncement !

 

 

            Il y a comme celui là, des indices qui ne se démentent pas. Effectivement, la densité avec laquelle s’est mise à tomber la neige, laissait peu d’espoir à notre caravane d’atteindre son but sans équipement approprié et bien que nous en étions tout proche.

       Il ne restait qu’un grand mamelon à contourner pour se retrouver le long du ruisseau qui prend sa source au fond de la vallée glacière. Le sentier qui conduit au refuge se prend alors sur la gauche, juste avant de descendre en direction du lac. Vingt minutes, une demie heure dans les conditions du jour nous auraient permis de conclure… mais…mais.

       Une fois redescendu au parking, le groupe de José, qui ce jour là s’était joint à nous, est reparti en direction des chalets de la Druis située dans une vallée que le mauvais temps avait partiellement épargné. Pour ce qui est des ‘’ miens ‘’, nous fîmes la visite de Bonneval sur Arc et de l’un de ses établissements…….. où il se sert du chocolat chaud. Compte tenu de la température extérieure, il s’avéra être une boisson de circonstance et de…….. saison !

 

 

 L'ancien cours de l'Arc à Bonneval

 

 Bonneval sur Arc

 

 Vues de Bonneval sur Arc

 

        Le Village de Bonneval, situé au pied même du départ du col de l’Iseran, est jumelé avec les Baux de Provence. Aucune antenne ni fil électrique ne viennent en polluer le paysage car…….enfouis dans le sol.

       Pour ma part, j’ai clôturé la journée en photographiant certaines curiosités des environs dont je vous propose la découverte ou……. la redécouverte…ou la visite sous un angle qui m’est propre. ( Photos auxquelles j’en ajoute certaines empruntées à mes camarades.

___________________________

 

Conclusion

 

   Cette semaine passée en Vanoise me laisse le souvenir d’un excellent cru. Je crois savoir également qu’elle n’a pas laissé indifférent les membres du groupe qui m’a fait confiance quant au choix des randonnées que je leur ai proposé. Certes, à deux reprises, le temps nous à contraint à modifier l’itinéraire prévu. Pour certains (es ), ces circonstances leur ont permis de toucher du doigt que la neige pouvait tomber drue….même en été.

         Dans un tout autre domaine, les ‘’bleus’’ ont également pu remarquer, et malgré les efforts fournis tout au long de la journée,  l'efficacité du groupe des habitués dans leur capacité à organiser des ‘’après randos’ dont ils ont le secrêt !

        En effet, avant le repas du soir, les rassemblements de mise en appétit préparés devant les chalets nous hébergeant, n’ont laissé personne partir à table la gorge sèche !

         Je vais également garder le souvenir de ces dames et de la cheftaine du maniement du bâton de marche, utilisé pour l’occasion comme accessoire de pom-pom girls. Alignées sur la terrasse, elles nous offraient en spectacle leurs répétitions du lancer d’ustensiles, dont certains des atterrissages firent fracas au milieu des verres !

 

 

 Vanoise. 153

 

 Vanoise. 157

 

            Au cours des veillées, il y eut des coinches mémorables où sous les effets désinhibiteurs de la prune d’Eric, Jean se lança dans des enchères improbables quant au résultat de ses annonces.

_________________________

 

                      J’ai , pour ma part, eu un grand plaisir à conduire ce groupe. J’en connaissais l’essentiel de ses membres et pour ce qui fut des novices, ils se sont faits au moule de mon fonctionnement et à mes rouspéteries  récurrentes quand il s’agissait des retardataires à l’horaire fixé pour les rendez-vous….par exemple !

         À ce propos et à quelques autres, il s’est même entendu  traité d’adjudant, le guide. Il a su faire la sourde oreille face à certaines jérémiades, sans pour autant changer d’un iota sa façon de faire. Car le guide qu’ils.... avaient choisi est ainsi fait. Il est, entre autres exigences, un obsessionnel de l'heure. Pas facile d'obtenir de la part de ses camarades, vacanciers, de monter le réveil!

                                            __________________________________________

 

       

               Malgré un temps presque hivernal, Lanslebourg et ses environs ont encore une fois ravis les membres coutumiers des lieux. Celles et ceux qui en étaient à leurs découvertes, ils n’ont pas eu à regretter leur choix. Ils ont pu admirer des paysages et des sites remarquables. Il y ont apprécié l’accueil des personnels du C.I.S*, dont les prestations de qualité ne se dénient pas depuis que j’en connais l’existence.

 

* C.I.S : Centre international de séjour. Maisons dont il en existe plusieurs en France et qui sont gérées selon la loi associative de 1901.

 

30 juin 2013: En route pour le sommet du col de l'Iseran

 

 Dans le col de l'Iseran coté Bonneval

 

 

Chapelle au sommet du col de l'Iseran

 

                                   

 Au sommet de l'Iseran

 

 Protection anti-avalenches

 

Sur la route de Bonneval. Vieille ferme abritée de son paravalanches

 

 

 ____________________________

 

      À suivre prochainement.

 

L’histoire de Flambeau : Un chien de légende.

 

Lanslebourg. Monument à la mémoire de Flambeau

 

 

 Sur le monument de Flambeau-copie-1

 

        J’ai découvert l’histoire de Flambeau cette semaine du 4 au 11 janvier 1989 lors d’un séjour neige à Lanslebourg. Séjour que j’effectuais avec les enfants des écoles primaires de Morières les Avignon en qualité d’accompagnateur ski.

Il s’agit de l’histoire d’un chien vaguemestre qui déservait le fort militaire de Sollières et dont la vie remonte aux années 1930. Son existence a laissé de telles traces dans le cœur des hommes qu'ils lui ont fait  ériger un monument dans la rue principale de Lanslebourg.

 

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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 09:49

                            Randos’ en Vanoise... suite

                                 

             Barrage de Plan-d'Amont.

 

 

             Barrage de Plan d'Amont.

 

                                               Le barrage de Plan d'Amont.

 

              Les barrages de Plan d'Aval et de Plan d'Amont.

 

Les lacs artificiels de Plan d'Aval et de Plan d'Amont.

 

 

Vers le refuge de la Dent Parrachée

 

                  Refuge de La Dent Parrachée

 

Qui a dit que nous étions en été !

 

                             Depuis que nous sommes arrivés en Vanoise, à part quelques heures dispersées ci et là dans la journée, rien n’est vraiment conforme à une saison d’été. Je rappelle que j’y promène mes chaussures de marche et mes skis depuis…….1984, et pour ce qui est de la saison estivale, je n’y ai jamais rencontré pareille semaine quant aux conditions climatiques.

             Aujourd’hui, encore, le temps n’est pas de la partie. Le ciel ne dit rien de bon. Compte-tenu de cet élément, la rando’ prévue doit être revisitée à la baisse, à la fois sur son itinéraire, mais également au niveau de sa difficulté.

              Le premier objectif visé était La Croix D’aussois et si possible la Cime de l’Observatoire à 3015 mètres. Au regard des indices que nous apportent certaines informations visuelles, il n’est plus question d’imaginer pouvoir satisfaire cette ambition. En altitude, les couloirs sont trop enneigés pour monter sans un équipement approprié. Plus bas, les passages qui habituellement se font à gué sont inondés. La décision de changer de cap s’impose alors d’elle même.

                                  _____________________

 

              Après avoir laissé à main gauche le sentier qui monte au col de la Masse, après être passé sur le pont de bois sautant l’un des ruisseaux qui alimentent le lac amont, nous abandonnons définitivement l’itinéraire initialement prévu. Direction est prise vers le refuge de La Dent Parrachée.

             Un vent glacial nous oblige à nous vêtir d’une tenue chaude, dont fort heureusement chacun est équipé. Comme en plein hiver, l’onglée nous paralyse les doigts malgré de bons gants. Bonnets et anoraks ne sont pas superflus pour lutter contre les morsures du froid. Le climat de la haute montagne est là, aujourd’hui, pour nous rappeler aux fondamentaux du randonneur.

            Le pas est lent, le regard se doit d’être attentif est précis car le terrain est glissant. Le groupe est muet. Alors que d’autres ont pris les devants, quelques inquiétudes se manifestent parmi les retardataires. Les esprits doutent au point de devoir rassurer les soucieux, les fatigués, les nouveaux.

 

  En direction du refuge de la Dent Parrachée

 

         À présent le brouillard bouche la vision qui réconforte quand la vue porte au loin. Quand on peut entrevoir ou imaginer le point qui mettra un terme à l’effort à consentir.

           Bien que le sentier soit balisé correctement, la consigne veut que les premiers attendent à tous les changements de direction. Les regroupements évitent de marginaliser les marcheurs plus lents. Le temps de quelques longueurs…….. ils se sentent à nouveau appartenir à l’équipe.

          Les habitués de ce type d’organisation ne me démentiront sans doute pas sur le sujet, tant il est difficile de faire un groupe homogène et ce pour différentes raisons. Outre la condition physique, élément à prendre en compte et qui détermine pour partie l’allure, il y a pour d’autres sujets, la recherche d’une quête qui se veut personnelle, voire spirituelle. Il y a également les photographes. Il y a les botanistes qui s’assurent de leurs connaissances en cherchant la bonne page de leur répertoire floral. Il ya les ‘’coursseurs’’ de marmottes, il y a…., il y a…...

        Même si le refuge reste caché par la brume, des signes annoncent sa proximité. Une corde faisant office de main courante assure la montée d’un long névé. Des guirlandes constituées de petits drapeaux de type tibétain sont autant de messages qui précisent………….….enfin notre cible.

 

 Au refuge de la Dent Parrachée. Les miss du groupes

 

                               L'équipe des féminines au refuge de la Dent Parrachée.

 

        Au refuge de la Dent Parrachée, la présence de cette guirlande particulière aux Andes n’est pas fortuite. Ce gîte d’altitude a la particularité d’accueillir régulièrement un sherpa en formation. Il est, là, mis en situation d’apprentissage de la technique des guides français, mais également pour maitriser la langues en vue de travailler plus tard à l’encadrement d’une clientèle francophone dans son pays.

 

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                      Texte pris sur internet à la rubrique : "" Le refuge de la Dent Parrachée.""

 

Kaptan, prince de la Vanoise

                                          Kaptan le sherpa du refuge de la Dent Parrachée

 

Kaptan connaît bien le massif de la Vanoise car depuis plus de 10 ans
maintenant, il revient chaque été travailler au refuge de la Dent
Parrachée à Aussois pour la saison estivale. Kaptan est un habitant de
la terre : il est népalais du langtang, au nord de katmandou a la
frontiére du Tibet.
Cette année il a voulu innover un peu, en participant au 6ème North
Face Tour des glaciers de la Vanoise. Une fois les formalités
d’inscription remplies, Kaptan a commencé l’entraînement 15 jours
avant la course là ou d’autres sportifs s’entraînent depuis des mois. Un
entraînement composé de courses aux alentours du refuge, col de la
Masse, col d’Aussois avec certainement quelque record entre Aussois
et le refuge.
Franck le gardien du refuge de la Parrachée et ami de longue date,
s’est chargé de lui trouver un sponsor pour les vêtements techniques
via le magasin Sport 2000 d’Aussois.
Et Kaptan a rejoint Pralognan pour le départ de la course.
Après plus de 4h de course et seulement à mi-parcours, Kaptan est
arrivé au pont de la Sétériat tout sourire et a lâché une phrase
mythique : « Trop plat pour Kaptan» ! Il a ensuite rallié l’arrivée en 10
heures 06 minutes et une poignée de seconde à la 17ème place sur
489 partants. Et le plus beau dans cette histoire, c’est que Kaptan est
rentré à Pied de Pralognan ce matin pour rejoindre le refuge de la dent
Parrachée, avec le sourire. Spécialistes de la lecture d'une carte, je vous laisse en apprécier la distance!
Une formidable leçon d’humilité et de simplicité pour tous !

 __________________________________________

 

            Le retour vers le Fond d’Aussois, pour rejoindre le parking du barrage, se fit en partie sous une averse de neige. Malgré le mauvais temps, l’équipe a su garder le bonnet haut, faisant tête à une adversité….. que d’autres découvraient.... comme un événement.

 

                              Chalets d'alpage dans le fond d'Aussois

                                                                                                                        

 

              Dans le Fond d'Aussois

Dans le Fond d'Aussois

 

                                  ______________________________

 

                                       Souvenirs …souvenirs.

 

            L’accueil dans les chalets de la Vanoise, en tous les cas pour ce qui me concerne, ne m’a jamais déçu. Comme dans beaucoup d’autres, j’ai fait étape et dormi autrefois dans celui de la Dent Parrachée avant d’aller y ‘’faire son sommet glacière ’’.

                                      Nous étions trois à conduire un petit groupe de jeunes personnes prises en charge dans le cadre de soins hospitaliers. Nous les avions préparé à la montagne et malgré un entrainement sérieux, certains se sont rapidement trouvés en difficulté, à cause de l'altitude en particulier. L’objectif, longuement muri, ne pouvait souffrir d’un échec. La course fut rude. Larmes et colères se mêlèrent, traduisant alternativement des actes de démission. Au terme de la réflexion et d’un rappel de l'objectif, pause après pause, ils rebondissaient se promettant les plus folles récompenses dès leur exploit accompli.

           Après quelques encouragements, voir un visage défait s’illuminer à nouveau ne se traduit pas. Cela se vit à deux, en retrait du groupe, dans des échanges intimes, dans l’accueil de la souffrance qui vous est exposée sans pudeur, sans retenue de vocabulaire. Le partage d’une gorgée d’eau, d’une barre de céréales, un regard, un geste affectueux, se convertissaient alors en second souffle. Dans le pierrier qui conduit au pied de l’espace glacière, doucement, tout doucement, les muscles endoloris remplissaient à nouveau leur fonction pour aller plus loin, un peu plus loin.

           Comme par magie, une fois encordé, rassuré sans doute par la proximité de son accompagnateur, transcendé par la beauté mystérieuse de l’environnement que la levée du jour colorait de mille facettes, valorisé par le sentiment de l’exploit, il est arrivé. Ils sont tous arrivés au sommet de leur Himalaya.

          Une cordée d’Italiens était parvenue avant nous au sommet. Dotés comme à la parade d'un matériel dernier cri, ils s’apercurent rapidement que nous n’étions pas une équipée de montagnards classiques. Ils firent un triomphe à nos jeunes, dont les manifestations de joie firent échos au loin.

         Il a comme celui là, des moments où pour rien au monde l’on voudrait donner sa place......C'était en fin des années 1980.

                                              

 

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                                     La Dent Parrachée                                                                                  

 

            Du c.i.s.de Lanslebourg La Dent Parachée

 

 

Le sommet de la Dent Parrachée vu du centre international de séjours de Lanslebourg,     où nous séjournions.

 

 

La suite......prochainement !

 

 

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  • : Il s'agit d'un blog dont l'objectif principal sera de présenter mes occupations de loisir. Mon travail d'écriture, ma peinture, ainsi que ma passion pour le sport,dont je m'apprète à commenter certains souvenirs.
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