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8 janvier 8 7 08 /01 /janvier /8 19:15

 

                                                                                                                                                                            

        Changement de cap         

 

        

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                       1985: Dans "Thonon-Trieste" en cyclo-camping

                                                                                           

Nous sommes au tout début des années soixante et douze, et l’arrivée d’un nouvel élément dans notre équipe de travail marquera mon changement d’opinion et de pratique en matière de sport cycliste. Le Roger en question représentait l’archétype du cyclotouriste, et sur les couraillons de mon espèce, il pouvait tenir des propos sans complaisance.

 

Nos moments de pose et malgré nos divergences sur le sujet, étaient souvent consacrés à nos activités cyclistes respectives. Je l’écoutais me parler de ses randonnées sur plusieurs jours, de brevets cyclo-montagnards dans lesquels figuraient l’ascension de grands cols, deux, trois, voir plus dans une seule journée. Ses commentaires me fascinaient, me rendaient presque incrédule devant ce type d’exploit, sans pour autant douter de lui.   

                                                                                                          

                En casquette bleu, Roger, mon maître en cyclotourisme  

 

                          Avec Roger

 

Je n’avais jusqu’alors jamais abordé à vélo ce qu’il est convenu d’appeler la haute montagne. Pour avoir suivi les exploits de Jean Robic, de Charly Gaul, de Federico Bahamontés, de Van Impe dans ma jeunesse, je rêvais de pouvoir accompagner ces forçats de la route à travers les rochers et la neige.  J'enviais ces escaladeurs dont les reportages, déjà faits par la télévision, les montraient au milieu  de paysages superbes. Ce sont eux qui m'ont donné cet appétit qui m'anime toujours, ce besoin viscéral qui me pousse encore, mais difficilement aujourd'hui, vers la conquête des cimes. 

 

Je courrais encore un peu dans la catégorie des cyclo-sportifs mais mon esprit, dorénavant, voyageait de plus en plus avec les cyclotouristes et l’image qui m’était donnée de leur discipline.

 

Les premières sorties avec Roger. P se firent dans les monts de Vaucluse, le col de Murs, le col de la Ligne, le col de la Chaîne et bien d’autres. A l’époque je roulais sur un Peugeot et lui sur un Routens 650, fait sur mesure s’il vous plaît. Je découvrais ce qu’était une randonneuse et le tempo du cycliste au long cours. Rapidement, faire soixante kilomètres le nez dans le guidon m’apparu dépassé, voire stupide. Ce raisonnement m’aida à mettre un terme à ce que fut ma carrière effectuée à l'occasion des fêtes de vilages et de leurs vires-vires locaux.

 

Sur les conseils de ce maître, j’ai, dans un premier temps, fait équiper mon coursier d’un tri-plateau. Indispensable aménagement pour avaler en souplesse nos cols des Alpes, des Pyrénées et d’ailleurs. Dans les années qui suivirent une randonneuse 650 vint faire de moi un honorable cyclotouriste, car avant cela, dans les rencontres organisées par les comités fédéraux, j’étais montré comme un intrus par les irréductibles briscards.  

 

Oui Mesdames et Messieurs, compagnons de mes débuts parmi vous, mon vélo sans sacoche, sans ses pneus larges, dépouillé de tout ce qui à vos yeux en aurait fait un vrai baroudeur était lors des arrêts de pointage ou de ravitaillement à ranger loin du parc réservé à vos nobles montures. En effet, certains parmi vous ne ménageaient pas leurs quolibets à mon égard et ne se génaient pas pour viser ma tenue vestimentaire. Mon maillot et mon cuissard, pièces de l'équipement de mon club sportif portant des marques publicitaires étaient pointés du doigt par les puristes en chemisette et en short. Les quelques ségrégationnistes de l'époque, ceux qui à mon tour je vise gentiment dans mes propos, étaient en général des personnes d'âge mur et appartenant à un monde qui se voulait différent de celui duquel je venais. Lié à cet état de fait, il existait une fracture évidente qui séparait les fédérations régissant ces deux pratiques cyclistes, celle des coureurs et celle des cyclotouristes. 

       Malgré le parrainage de mon ami Roger, mon intégration dans le milieu en question se fit dans une approche manquant parfois de fraternité! La chose est dite. Mais là, comme dans les pelotons où je savais me faufiler dans un trou de souris, j'ai, au sein d'un groupe de collègues, trouvé ma place parmi les pratiquants de ce concept nouveau pour moi. Sans rancune, mais......... je me souviens!  

 

Ayant appris à faire abstraction des préjugés, je touchais du doigt au fil de nos sorties, les différences qui caractérisent ces deux pratiques du vélo. Celle que je venais d’adopter est exempte du stress inhérent à la vitesse et aux multiples dangers rencontrés dans une pratique de groupe aux objectifs basés sur la concurrence.

L'itinéraire est celui que l'on se trace. Son allure est choisie. Elle est sportive mais sans contrainte d'horaire ni de jour particulier. A l'exception de certaines manifestations ou tests sur des distances et difficultés, comme l'organisation de certains brevets destinés à former les postulants aux grands raids.                                                                     

                                                                                                                                                                                                                                                                                                             

Le cyclotourisme reste bien entendu une façon permettant de se tester, dans les cols en particulier. Mais ce n’est plus une course contre des adversaires, mais une confrontation entre soi et la pente. Contre et avec cette route de montagne qui grimpe en lacets. Si compétition il y a, et c’est humain, elle revêt un caractère qui reste bon enfant. Dans ces conditions, souvent non préméditées, le premier arrivé au sommet attend les autres, ou, et c’est dans l’esprit cyclo, il redescend à la rencontre de ceux qui ont une allure plus lente pour remonter avec eux, pour les accompagner dans leur ultime effort. 

 

Le cyclotourisme est une manière de voyager peu dispendieuse. Il m’a permis de faire des dizaines et des dizaines de  milliers de kilomètres au sein de petits groupes où les compagnons sont choisis. Il m’a nourri de mille souvenirs glanés sur les routes de France, d’Italie, de Suisse et d’Angleterre et d'ailleurs. 

 

Le col du Parpaillon par Sainte Anne la Condamine et son tunnel mythique. Long trou noir dans la montagne, passage ancestral qui permet de relier la vallée de l’Ubaye à celle de la Durance. Le col de la Lombarde côté Italien avec en son milieu le monastère de Santa Anna et le son de ses cloches qui vous accompagne par vent favorable. La traversée des Dolomites, l’ascension des Tri Cimes et sa pente à plus de quinze pour cent, ça, c’est du souvenir....

Et la, je ne vous parle pas du Mont-Ventoux, ce géant de Provence où tous ses virages me sont devenus familiers, où chacun d'eux me rappellent une histoire, un souvenir 

Le cyclotourisme est pour moi cette autre manière de faire du vélo car différent par la liberté qu’il offre, par l’esprit d’indépendance qu’il véhicule. Je ne renie pas mon temps passé à vouloir faire semblant d’être coureur. Je regrette cependant de ne pas m’être fait convertir plus tôt à ce sport convivial.

 

À plus tard pour quelques récits sur mes randonnées favorites.                              

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commentaires

C

je suis enfin allez voir ton blog très interessant de jolis choses avec beaucoup d'esprit et de simplicité sans fausse modestie j'ai beaucoup aimé amitié


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M


BONJOUR CAROL,


   Merci pour ton commentaire. Si j'éprouve le plaisir à écrire, ce dernier est décuplé et ne vaut que si les articles sont lus par un public. C'est le cas, puisque le
compteur de mon blog affiche plus de 9000 pages visitées à ce jour.


 Je me remets lentement de l'opération de mes deux hernies inguinales. Les mèthodes opératoires modernes  ( coelioscopie pour celle qui me concerne ) n'exhonèrent pas le
patient des souffrances postopèratoires. Je ne serai pas à la peinture vendredi.


        Merci encore.


         Marcel



F

Les proportions sont maintenant inversées, il y a bien plus de vélos qui feraient le bohneur de jeunes coursiers que de vélos de randonnée dans nos clubs cyclotouristes. J'aime à rouler avec mon
"coursier" fin et vif, j'aime à randonner, camper avec le "percheron" stable comme une mobylette, j'ai pendu le VTT trop cassant maintenant.


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D

Bravo , Je finis la lecture . C'est super , tu n'es jamais fatigué .

Jules a bien grandi .Bises .denis


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C

Où diable prends -tu le temps de faire tout ça ? Marcel ,tu es un phénomène !Bon je vais essayer de suivre ton exemple ...j'en suis à la page 41 pour mes souvenirs ..galère ...oui ,mais moi , je
reprise encore les chaussettes de mon Jules!c'est l'inégalité des loisirs!


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  • : Il s'agit d'un blog dont l'objectif principal sera de présenter mes occupations de loisir. Mon travail d'écriture, ma peinture, ainsi que ma passion pour le sport,dont je m'apprète à commenter certains souvenirs.
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