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5 janvier 7 3 05 /01 /janvier /7 15:53

 

                                                                                                                       

                                                           C'était le temps où..................           

 

                                                       numérisation0021

 

                                                       En 1962 avec "mon Peugeot"

 "

        C’est, je vous l’accorde, vouloir enfoncer une porte ouverte à me risquer d’apporter la démonstration que le cyclotourisme est une façon particulière de faire du vélo et pourtant je vais oser !!!.

 

         Le vélo, je le pratique depuis l’âge de douze ou treize ans. Pas avant, car les conditions économiques de ma famille ne permettaient pas ce luxe aux enfants de la maisonnée. Il s’agissait de ce que l’on appelait alors  un demi-course. Modèle entre le vélo dit  à ""commissions"" et le racé, celui digne des peletons aux maillots multicolores. Il m'avait été acheté d'occasion. Il fut, dans ce domaine, le premier de mes biens précieux. C'était un ""Alcyon"". Il arborait en bonne place sur son cadre les couleurs de l’arc-en-ciel. Cette particularité le distinguait des autres marques de  conctructeurs. Alcyon avait, déjà à cette époque, obtenu plusieurs titres de champions du monde sur route, dont les deux derniers gagnés par le Belge Albéric Schotte en 1948 et 1950.

 

Cela fait dérisoire aujourd’hui de parler de ce qu’il représentait pour moi. Il me donna, en premier lieu,  accès à la liberté de pouvoir aller et venir. Il m’ouvrit et ce n’est pas peu dire à la notion de grandeur. Dans mon raisonnement d’enfant, rouler à vélo faisait moins pauvre que de marcher à pied. J’étais fier de ma monture dont l’entretien m’occupait d’un temps qu’il m’était agréable de lui consacrer.

 

Ma pratique d’alors s’exerçait principalement dans un cadre d’utilité. Mon vélo me servait pour aller à l'école, aller chercher le lait dans une ferme située à quelques kilomètres de chez nous. Afin d'en profiter davantage, à l'occasion, et sans savoir en doser la fréquence je prétextais des devoirs à apporter à un camarade malade pour aller me balader avec celui qui devenait mon faire-valoir, mon complice. Dans un tout autre registre, le rythme inhabituel des visites que je rendais à ma grand-mère fut subitement à ce point rapproché qu'il devint rapidement suspect aux yeux de mon père. Tout  prétexte était mis en avant pour justifier l'utilisation de ce vélo que je couvais comme un trésor. 

 

''Le vélo-loisir'' devait se négocier avec mon Père. Son autorisation était soumise à des conditions. Mes notes scolaires ne devaient pas être inférieures à celui du niveau de la moyenne, mon comportement à la maison ne devait pas faire l’objet de remarque répréhensible. Une liste de menus travaux à accomplir tout au long de la semaine, celui de préparer le bois pour la cuisinière ou arroser le potager, venaient compléter les clauses du contrat !

 

Je résume la, sommairement, une approche de ce que fut l'environnement de ma découverte de la pratique de la bicyclette.

 

Au fil des années et après quelques aménagements concernant en particulier le retrait de certains accessoires comme l’éclairage, les garde-boue et le timbre avertisseur, mon vélo finit par ressembler à un coursier. Je dis bien ressembler, car son allure restait encore loin de celui que possédait mes camarades. C’est alors, et sans complexe, que naquit en moi cet esprit qui pousse à vouloir se prouver que l’on peut rivaliser avec ses semblables, pour le plaisir, pour le jeu, pour la course. Cependant, ne cherchez pas mon nom dans le palmarès des meilleurs, je n’y ai jamais figuré.

 

J’ai aimé ce qui se passait autour de la ligne blanche visée par bon nombre de concurrents comme symbole de l’instant de gloire si longtemps espéré. Pour ma part, je limitais mon ambition à vouloir la franchir honorablement. La prise du dossard, la roublardise dont il fallait savoir user pour se ranger au plus prés du trait de départ me donnait, sur quelques kilomètres l’occasion de frotter avec les meilleurs. Dans le peloton, je savais me faufiler, me mettre à l’abri, trouver ma place dans un trou de souris. J’aimais le bruit du vent dans les rayons, celui des dérailleurs aux changements de braquets.

 

J’aimais l’ambiance qui régnait au milieu de cet essaim grouillant, tantôt silencieux et concentré sur l’ouvrage, tantôt nerveux et gueulard. Moi, je savais ne pas être la pour la gagne, mais cela ne me frustrait pas. D’ailleurs, et sur les circuits sans difficulté, je m’inscrivais dés le départ dans la situation du spectateur, pour le plaisir, pour l’adrénaline !

 

Cependant, et toute proportion gardée, je figurais parmi les bons grimpeurs. J’avais pour cela un gabarit qui m’avantageait et de plus j’aimais l’effort particulier qu’impose la montée. L’allure étant plus lente, moins dangereuse, l’observation des concurrents en devient plus aisée, les objectifs de chacun deviennent plus clairs. Des indices repérés au seul coup d’œil donnent de précieux renseignements sur l’état de forme et sur le moral de celui qui est sur le point de décrocher.

 

J’ai toujours mis plus de fierté à vouloir passer un col en bonne position qu’à risquer la chute pour défendre une place au sprint. Le prestige du grimpeur m’a longtemps habité. Je trouve encore aujourd’hui son statut plus glorieux qu’aucun autre .

 

A propos du sprint, j’ai une anecdote à raconter. Je disputais une course de fête votive à Bédarrides, petit village du Vaucluse. Je devais être dans un bon jour car sans trop m’en rendre compte, je me suis trouvé dans une échappée d’une vingtaine de coureurs, dans la bonne comme il se dit dans pareil cas. Poussé à prendre un relais à quelques centaines de mètres de la ligne d’arrivée par une injonction autoritaire et peu courtoise de l’un des membres du groupe, je fus, contre toute volonté et malgré moi, mêlé dans ce que l’on appelle l’emballage final.

 

Ce qui m’arriva me laisse croire à ce qui est raconté dans les fables pour enfants au sujet de ces oiseaux qui, au cours de leurs longues migrations, s’organiseraient pour soulager la portance de leurs congénères fatigués en volant sous eux. Il est dit dans cette histoire que le courant d’air généré par le battement de leurs ailes améliore la capacité des faibles, leur permettant ainsi de pouvoir rallier leur destination.

 

Personnellement, et dans le cas présent, je n’avais rien demandé. C’est pourtant la sensation que je vécu ce jour la. En effet, et sans trop savoir pourquoi, je me suis senti comme soulevé, porté, happé par un souffle qui me propulsa sur la ligne en quatrième position, place qu’au sprint je n’avais jamais réalisé. 

 

                                 ___________________________________________           

 

 

 

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commentaires

Francis 08/07/2011 21:20


Premières courses avec l'Alcyon ? Grimper, quel bonheur, bien d'accord.


claude 05/01/2011 18:07


Super Marcel, on va voyager et rêver. Les peintures sont chouettes.


Marcel Tauleigne 06/01/2011 00:02



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